CHAPITRE XIII
A la suite de ses échecs dans le Parlement, lopposition dynastique organisa une campagne de banquets réformistes commencée au Chàteau- Kouge (9 juillet 1847), pour forcer la résistance officielle. Un banquet dans le XIP arrondissement, quartier populaire, fixé un dimanche, devait donner un nouvel élan à l'agitation. Le ministère annonça qu'il l'interdirait. Lamartine n'-^vait point participé aux banquets réformistes; le seul auquel il assistât, celui de Màcon, avait été un hommage au succès des Girondins. Il y maintint qu'il valait mieux plier les gouvernements que les briser, et qu'il ne voulait être « qu'opinion et non faction » ; mais il avait été opinion dans un langage qui n'avait pas déplu à la faction. Ses avertissements ressemblèrent fort à des menaces : a Prenez garde que nous ne voyions, après les révolutions de la liberté et la contre-révolution de la gloire, la révolution du mépris. » C'est de ce ton qu'il combatèit à la tribune l'interdiction du banquet du XIP arrondissement. Il s'indigna qu'on osât mettre la main
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de la police sur la bouche du pays. « Souvenezvous que la révolution de 89, ce fut un lieu de réunion publique fermé par des ministres et rouvert par la main de la nation à la représentation outragée du pays. »
Aucun de ces incidents n'ébranla ni la résolution du roi ni sa confiance. « Il n'y aura pas de réforme, je ne le veux pas. Si la Chambre des députés la vote, j'ai la Chambre des pairs pour la rejeter, et quand bien même la Chambre des pairs l'adopterait, mon veto est \k\ » « Rassurez-vous, jeune homme, disait-il à Morny effrayé de cette o])stination, la France est un pays qu'on mène par les fonctionnaires publics. » Il disait à quelques représentants des petites cours du Nord chargés de lui remettre des lettres de condoléance sur la mort de Madame Adélaïde : (( Dites à vos maîtres de ne pas s'inquiéter d'avoir des assemblées populaires; qu'ils apprennent seulement à les manier comme je manie les miennes. Voyez le tapage qu'ils font à présent; cependant, je les aurai bientôt sous la main; ils veulent que je me défasse de Guizot, je ne le ferai pas. Puis-je donner une meilleure preuve de mon pouvoir'? »
Les ministres n'étaient pas moins rassurés que le roi. Ils craignaient si peu l'opposition que, dans le discours de la Couronne, ils la provoquèrent en dénonçant ses passions « aveugles et ennemies %. « Si l'opposition persistait dans