Lafayette, Discours du lîi janvier
vraiment. — Mais c'est la guerre ; sachez-le et mandez-le à votre cour (31 août 1830). » « Si les Belges se rendaient indépendants, écrivait encore Mole {^^ octobre 1830), nous ne souffririons pas qu'à main armée un gouvernement quelconque leur fût imposé. »
Louis-Philippe laissa Lafitte, son ministre, déclarer: (( Il y a possibilité de guerre si l'on occupe Modène, probabilité si l'on entre dans les États romains, certitude si l'on envahit le Piémont*. » Il permit aussi d'annoncer que si les troupes prussiennes entraient en Pologne, les nôtres envahiraient les provinces rhénanes : il ne se laissa pas entraîner au delà.
H refusa de prendre un engagement envers les Italiens. Il fit savoir aux Polonais qu'ils n'avaient pas à compter sur son appui. Un membre de la Diète ayant demandé au consul français de Varsovie : « Que devons-nous attendre des sympathies du gouvernement de Juillet? — Rien, avait répondu le consul. — Que doit donc, selon vous, faire la Pologne? — Se soumettre. » Notre ambassadeur à Pétersbourg, Mortemart, tint le même langage aux chefs du mouvement avec lesquels il eut une entrevue dans une forêt, lors de son passage. Par l'intermédiaire de ses envoyés officiels et officieux, Louis-Philippe fit donner partout les assurances les plus explicites qu'il acceptait les traités de 1815 comme devant continuer à former la loi
d. Discours de Casimir Perier du 13 août 1831.
des relations internationales. Son programme serait : pas de propagande révolutionnaire, pourvu qu'on respectât le principe de non-intervention à son égard et qu'on reconnût la révolution par laquelle il avait été intronisé.
« Parmi les grandes espérances sociales dont son époque et son éducation avaient bercé sa jeunesse, celle de la paix l'avait frappé plusqua toute autre et demeurait puissante sur son âme. C'était à ses yeux la vraie conquête de la civilisation, un devoir d'homme et de roi ; il mit à remplir ce devoir son plaisir et son honneur, plus qu'il n'y voyait sa sûreté *. »
Afin d'être assuré que sa volonté de paix ne serait pas à la merci des oscillations quotidiennes de la politique intérieure, il entra dans la conduite dont, malgré la vivacité de ses impressions, il ne s'écarta pas durant tout son règne, de demeurer le maître de sa politique extérieure. En dehors de ses ministres il a entretenu une correspondance personnelle avec ses principaux ambassadeurs, avec les ministres et les souverains étrangers ; il a constamment eu sa diplomatie personnelle à côté de la diplomatie de son gouvernement; il employait souvent la plume de sa sœur. Madame Adélaïde. Au début il lui est arrivé, se méfiant de son cabinet, de se faire adresser deux correspondances distinctes, l'une réservée à son ministre des affaires étrangères et à lui, l'autre destinée