RETRAITE, MORT DE TALLEYRAND
Il est regrettable qu'il n'ait pu vivre encore quelques années. Cette dernière entente avec l'occasion eût subi les mêmes vicissitudes que les précédentes : destiné à être recherché avec empressement par tous les gouvernements, à être remercié par tous avec plus d'empressement encore, si la mort n'avait clos la comédie, Louis- Philippe l'aurait disgracié aussi, comme l'avaient fait le Directoire, Napoléon, Louis XYIIl. Il se serait aussi, une fois de plus, vengé par la conspiration. Contre qui n'a-t-il pas conspiré? De quel gouvernement n'est-il pas devenu l'ennemi après en avoir été le serviteur?
Son testament a ajouté une dernière mystification à toutes celles dont il a rempli son existence : il y annonçait des Mémoires et en renvoyait la publication à un délai très éloigné, indiquant par cette prudence|qu'ils étaient gros de révélations foudroyantes. Leur lecture a déçu l'attente publique. Vides, si ce n'est de pièces diplomatiques, la plupart rédigées par ses collaborateurs, débordants de faussetés, insignifiants ou ennuyeux, sauf en quelques pages agréablement tournées, ils n'ont été foudroyants que pour sa renommée, en mettant hors de doute par ses propres aveux la plupart des mauvaises actions dont on l'accusait.
Aucun homme, dans ce siècle, n'a été plus funeste par le spectacle démoralisateur des bonnes fortunes de son cynisme. Il s'est beau-