A NOS LECTEURS
Les esprits les plus sérieux el lesplus éclairés de notre époque ont reconnu, depuis longtemps déjà, le nécessité de fonder un enseignement intermédiaire entre l'enseignement primaire proprement dil, el l'enseignement secondaire ou classique. On esl généralement convenu de désigner ce nouvel enseignement sous le. nom d'Enseignement professionnel ; si nous ne nous trompons, des symptômes favorables et toutà fait significatifs semblent lui présager un avenir fécond et prospère. Du reste, on n'en est déjà plus aux projets : des essais intéressants et dignes de fixer l'attention publique ont été tentés, et d'heureux résultats obtenus. Des établissements s'élèvent de toutes parts dans le but de préparer aux carrières commerciales et industrielles une foule de jeunes gens qui, en Cuisant honorablement leurs affaires. Délaisseront pas de contribuerau bien du pays. Le moment paraît donc venu de mol ire au service du nouvel enseignement un organe spécial de publicité. C'eel pour répondre à ce besoin que nous fondons YEnq/ctopèdie de* «cotes. Comme son
titre l'indique, notre journal s'occupera do tous les genres de connaissances que doit embrasser un programme bien entendu del'enscignement moyen : Langue française, langues modernes, géographie et histoire de France, arithmétique, géométrie, algèbre, cléments de cosmographie cl do mécanique, technologie, sciences physiques el chimiques; sciences naturelles en général : zoologie, botanique, minéralogie, géologie ; notions d'agriculture et d'hygiène; éléments de la science du droit, elc.; toutes ces matières seront développées 4 nonseulemenl dans leurs principes théoriques, mais encore au point de vue des innombrables applications dont elles sont susceptibles. Nous nous efforcerons d'être clairs, et surtout intelligibles pour le plus grand nombre possible de lecteurs. Nous allierons dans une juste mesure la théorie et la pratique; car, nous l'avouons franchement , nous n'avons point pour la théorie cet injuste dédain dont la frappe une certaine école. D'un autre côté, nous n'oublierons pas que ce n'est point dans un but purement spéculatif qu'est créé l'Enseignement professionnel, mais que d'importantes conséquences pratiques doivent en découler. C'est pourquoi, après avoir exposé les connaissances théoriques qui constituent le fond même de la science, donnerons-nous de nombreux sujets de devoirs et d'exercices, propres à inculquer profondément les principes dans les esprits, et à en faire voir, en outre, toute l'utilité dans les circonstances ordinaires de la vie.
Peut-être, dans notre premier numéro, paraîtrons-nous à plusieurs personnes nous être mon-
laquelle elle peut se jouer de vingt manières différentes ; les lèvres à l'extérieur ; enfin à l'intérieur la langue, organe flexible, qui touche, attaque, caresse, ou heurte à coups redoublés les dents et le palais.
Les produite de la parole sont de deux sortes, savoir : les modulation», que l'on appelle encore ton» ou voyelle» : et les articulations, auxquelles on donne aussi le nom de consonne».
De» modulation» ou voyelle». — Quand l'air, mis en vibration, traverse librement le gosier, la bouche et le nez, il donne la modulation représentée par le signe graphique A. A est la voyelle par excellence, c'est le son le plus facile à émettre, c'e3t la voix pure enfin.
La voix, étant comprimée et légèrement sitïlde entre la langue et le palais, donne la modulation ou voyelle figurée par I. C'est le plus aigu et le plus strident de tous les sons.
Au contraire, le son figuré en français par OU, et qui se module mollement à l'entrée de la bouche par une contraction légère des joues et des lèvres, est le plus grave de tous.
/ et OU occupent donc les deux extrémités de l'échelle vocale. Nous appellerons le son I, voyelle extrême aujui ou palatale, c'est-à-dire formée par le palais, et le son OU, voyelle extrême grave ou labiale, c'est-à-dire formée par les lèvres; enfin, comme nous l'avons déjà dit, le son A sera pour nous la voyelle par excellence ou moyenne.
Entre la voyelle moyenne A et la voyelle extrême aiguô /, nous trouvons d'abord, É puis Ê ou AI, qui sont des modulations voisines de I.
Entre la voyelle moyenne A et la voyelle extrême OU, on a les sons intermédiaires O elAU, qui tendent à se rapprocher do OU. On peut donc déjà former le tableau suivant :
(Extrême aiguë ou palatale I
voyelles < Movcnnes > A
f lau
\ Extrême grave ou labiale OU
Quant au son E sourd, il est aux voyellesprécéd entes ce que le gris est aux couleurs; c'est pour cela qu'on l'appelle, avec beaucoup de raison, voyelle indifférente. Pour compléter le tableau des voyelles, il reste à y ajouter les deux modulations figurées graphiquement par u et mi. La première u, tient de t et de ou, elle est intermédiaire entre ces deux sons; la seconde eu est à mi-chemin des sons e fermé et o, dont elle est la moyenne.
Toutes ces choses bien entendues, nous pourrons former le tableau suivant, qui peint d'une manière très-expressive les relations mutuelles des différents sons simples :
OU m -l
Pour achever l'énumération des voyelles simples, ajoutons que les cinq modulations a, e, i, o, eu, étant refoulées dans les fosses nasales, s'y revêlent do vibrations nouvelles, d'une sorte d'accompagnement, qui porte le nom de nunnation ou voyelle du nez, ou encore voyelle natalitèe.
Les Portugais représentent la nunnation par le signe (-), dont ils surmontent la voyelle nasalisée. Les Latins la figuraient en ajoutant M, et les Grecs en ajoutant N à la voyelle pure. Les Français la représentent de ces deux dernières manières à la fois, et ils peignent comme suit leurs différentes voyelles nasales :
i4ti; am, en, em9
in, im, atn, ein;
on, om;
un, um, euu.
Quand deux voyelles sont prononcées par une seule émission de voix, elles forment un son mixte appelé diphthongue (le mot diphthongue vient du grec, et signiGe double ton). Les principales diphthongues de la langue française sont figurées graphiquement par :
ia, ii, oi, io, iai, ni, ieu, ien, ion.
Exemples: Diable, prière, loi, brioche, niait, bruit, lieu, lien, lion.
Dans toute diphthongue, la dernière voyelle est toujours celle qui domine, tandis que la première lui sert de point d'appui.
Merletth.
GÉOGRAPHIE ÉLÉMENTAIRE
KOTIONS PABLIMINAI&B8.