BOGUES
Pouh!..
ANTOINE
Aussi, vous le voyez, je vous traite degal à égal, je vous invite à ma table, j'ai pour vous de l'estime et de l'amitié; mais enfin,vous com prenez bien « j n' i 1 y aura toujours une différence entre un marteau et une brosse, une palette et une enclume !..
GRÉGOIRE, HUGUES el HILAIRE.
(Naturellement, naturellement !..
ANTOINE
J'espère que vous ne vous formalisez pas d'une appréciation qui. ..que... —Il est certain qu'après l'art de forger le fer, celui de peindre ses semblables. ..
GRÉGOIRE
F.t même les autres...
HILAIRE
Avec des couleurs fines...
HUGUES
Pouh!...
UNTOINE.
IVesl pas à dédaigner?..
GRÉGOIRE, HUGUES et HILAIRE.
Naturellement , naturellement!..
VINCENT, *e levant.
Maître- Antoine, je n'ai qu'un mot à dire!.. Je ne lais pas fi de la peinture!., mais ce n'est pas dans la peinture que j'ai trouvé mou idéal!.. (l'est aux lueurs 'reiiihlantcs de la forge qu'il m'est apparu, comme dans une apothéose, soys les traits d'une belle fée, étincelante de paillettes d'acier, couronnée d'une rouge aigrette et souriant aux forgerons!.. Et cest parce que ma palette me permettra de reproduire cette apparition que je l'aime encore!.. Souffrez donc, maître Antoine, que l'humble peintre s'associe à votre bonheur, qu'il célèbre avec vous la gloire de la forge des Deux Ynlcains, et fête cette maîtrise, bien gagnée entre toutes, car le chefd'œuvre de maître Pierre est digne des plus grands maîtres, et la ville d'Anvers sera éternellement fière de la grille de sa cathédrale!..
ANTOINE, GRÉGOIRE el HILAIRE.
Bravo!., bien dit!., excellent!..
HUGUES
Pouh!..
ANTOINE
Comment, pouh !..
HUGUES
Certainement, pouh!.. Superbe, cette grille!., chef-d'œuvre!., admirable! Bravo ! Pouh!..
ANTOINE
\ la bonne heure!... — (A Pierre.) Eh bien! qu'est-ce que tu as, toi?... Il me semble que cela vaut un remerciement!...
PIERRE, contraint.
Merci, monsieur Vincent !...
ANTOINE
Ah! mes entants, je suis satisfait, je suis heureux .'...Voilà mon bambin de Pierre passé maître!... Voilà ma petite Jeanne épanouie en grâce et en raison !... Voilà ma fbrgesous Iravocation des deux Vuicains. , 4 Pierre.) 'loi et moi!... ( A Vincent.) Un rêve que tu as réalisé, Vincent !...— Pardonne-moi de te tutoyer!... C'est à force d'être content!...— Voilà que nous formons à nous quatre, maître Grégoire, maître Hilaire, maître Hugues et moi, le grand conseil do maîtrise des forgerons d Anvers!...Voilà
GRÉGOIRE
Quoi?...
ANTOINE
Eh bien ! voilà que je peux mourir tranquille enfin, sûr de laisser ma forge en de bonnes mains, surtout si mon Pierre trouve comme moi quelque Louise du bon Dieu pour y établir l'ordre, l'économie, la douceur, la tendresse... (Pleurant > Ah! ma pauvre femme!... ma pauvre femme!...
GRÉGOIRE, HUGUES et HILAIRE, l'entourant. Voyons !.. . voyons !...
JEANNE, Vembrassant.
Père!...
ANTOINE
Ah ! c'est que tous ces souvenirs-là, voyezvous, ça remue !...
GRÉGOIRE
Surtout après boire !...
PIERRE
Malheureusement, mon oncle, je ne la trouverai pas, la Louise que vous dites!
ANTOINE
Laisse donc!... Je te dis que lu la trouveras, moi !...— Quand on a un cœur comme le tien, et une forge comme la tienne!. ..-Oui, je réservais ça pour le bouquet ! — Pierre, je te donne ma grande forge!...
PIEKKK.
Quoi, mon oncle !...
ANTOINE
Je te !i donne !... c'est à toi maintenant de trouver ce qu'il finit pour l'embellir; car je oe peux pas te donner ce qui no m'appartient pas!...
PIERRE
Mais, m vous vous dépouillez pour moi, mon oncle, (pie vous restcra-t-il donc?...
ANTOINE
Il me restera la petite forge, mon garçon!., c'est assez pour égayer ma vieillesse [...(Remmt tait ter* l< fond.) Voyez, mes amis, est-ce mie je ne serai pas bieu la?...
GRÉGOIRE
LU vrai nid de fleurs .'