‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 207 sur 260 · COSMOPOLITISME FRANÇAIS · texte numérisé non relu

COSMOPOLITISME FRANÇAIS

elles et sont soumis aux mêmes devoirs. Quoi de plus opposé à la nature et à ses lois que le nom d'étranger? Ne sommes-nous pas tous frères, et comment le frère serait-il étranger au frère*? » A la tribune, Lamartine déclarait « les intérêts de la civilisation et de la liberté bien au-dessus d'une question d'agrandissement de frontières. Tl y a un sentiment au-dessus du patriotisme lui-même : le sentiment du développement de l'humanité'. » Le chansonnier faisait écho :

Et Dieu nous dit : Peuples, fraternisez... Humanité, règne ! Voici ton âg:e...

Paix au travail ! paix au sol qu'il féconde ! Que par l'amour les hommes soient unis 3 !

La clameur furibonde de l'Allemagne, en 1840, nous troubla un moment : Alfred de Musset sortit de sa somnolence, et, oubliant Ninette et Ninon, fit entendre des accents révoltés :

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,

Il a tenu dans notre verre.

Un couplet qu'on s'en va chantant Efface-t-il la trace altière Des pieds de nos chevaux marqués dans votre sang? Qu'il coule en paix, votre Rliin allemand !

Aussitôt Lamartine couvrit ces strophes hautaines de ses magnanimités harmonieuses : au Rhin libre il n'opposa, lui, ni le sarcasme ni la

Page 1