LE DUC DE RICHELIEU
lui remettant la carte du démembrement projeté par les Prussiens, voilà la France telle que mes alliés voulaient la faire : il n'y manque qu'une signature, je vous promets qu'elle y manquera toujours. »
On a beaucoup admiré la belle lettre de Louis XYÏIÏ à Alexandre sur ce traité de destruction : (( Si la France n'avait plus à espérer la révocation de l'arrêt qui a pour but de la dégrader, si Votre Majesté demeurait inflexible et qu'elle ne voulût point employer auprès de ses augustes alliés Tascendant que lui donnent ses vertus, l'amitié et une gloire communes, alors je dois vous l'avouer. Sire, je refuserais d'être l'instrument de la perte de mon peuple, je descendrais du trône plutôt que de condescendre à ternir son antique splendeur par un abaissement sans exemple (septembre 1815). » On sait aujourd'hui que cette lettre fut conseillée et rédigée par Pozzo di Borgo, l'ambassadeur d'Alexandre à Paris \
A l'aide de cette protestation, que le Tsar s'était fait écrire à lui-même, il pesa sur ses alliés. L'idée du démembrement fut abandonnée, et Ton négocia sur la base d'une occupation temporaire. Malheureusement Talleyrand avait accordé déjà la cession de toutes les parties du territoire « qui ne faisaient point partie de l'ancienne France >>, et notamment celle de la Savoie. Le duc de Richelieu a souvent dit que si