‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 193 sur 240 · Discours du 11 mai · texte numérisé non relu

Discours du 11 mai

tout de la Pologne ; nous n'étions pas chargés de Taffranchissement du genre humain ; le soin dé notre grandeur devait être notre unique souci ; les vastes empires sont dans les desseins de la Providence ; à quoi serviraient les forces des nations, sinon à essayer de s'élever les unes sur les autres*? or, notre domination n'était pas suffisamment étendue; nous n'occupions plus sur la carte une place proportionnée à celle que les autres nations y avaient conquise; notre ambition devait être de nous la faire, et plus les autres autour de nous resteraient petits ^ divisés, moins nous aurions de difficultés à y parvenir.

La guerre et une alliance d'action étaient la conséquence de ce point de vue; néanmoins^ quand il s'agissait de conclure, il tournait court : il n'était martial que de la langue; il avait toujours la main sur la garde de l'épée, mais cette épée était de papier ; il aimait à faire claquer le fouet comme les postillons, sans songer aux conséquences*; il soutenait une politique de paix, et il parlait la langue de la guerre; il conseillait une conduite dont le premier effet était là rupture avec l'Angleterre, et il professait l'alliance anglaise comme la nécessité politique du temps^ Parfois, il lançait à l'Allemagne des phrases provocantes : « Entre nous et eux, il y a une question de territoire redoutable pour

i. Consulat et Empire, t. VI (Confédération du Rhin).

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