‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 31 sur 240 · Metternich, Mémoires, t. UI, p. i · texte numérisé non relu

Metternich, Mémoires, t. UI, p. i

de Bourbon ne fut pas une reconnaissance du droit p?'éexistantK »

Le salut de la France n'était donc pas attaché au dogme légitimiste. Talleyrand ne Ta exhumé que dans son intérêt personnel. 11 voulait capter ainsi les bonnes grâces de Louis XYIII^ dont, malgré et peut-être à cause des services de 1814, il était loin d'être assuré. Il voulait en même temps gagner les subsides de l'Autriche. Pour plaire à Louis XVIII, il invoquait le principe à Naples contre Murat; pour être utile à l'Autriche, il s'en servait à Dresde au profit du roi de Saxe, dont le Tsar projetait d'incorporer les Etats à la Prusse , moyennant une compensation sur le Rhin.

L'intérêt français pouvait s'accommoder de la restitution de Naples à son ancien roi ; il était au contraire cruellement lésé par l'opposition faite au projet d'installer le roi de Saxe sur le Rhin.

On ne s'est pas assez rendu compte du mobile de Talleyrand dans cette négociation, et l'on a supposé une erreur de jugement où il y eut calcul cupide.

Alexandre, redevenu tout à coup favorable aux Polonais, avait médité, en unissant ce qu'il possédait du duché de Varsovie aux possessions polonaises de la Prusse, de former un simulacre de Pologne, pierre d'attente d'une véritable Pologne, jouissant d'une constitution libérale sous sa haute suzeraineté et le gouvernement d'un membre de sa famille. Cela eût été

Page 1