‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 209 sur 260 · Né à Marseille, le Tô avril · texte numérisé non relu

Né à Marseille, le Tô avril

verner la France, et avec une bonhomie qui est la grâce de la présomption, il considérait tout acte opposé à Taccomplissement de ce dessein d'en haut comme une rébellion sacrilège. Dans cette persuasion de sa supériorité, il parlait le premier, il parlait le dernier, il parlait toujours; il écoutait à peine les répliques, mais il parlait avec fécondité, audace, esprit, charme, entraînement ^ Cependant, il eut peine à conquérir l'autorité à la tribune ; il y parvint par la force de sa volonté. Aux affaires, il montra les deux traits de caractère qui, avec l'habileté à détruire, ont constamment constitué sa physionomie politique, l'activité dans la routine, le recul dans la fanfaronnade. Routinier, nul dans ce siècle ne l'a été avec plus de fracas. « Je n'ai pas, disait-il luimême, le goût des réformes". » Il a considéré comme une chimère que le télégraphe pût « être un jour comme la poste au service des particuliers"^ ». Il doutait que les paysans usassent des chemins de fer, et il niait qu'ils fussent appelés à un emploi utile en temps de guerre'*; il a méconnu les bienfaits d'une large liberté civile et économique. Il jugeait la politique de l'affranchissement des peuples une sentimentalité niaise, et il n'avait pas assez de dédains pour les rêveries de fraternité internationale; il se préoccupait fort peu de l'Italie et pas du

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