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Son officier d'ordonnance

collégien, » lui disait un jour Louis-Philippe. Il était mieux que cela : il était un grand homme, qui gaspilla sa grandeur.

Alexandre Dumas fils, dont chaque ligne contient une pensée, lui enseignait pourtant, à ce père, qu'il aimait en l'admirant, le secret de la vie : se concentrer.

Sire,

Je désire d'abord que Votre Majesté soit bien coa* vaincue que je ne lui écris jamais que dans un intérêt de nationalité ou d'art. Je lui avais parlé du livre que j'étais sur le point de publier, et en s'aborinant au journal, Sa Majesté a donné la preuve qu'elle approuvait, je ne dirai pas l'œuvre, mais du moins l'esprit dans lequel elle était écrite.

Aujourd'hui, une députation que je viens de recevoir soulève une question plus grave, une question de vie ou de mort pour trois cents artiste».

Votre Majesté a accordé le titre de Théâtre dû Prince Impérial — je sais qu'elle le regrette,— à un nouveau cirque; la salle a été mal faite, les pièces d'ouverture mal choisies, la troupe bimane sacrifiée aux quadrumanes et aux quadrupèdes. Bref, le théâtre a fermé, mais il n'a pas fait faillite ; — l'honneur est sauf.

M. Auge* en est resté propriétaire, il lui reste une trentaine de mille francs, avec lesquels il peut faire disparaître les principales défectuosités de la salle — mais pas un sou pour monter une pièce !

C'est lui qui m*a amené la députation chez moi.

Voulez-vous, Sire, prendre en pitié trois cents pau-^ vres artistes, employés, musiciens, comparses et qui, «ans Votre Majesté, mourront de feim; voulez-vous soutenir un théâtre spécial qui, au moment de l'exposition, reproduira quelques-uns des beaux faits de notre histoire ?

Sire, je me charge de faire et de monter, moyennant 3o ou 40,000 fr., une pièce à grande mise en scène (mise en scène dans laquelle les 3o ou 40,000 fr., bien entendu, seront dépensés), soit sur la République, soit sur T Empire, et cela dans le sentiment national que j'ai eu l'honneur d'exprimer à Votre Majesté dans ma dernière lettre. Sa Majesté la viendra voir, et si elle est contente, elle fera accorder à cet Odéon du peuple une subvention de cent mille francs.

Ce théâtre, Sire, c'est la littérature, je dirai plus, c'est l'opinion du peuple des faubourgs.

Sire, veuillez tenter ce dernier essai, pour rendre la vie à un trépassé dont la mort est fatale et la vie utile. Chargez-moi de lui dire au nom de César : La\are, lève-toit et il se lèvera digne de la France et de Vous.

Maintenant, Sire, que Votre Majesté apprécie; mais je puis répondre que ma science de la scène, mon patriotisme et ma bonne volonté, secondés des 3o ou 40,000 fr. de Votre Majesté, feront merveille.

Je suis convaincu que si je vous les demandais pour moi, Sire, en récompense de la longue lutte littéraire

que j'ai soutenue, vous me les accorderiez. Accordezles au théâtre qui porte le nom de Votre Fils, et cela leur portera bonheur à tous deux.

J'ai l'honneur d'être avec respect,

De l'auteur de César, Le très humble confrère,

Alex. Dumas.

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