LES SENTIMENTS ALLEMANDS
(( jetées à la légère et sans passion », par quelques exaltés qui parlaient d'aller au Rhin « non pour accumuler contre nous les représailles des peuples mais plutôt pour favoriser leur affranchissement^ ». A travers le fleuve superbe Becker nous cria : «Vous ne Taurez pas, le Rhin allemand, quoique vous le demandiez de vos cris comme des corbeaux avides. Vous ne Taurez pas, le Rhin allemand, aussi longtemps que les ossements du dernier de nos hommes n'auront pas été ensevelis dans ses vagues. » Et qui le leur demandait? Néanmoins de toutes parts on fit écho à ce défi, même en Autriche, où le docteur Schuselka publiait les Paroles allemandes cVun Autrichien.
Cette exaltation ridicule contre un péril fantastique excita la verve railleuse du grand poète allemand, alors notre hôte, et il démontra à ses compatriotes que les velléités soldatesques dont ils se croyaient menacés étaient des inventions de fabrique anglaise". On ne l'écouta pas. Alors^ il crut loyal de nous prévenir de ce qui s'amassait contre nous : « Prenez garde, je n'ai que de bonnes intentions et je vous dis d'amères vérités ; vous avez plus à craindre de l'Allemagne délivrée que de la Sainte-Alliance tout entière avec tous les Croates et tous les Cosaques. Ce qu'on vous reproche au juste, je n'ai jamais pu le savoir. Un jour, à Gœttingue, dans un cabaret à bière, un jeune Vieille Allemagne dit