‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 226 sur 240 · Gdizot, Mémoires^ t. VIU, p · texte numérisé non relu

Gdizot, Mémoires^ t. VIU, p

raître la baisser* », et annonça sa démission à une majorité consternée, puis furieuse d'être ainsi abandonnée. On entendait sur les bancs ministériels, au milieu des ricanements de Topposition : « C'est indigne! c'est une lâcheté! on nous trahit ! allons chez le roi ^ — Il a eu peur ! » s'écria Thiers (23 février).

Le renvoi de Guizot impliquait qu'on renonçait à réprimer. On ne se décida pas davantage à concéder. Au lieu d'aller sans retard aux hommes encore populaires, on s'arrêta à un replâtrage. Dès lors on ne cessa d'être talonné par le trop tard lugubre. Mole ne réussit pas même à sortir des coulisses; Thiers traverse la scène comme une ombre effarée et s'efface ; Odilon Barrot s'y affaisse comme un ballon dégoirflé.

Un instant cependant, au milieu des pourparlers ministériels, on parut se réveiller; on confie à Bugeaud le commandement des troupes,* mais aussitôt on le paralyse. « J'ai horreur de la guerre civile, dit le roi, n'importe par quel moyen il faut éviter l'effusion du sang. » Qu'est-ce à dire, si ce n'est donner le signal du sauve-quipeut? Qui se dévouera à celui qui se livre? Pas de guerre civile, cela signifie : Ne vous compromettez pas ; ménagez nos successeurs ; généraux, ne donnez pas d'ordres, laissez lever la crosse en l'air; écuyers, faites préparer les berlines de voyage de Sa Majesté. Pas de guerre civile, pas de sang répandu, c'est l'abdication.

i. TOCQUEVILLE.

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