LA BELGIQUE, NON LE RHIN
§ 1. — l'angleterre contrarie toutes
NOS expéditions, la RUSSIE LES FAVORISE TOUTES.
Les mouvements de faits et d'idées qui s'opéraient de toutes parts exercèrent une influence décisive sur notre système d'alliances.
Le renvoi de Talleyrand avait fort ébranlé l'alliance anglaise. Les Anglais eux-mêmes se chargèrent de l'achever. Suivant leur méthode à notre égard ils ne laissèrent passer aucune occasion de contre carrer les entreprises de la Restauration et de nous manifester leurs incorrigibles méfiances. L'acharnement, qui ne fut pas loin d'aller jusqu'à la guerre, avec lequel Canning s'opposa à notre expédition d'Espagne, venait de la terreur de nous voir reprendre « cette vie, cette action extérieure nécessaires à un grand
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peuple * ». Il redoutait surtout, d'accord en ce seul point avec Metternich, « qu'une expédition heureuse en Espagne plaçât la France dans une position trop favorable, ne réveillât en elle l'ambition, ne la présentât à Alexandre comme une puissance à laquelle il pouvait désormais s'allier* ».
Le respect du principe de non-intervention entrait pour si peu dans sa conduite, qu'au lendemain même du bruyant étalage qu'il venait d'en faire en Espagne il le méconnaissait en Portugal. Don Pedro avait octroyé une charte constitutionnelle à ses sujets portugais, puis abdiqué en faveur de sa fille, Maria de Gloria. Son frère, don Miguel, assisté presque ouvertement par le roi frénétique installé en Espagne, s'était insurgé. Dona Maria, en péril, avait imploré le secours britaunique. A l'instant même, le principe d'intervention, honni alors que nous le pratiquions, redevient légitime comme en 1792, dès que l'Angleterre s'en sert. « C'est vendredi, dit Canning au Parlement, que la demande officielle du Portugal nous a été remise; samedi la résolution des ministres était prise ; dimanche elle recevait la sanction du roi ; lundi elle était communiquée aux deux Chambres, et aujourd'hui les troupes sont en marche pour s'embarquer. » (Décembre 1826.)
Notre gouvernement ne répudia pas son principe parce qu'un adversaire l'invoquait; il se