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TALLEYRAND A LONDRES

der des réformes propres à pacifier son peuple. Toujours en vertu de cette maxime, Palmerston, agissant en Allemagne contre Metternich au nom du principe même de Metternich, blâma une série de mesures prises par la Diète au détriment des droits constitutionnels des petits États et de leur indépendance politique (7 décembre 1832).

- Une révolution dirigée contre Metternich et la Sainte-Alliance aboutissait à la reconnaissance solennelle de leur doctrine par ceux qui l'avaient combattue. La seule différence fut qu'après 1830 on salua le principe de non-intervention avant de le décapiter par un mais\ tandis qu'avant on ne lui accordait pas même cette politesse.

Talleyrand ne réussit pas à Londres grâce au principe de non-intervention qu'il n'avait pas invoqué, pas plus qu'il n'avait dominé à Vienne par la force du principe de légitimité dont il s'était en effet servi. A Londres comme à Vienne, son habileté consista à présenter comme obtenues par un puissant effort de sa diplo-

1. Victor de Broglie à Talleyrand, 5 septembre 1833 : « Je respecte beaucoup le principe de non-intervention. Chacun pour soi, chacun chez soi, rien de plus juste. Mais ce principe, comme tous les principes, a ses limites. » Le discours de la couronne d'Angleterre du 21 juin 1831 parlait de même : « Les conférences ont été conduites d'après le principe de non-intervention dans les affaires intérieures de la Belgique, mais sous la condition que, dans rexercice des droits du peuple belge, la sécurité des États voisins ne serait pas compromise. »

matie, les solutions acquises d'avance. Pas plus à Londres qu'à Vienne, il ne fut l'àme des délibérations, le dominateur de l'Europe; il ne parut tel qu'en se subordonnant à la pensée des autres. A Vienne, il avait été Tinstrument de Metternich; à Londres, il se fit celui de Palmerston. Pour gagner Metternich, en 1814 il avait abandonné toutes nos places fortes; il eût concédé l'évacuation de l'Algérie pour se concilier Palmerston, si, de Paris, on ne l'avait arrêtée II avait aidé Metternich à établir la Prusse sur le Rhin, il s'unit à Palmerston pour constituer la neutralité belge.

La constitution d'un royaume belge neutre avec une délimitation territoriale, combinée pour nous emprisonner, était la réalisation d'une pensée aussi ennemie que l'établissement de la Prusse sur le Rhin. « L'Europe ne consentira jamais, avait dit Palmerston, à moins d'y être forcée par une guerre désastreuse, à ce que la Relgique soit unie directement ou indirectement à la France '. » C'est pour que cette union même indirecte n'eût pas lieu, à défaut de l'union directe interdite, que la Relgique a été déclarée neutre sous la garantie de l'Europe, et qu'elle a été placée de la sorte dans l'impossibilité permanente de contracter avec nous un lien même économique. Comment a-t-on pu considérer une telle invention comme nous étant avantageuse? Le maintien du royaume des Pays-Ras eût été

\. Thureau-Dangix, Monarchie de Juillet^ 1. 1, p. 76, note 1. 2. AGranville, 18 mars 1831.

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