Thureau-Dangin, t. IV, p
2. «La France se croit obligée de déc/arer que la déchéance du vice-roi serait une atteinte à l'équilibre général. Disposée à prendre part à tout arrangement acceptable qui aurait pour base la double garantie de Texistence du sultan et du vice-roi d'Egypte, elle se borne dans ce moment à déclarer que, pour sa part, elle ne pourrait consentir à la mise en exécution de Tacte de déchéance prononcé à Constantin nople. »
dOO . L'EMPIRE LIBÉRAL.
roî à l'hérédité de l'Egypte, modération qui stupéfia après tant de fracas. Dès lors, sa situation devenait intenable ; ses collègues euxmêmes le comprirent. « Renvoyez-nous, dit au roi Cousin le ministre de l'Instruction publique, nous perdons la France. » Le roi renvoya Thiers une seconde fois. Il confia les affaires à Guizot, ambassadeur à Londres, pendant la crise (29 octobre 1840) : « Puisqu'ils ne cèdent pas, dit-il, il faut bien que je cède. »
« Comment, demanda le prince Napoléon plus tard à Thiers, avez- vous eu l'imprudence de vous exposer à une coalition pour une affaire qui ne valait pas qu'on jouât aussi gros jeu ?» — Thiers lui expliqua qu'il n'avait jamais songé à faire la guerre; il avait cherché une occasion de relever le sentiment national : il ne supposait pas que l'Europe attachât assez d'importance à l'afiFaire égyptienne pour risquer un conflit; d'ailleurs la présence de Guizot à Londres le rassurait ; c'est pourquoi il l'y avait laissé ; dès que les puissances, piquées au delà de ce qu'il avait prévu, parurent décidées à pousser le dissentiment au bout, il s'était arrêté; la paix n'avait pas été troublée, mais il avait obtenu de la Chambre et du pays les fortifications de Paris qu'on ne lui aurait pas accordées sans cet incident.