‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 38 sur 260 · Entretien LIX, xliv · texte numérisé non relu

Entretien LIX, xliv

armée se forme, Fespérance renaît au cœur des patriotes. Talleyrand, à Vienne, déclare sa mission terminée, suspend son départ pour Gand, noue des intelligences de tous les côtés, écrit au duc d'Orléans réfugié en Angleterre, fait offrir ses services à ?s^apoléon, invoquant le passage de la proclamation impériale sur l'impossibilité de résister à certaines circonstances. A Gand, on s'impatiente^; en Angleterre, on remercie; Napoléon refuse-.

La fortune se prononce contre la cause nationale. L'armée, afTaiblie de 20000 hommes par la révolte de la Vendée \ troublée par la défection de Bourmont, privée du secours de Grouchy, plie, recule, se débande à Waterloo, après avoir étonné le vainqueur par l'intrépidité épique de sa résistance.

Néanmoins, le matériel de guerre était en abondance, les ressources en soldats plus considérables qu'en 1814, alors qu'avec 40 OtJO hommes Napoléon tenait en échec 250 000 coalisés. A certains moments de la guerre de Sept ans, lorsqu'il avait perdu même Berlin, Frédéric s'était trouvé

1. Pozzo di Borgo écrivait à Lieven, de Bruxelles, 4/l6jiiin 1815 : <( On attend Talieyrand, qui ne se presse pas de venir et qui joue au plus fin. » Il écrivait à Nesseirode, de Gand,, 30 avril/ 12 mai 1814 : « Si M. de Talieyrand n'est pas parti, chassez-le de Vienne ; sa présence ici est indispensable ; il ne peut maintenant être utile qu'auprès du roi. »

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