‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 58 sur 173 · Télégramme de Gramont, 11 juillet, 1 heure du matin · texte numérisé non relu

Télégramme de Gramont, 11 juillet, 1 heure du matin

qu'il attendait la réponse de la Prusse, que si la candidature était sous n'importe quelle forme retirée, il n'y aurait pas de guerre, mais que si la réponse était négative ou évasive les troupes françaises marcheraient à la frontière ; il comptait sur le concours de l'Italie et de l'Autriche et désirait que l'accord avec les deux puissances se fît simultanément.

Le 10 juillet on se croyait placé, par les atermoiements suspects du Hoi de Prusse, entre une résignation déshonorante et la guerre. Cette conviction inspira à Thiers une démarche grandement honorable. 11 assistait aux séances de la Chambre, très attentif, mais silencieux, recommandant la prudence sans cependant repousser l'hypothèse de la guerre, car il connaissait trop bien nos intérêts en Espagne pour admettre qu'on y laissât tranquillement s'introniser un prince prussien. Cette éventualité se rapprochant, il eut l'idée patriotique d'offrir son assistance à l'Empereur. Il aurait pu me confier cette bonne pensée et je l'aurais immédiatement introduit à Saint-Cloud. Mais cela lui eût paru trop compromettant; il eut recours à un biais. Il se rendait tous les dimanches rue de Morny ^ , chez M^'^Roger, belle-sœur de Philippe de Massa, jeune officier d'un esprit brillant,

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