‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 17 sur 270 · Lire le nombre · texte numérisé non relu

Lire le nombre

Le nombre donnéétant composé de deux chiffres,

pour le lire, il suffit d'appliquer la règle du deuxième cas do la lecture des nombres enliers. On commencera la lecture par le chiffre de gauche. Ce chiffre étant 8. s'énoncera quatre-vingts. Après avoir prononcé ce mol, on ajoutera immédiatement le mot quatre, cl on aura ainsi : quatrevingt-quatre.

7. Lire les nombres suivants : 15; 23; 3G; 48; 54; 09 ; 75; 87 ; 1*0; 95.

». Lire le nombre 543.

543 étant composé de trois chiffres, on appliquera la règle donnée au troisième cas de la lecture des nombres entiers. Le premier chiffre de gauche du nombre donné étant un 5, on prononcera le mot cinq ; immédiatement après, le mot cent ; enfin, on terminera en disant ces mots : quarantetrois, qui sont ceux que l'on prononcerait si l'on avait à lire le nombre 43. Le nombre donné s'énoncera donc : cinq cent quarante-trois .

9. Ecrire en toutes lettres les nombres suivants : 116: 275; 304; 4M; 583; 670; 78» ; 807; 917;

10 Lire le nombre : 11 5 fit 2 347 Ht 9.

Pour lire ce nombre on le partage par des virgules en tranches do trois chiffre*, en commençant par ladroile. On aura ainsi: 115,612,347,819. Ce nombre a trois virgules, la première se lira billion, la deuxième million et la troisième mille; le nombre s'énoncera donc : cent quinze billions six ceJit douze millions trois cent quarante-sept mille huit cent dix-neuf.

H. Écrire en toutes lettres les nombres suirnnts : 18547; 29435; 30709; 56804; 50004; 4512603; 6780412; 378904015 ; 475630241; 2I68Ï3471692; 369258036920; 901200456812490; 998900000100002.

Li solution de ces problèmes sera donnée dans le prochain numéro.

Merlktte et Hauyion aîné.

GÉOMÉTRIE ÉLÉMENTAIRE

THÉORÈMES RELATIFS AUX ANGLES QUI ONT LEUR SOMMET EN UN MÊME POINT (âUITK).

28. Théorème 2. — Tous les angles droits sont égaux entre eux.

Soient les doux angles droits ABC et DEF. ipl. 2, fig. 1); il faut prouver qu'ils sont égaux. Pour cela, montrons qu'on peut les placer l'un sur l'autre. Mettons la droite BC sur la droite EF, de manière que les deux points B et E se confon-

dent, et examinons quelle direction prendra la droite BA : Je dis qu'elle recouvrira la droite ED. Supposons, en effet, qu'elle prenno une tout autre direction, la direction EK, par exemple, et venons ce qui eu résulterait. Puisque lesangles ABC et DEF sont droits, les lignes BA et ED sont perpendiculaires, l'une sur BC et l'autre sur EK. Mais dans la superposition des ligures, BC et EF se confondent; donc AB dans sa nouvelle position, c'esl-àdire, dans la position EK, serait perpendiculaire sur EF au point E. Mais ED est aussi perpendiculaire sur EF t-n ce même point. Il résulterait de là qu'en un même point d'une droite, on pourrait lui mener plusieurs perpendiculaires, ce qui a été démontré impossible dans le théorème précédent. Comme la mémo impossibilité subsistera toujours, tant que AB ne recouvrira pas ED, il faut absolument, pour qu'elle cesse, que AB se confonde avec ED. Ainsi les deux angles ABC et DEF, placés l'un sur l'autre, se recouvrent exactement dans toutes leurs parties ; ils sont donc égaux. On prouverait de la même manière qu'il en est encore ainsi pour deux autres angles droits quelconques; d'où l'on conclut que tous les angles droili sont égaux.

29. Théorème 3. —Quand une ligue droite en rencontre une autre, elle forme ara- elle deux angles adjacent* dont la nomme vaut deux angles drotls.

Soil la droite CD rencontrant AB au point C, et formant avec elle les deux angles adjacents ACD etDCB (fig. 8). Il faut prouver que la somme de ces deux angles vaut drux droits. Pour cela, élevons sur AB au point C la perpendiculaire CE.

Il y a maintenant au point C trois angles, ACE, ECO et DCB; leur somme est égale à celle des deux angles primitifs ACD et DCB ; car on a remplacé l'angle ACD par les deux parties qui le composent. Puisque la droite EC est perpendiculaire sur AB, la somme des deux angles ACE et ECB vaut deux droits. L'angle ECB lui-même est formé par la somme dos deux angles ECD et DCB. Par conséquent la somme des trois angles ACE. ECD et DCB vaut deux droits. Mais nous avons vu que cette somme ne diffère pas de celle des deux angles primitifs ACD et DCB ; donc cette dernière vaut aussi deux droits.

C. 0\ F. D (ce qu'il fallait démontrer.) 30. Théorème 4. — La tomme de tous le* angles formé» en un mime point et d'un même cûlé d'une ligne droite vaut deux imgles droits.

Soient les angles ABD, DBE. KBF, FBG et GBC (fig. 3) formés en un même point B de la droite AC et d'un mémo côté de celte droite. 11 faut prouver que la somme de tous ces angles est égale à deux droits. Pour cela ne considérons que les deux angles adjacents ABD et DBC : d'après le théorème précédent, leur somme vaut deux droits.

Mais dans cette somme, on peut remplacer l'angle DBC par la réunion des parties qui le composent, c'est-à-dire par la somme des angles DBE, KBF, FBG et GBC. Par conséquent la somme des angles AbD, DBE, EBF, FBG, GBC vaut deux droits; ce qui démontre le théorème.

31 . Théorème 3. — La somme de tous les angles que r on jteul faire autour d'un point raut guntre angles droits.

Soient les angles AOB, BOC, COD, DOE el EOA, formés autour du point 0. Il faut prouver quo la somme de ces angles vaut quatre droits. Pour cela, prolongeons un côté de l'un de ces angles, OC par exemple. Soit OK le prolongement de cette droite. La somme des angles placés au point O el au-dessus do la droite KC. est, d'après le théorème précédent, égale à deux droits. Donc la somme des angles KOA ,AOB el BOC vaut deux droits. De même, l'ensemble des angles ayant leur sommet au poinl 0 el situés au-dessous de la ligne KC vaut aussi deux droits. Par conséquent, la somme des angles KOE, EOD el DOC égale deux droits.

On conclut de là que l'ensemble des angles situés, tant au-dessus qu'au-dessous de la ligne KC, vaut quatre droits. Par conséquent la somme des angles KOA, AOB. BOC, COD, DOK et KOE vaut quatre droits Mais AOK et KOE forment par leur réunion l'angle AOK. I) .ne la sommo des angles AOB, BOC, COD, DOK et AOK vaut quatre droits.

3î. Définition. — Étant donnés deux angles adjacents, ils ont un coté commun, et deux autres qui ne le sont pas; ces deux derniers sont appelés les côtés extérieurs des deux angles considérés ensemble.

Soient les deux angles adjacents ABC et CBD ; le coté commun à ces deux angles étant la droite BC, les cités extérieurs sont les deux autres côlés AB et BD. (fig. 5.)

33. Théorème 6. — Quand deux angles adjacents valent ensemble deux angle* droits, les côtés extè~ rieurs forment une seule et même ligne droite.

Soient les deux angles adjacent ABC et CBD, (fig. 6.) dont la somme est supposée égale à deux droit* : il faut prouver que les cMés extérieurs do ces angles forment une seule et même ligne droite. Pour cela, supposons qu'il en soit autrement et que BD ne soit pas le prolongement do AB ; soit BE ce prolongement. D'après un théorème précédent la somme des deux angles ABC et CBE, ou, ce qui revient au même, celle des trois angles, ABC. CBD el DBE vaut deux droits. Elle serait donc égale à la somme des deux angles donnée ABC et CBD, laquelle, par supposition, vaut aussi

deux droit*. Mais cela est impossible; car alors la partie sentit égale an tout. Il est donc égnlement impossible que les deux droites A B et BD ne forment pa* une seule Pt môme ligne droite.

31. Définition. — Lorsque deux angles ont le même sommet, et que les côtés do l'un sont les prolongements des rôles de l'autre, ces deux angles sont dits opposés par le sommpt.

33. Théorème. — Quand deux droites se coupent, les angles opposés par le, sommet sont taons.

Soient deux droites quelconques, AB et CD (fig. 7.) se coupant au point 0. Il faut prouver que les deux angles AOD et COB, opposés par le sommet, sont égaux. Pour cela, imaginons que la ligne 01) cesse d'exister, et voyons ce qu'il faut ajouter à l'angle COB pour avoir deux droits. Il faut lui ajouter l'angle AOC. Maintenant, imaginons que In ligne OB n'existe pas; et cherchons ce qu'il faut ajouter à l'angle AOD pour avoir deux droits : on voit qu'il faut lui ajouter le même angle AOC. Ainsi, pour avoir deux droits, il faut ajouter aux deux angles COB et AOD la même quantité1 AOC; donc ces deux angles sont épaux. Car, s'ils étaient inégaux, en leur ajoutant ta même quantité AOC, on obtiendrait •'•videmmenl des résultat? inégaux. Mais nous avrftis supposé que les droite» AB et CD sont quelconques; donc quand deux droits quelconques se coupent . 1rs angles oppo^s par le sommet sont é^aux.

IhtviON aine.

PHYSIQUE

Avant déjà donné', dans les notions élémentaires de chimie du l*r numéro, la définition de la physique, ainsi que celle des différents étals des corps, nous ne reviendrons pas sur ces définitions. Nous ajouterons seulement que le mol physique est tiré dn mot grec phusis, qui signifie nature.

Causes des phénomènes physiques. — Tous les phénomènes dont sVceupe la physique sont attribués généraleu.i»il à • n»| causes distinctes, qui sont : lo la pesanteur; t« la chaleur ; 3<> la lumière: 4° l'électricité; 5° le magnétisme.

Nous passerons successivement en revue les phénomènes qui peuvent être rapporté à chacun des cinq agents que nous venons d'énumérer. en commençant par l'étude de la pesanteur de l'air atmosphérique et des autres gaz.

PESANTEUR DK t.' Mit ATMOSPHÉRIQUE ET DE TOUS LES FLUIDES AKH1F0RMES.

On appelle pesanteur la force qui attire vers le

centre do la terre toutes les molécules des différents corps situés à sa surface.

On appelle /wtdxd'un corps la somme des attractions qu'exerce la pesanteur sur chacune des molécules qui composent ce corps.

Quand un corps est ah mdonné à lui-même à une cer aine distance de la surface de la terre, il tombe, c'ist-à dire qu'il est attiré vers le rentre du globe ; il ne s'arrête dans sa marche vers ce point qu'au moment où il vient heurter le sol, dont l'impénétrabilité oppose à la pesanteur un obstacle insurmontable. La chute des corps, tant solides que liquides, e-t un phénomène qui a élé immédiatement aperçu des premiers observateurs et donl personne n'a jamais douté.

On n'en peut pas dire autant de l'effet de ta pesanteur sur les gaz. L'antiquité tout entière n'a pas même soupçonné que ces fluides fussent pesants, et il faut descendre jusqu'à Galilée pour voir poindre la première idée du poids de l'air, qui était à peu près alors le seul gaz connu. Galilée ne put donner la démonstration de cette pesanteur. La gloire de mettre cette vérité dans tout son jour était réservée à Torricelli, son disciple, et surtout au Français Pascal, dont nous cvposerons bientôt les ingénieuses et décisives expériences.

Auparavant, il convient de faire connaître une machine destinée à enlever l'air contenu dans un \nse ou. comme on dit, dans un récipient quelconque. Cette machine a été appelée machine pneumatique, nom qui a la même signification que celui de pompe à air.

Machine pneumatique primitive. — Les machines pneumatiques, telles qu'on les construit de nos jours, sont des appareils trop compliqués pour que, de prime-abord, les commençants puissent en bien comprendre le jeu. Mais' ils arriveront facilement a ce résultat après qu'on leur aura exposé la théorie de la machine pneumatique, considérée dans toute sa simplicité naiive. La machine pneumatique, telle qu'elle était à l'origine, se compose d'un gros cylindre en cuivre ou en verre, fermé en bas et ouvert à sa partie supérieure. On le nomme corps de pompe. Dans ce cylindre, on peut faire mouvoir à volonté, au moyen de la lige G, (fig. 8). un corps P, nommé, piston, d'une assez médiocre épaisseur, et qui s'emboîte exactement dans l'intérieur du corps de pompe. Fn faisant descendre ou monter verticalement avec la main la tige rigide G, reliée au piston au moyen d'un arc métallique M, implanté dans le piston, on peut faire parcourir à ce dernier tonte l'étendue du corps de pompe Le piston est percé en son cent re d'un trou ayant la formed'un tronede cône etdont l'ouverture inférieure est munie d'une soupape S'. Quand cette soupape est ouverte, il y a communication entre la partie inférieure ABCD du corps de pompe et

l'air extérieur. Quand au contraire ello est fermée, relie communication est interrompue. San* entrer dans aucun détail sur la disposition de la soupape S', nous n avons qu'à nous ligurer qu'elle s'ouvre de bas en haut, comme le couvercle d'un pupitre. Le fond du corps de pompe est percé d'un trou rond à l'orifice duquel est adaptée une soupape S, absolument semblable à la soupape S', et s' ouvrant connue ceile-ci de bas en haut. L'orifice qui existe au fond du corps de pompe forme l'extrémité d'un tuyau T, recourbé en forme d'U et dont la seconde extrémité O vient déboucher au milieu d'une petite table en verre bien poli. Cette petite table NK s'appelle la platine de la machine pneumatique. En plaçant dessus une cloche de verre K, dont les bonis sont dressés, c'est-à-dire bien unis, et en appliquant un peu de suif sur tout le contour de la cloche, on intercepte toute communication entre son intérieur et le dehors. Celte cloche est ce qu'on nomme le récipient de la machine pneumatique. C'est de l'espace qu'elle limite, aiusi que du tuyau I, qu'il s'agit d'enlever l'air.

Jeu et théorie de la machine pneumatique. — Supposons tout d'abord que lo piston P repose en AU sur le fond du corps de pompe; les soupapes S et S' se trouveront fermées d elles- mêmes, en verlu do leur propre poids. Si l'on soulève le piston jusqu'en CD, il est clair que l'espace ACDB se trouvera complètement vide d air. Alors, vovons ce qui va se passer dans le récipient II et dans le vuyau T. Ce lécipient et ce tuyau sont naturellement remplis d air. Or, ainsi que nous l'avoir vu dans le» notions préliminaires de chimie, cel air est élastique. Cela veut dire qu'il est constitué de telle sorte que ses molécules cherchent sans ces;e à s'éloigner le plus possible les unes des autres, et font des cffuils en tout sens pour y parvenir. Ces efforts étaient vains lorsque le piston étail au bas du corps de -pompe ; car |»ar cela même, la soupape S su IrouvaiL pressée à sa partie supérieure, et partout ailleurs qu'aux environs de la soupape S, les parois du tuyau T et du récipient li opposaient a l'air intérieur une résistance invincible. Maintenant il n'en est plus ainsi : les paroi» du tuyau et du récipient résistent toujours; mais toute pression est détruite sur la surface supérieure de la soupape S, attendu que l'espace ABDC est absolument vide de toute matière. Des lors l'air qui, pour occuper un plus grand volume, presse la suiface inférieure de celle même soupape , huit par la soulever el l'ouvrir. 11 s en précipite alors une partie dans l'espace ABDC. Puisqu'une partie de l'air du tuyau el du récipient est passée dans le corps de pompe, ce tuyau el ce récipient eu contiennent donc déjà moins qu'auparavant. Si, au pomt où nous en sommes, ou abaisse

soudain le pistou, voici ce qui arrive : ( espace ABDC se trouve rétréci de plus en plus et l'air qui le renfermait, pressé davantage à chaque instant, l'our échappera cette pression, anlipalhtquo à leur nature, les molécules de cel air l'ont des efforts en tous sens. Presque partout ces efforts sonl inutiles; car en pressant ainsi, un grand nombre de molécules viennent se heurter contre les parois du corps de pompe cl ne peuvent aller plus loin ; celles qui pressent la partie supérieure de la soupa|»e S nu fout que fermer celle soupape el s'emprisonner davantage. Il n'y a que les molécules qui pressent contre la partie inférieure de la soupape S', qui puissent taire céder celle soupape. Mlle s'ouvre enlin. Des lors lair q-i est coutenu en ABDC el qui est d'autant plus violemment pressé que l'espace AB1>C se réLrécil davantage, limt par s'échapper en totalité, grâce au passage que lui offre l'ouverture de la soupape S ; il va se mêler à l'air extérieur, et ce mélange est accompli à I instant où la surface inférieure du pistou repose de nouveau sur lo fond AU du corps do pompe. En soulevant une seconde fois le pistou, on voit se reproduire les mêmes chosesque précédemment.

Une nouvelle portion d'air sort du tuyau T ot du récipient R pour passer dans l'espace ABDC ; puis, quand on rabaisse le piston, l'air qui était on ABDC vase mêlera l'air extérieur. En continuant ainsi à descendre el à soulever alternativement le piston, on enlève successivement de nouvelles quantités d'air du récipient et du tuyau adjacent. On peut arriver de la sorte à ôler une très-grande partie de l'air primitif, mais on ne parvient jamais à tout expulser, attendu que chaque fois on n'enlève qu'une fraction de ce qui reste encore. Quand on a ainsi soustrait une notable partie de l'air renlèrmé dans un espace limité, on dit qu'on a fait le vide dans cet espace; mais il ne faut pas prendre à la lettre celle façon de parler. Ainsi que nous l'avons montré plus haut, il est impossible d obtenir un vide parfait. Lors donc que l'un dit .avoir fail'le vide dans un vase quelconque, il faut seulement entendre par là que l'on a beaucoup diminué ou rarélié l'air contenu dans ce vase.

La machine pneumatique a été inventée par Otto deCuéncke, bourgmestre de Magdebouvg.il en eul la première idée en 1632, el des Vannée il était parvenu à construire uue machine fonctionnanl assez bien. Il en lit l'essai à la diète de Halisbonne en présence do l'empereur d'Allemagne el de plusieurs autres princes.

Quelque simple que soil la machine pneumatique que nous avons décrite, ce n'est déjà plus celle qu'avait imaginée le savanl bourgmestre de M«gdebourg. Dans sa machine, les sotqapes étaient remplacées par des robinets qu'il fallait tourner à la main ; il n'existait point de platine, el le réci-

L'ENCYCLOPÉDIE DKS ÉCOLES

picnt, de forme sphérique, communiqua il avec le corps de pompe par un tuyau de peu d'étendue et d'un petit diamètre. Ce tuyau portait les deux robinets tenant lieu des soupapes; le piston (Hait entièrement plein. Les belles expériences que put faire Otto de Guéricke, grâce à sa machine, furent bientôt répétées dans toute l'Kurope. Pour rendre ces expériences plus commode*, Boy le, célèbre physicien anglais, j>erfectionna sensiblement la machine d'Otto de Guéricke. il imagina d'en faire mouvoir le piston, nou plus au moyen d'une lige que l'on manœuvrait avec la main, mais à l'aide d'une crémaillère et d'une roue dentée. En outre, il employa pour récipient un globe de verre de grande dimension. Ce ylobo était percé à sa partie supérieure d'une 1res- large ouverture, que l'on pouvait boucher exactement au moyen d'un couvercle disposé à cet effet. Presque en même temps, un illustre physicien français, retiré en Angleterre, et qui avait assisté Boyle dans ses expériences, l'abbé Denis Papin, apporta de nouveaux et importants perfectionnements à la machine pneumatique. Papin conserva la roue dentée et la crémaillère déjà employées par le savant Anglais; mais il se servit de deux corps de pompe nu lieu d'un. Grâce à celle disposition, non-seulement on fait plus promptement le vide, mais encore on rend la manœuvre plus facile, en détruisant l'une par l'autre les actions contraires que l'air atmosphérique exerce sur les surfaces supérieures des deux pistons. Les robinets, conservés dans les machines antérieures à celle de Papin, furent, dans la sienne, remplacés par deux soupapes s'ouvrant et se fermant alternativement pai le jeu même de l'appareil. Enfin ce fut encore le mémo physicien français qui imagina la platine et la cloche de verre que l'on emploie aujourd'hui comme récipient. Ajoutons que, vers 17."i0, l'ingénieur anglais Smeaton mit l'intérieur du récipient en communication avec un instrument que nous étudierons bientôt sous le nom de baromètre, et qui donne, à chaque instant, la mesure de l'air non expulsé.

Avant de passer à la description des appareils dont on se sert aujourd'hui pour obtenir le vide, nous ferons connaître les expériences au moyen desquelles les premiers constructeurs de machines pneumatiques prouvèrent irréfragablement la pesanteur de l'air, ainsi que celle de tous les fluides aériformes.

Merlette.

TECHNOLOGIE

La I technologie est une science qui a pour objet la description sommaire des différents procédés de l'industrie, ainsi que l'histoire de leur perfectionnement.

Dans le cours que nous commençons aujourd'hui, nous traiterons successivement : 1° de l'agriculture; i° des comestibles; 3" des liquides; V» des tissus; îift des meubles; G'» des bijoux; 7° de l'écriture; 8" de l'impression ; 9« de la gravure; 10» de la lithographie; H" du chauffage et de l'éclairage; li" de la construction des bâtiments; 13° de la métallurgie.

Ac.niciLTimE.

L'Agriculture est l'art de faire produire au sol les substances végétales nécessaires à la nourriture de l'homme et à celle des animaux domestiques. Il n'en est pas des plantes cultivées comme des plantes spontanées : les graines de ces dernières, disséminées sur le sol parles agents atmosphériques ou par les animaux, germent et s'implantent d'elles-mêmes dans la terre à une certaine profondeur; les semences des autres, au contraire, ne commencent à se développer pour pmduiro (ultérieurement une récolto abondante, qu'autant qu'elles ont été confiées à un terrain spécialement préparé pour les recevoir.

Les semences ne peuvent facilement germer qu'à une condition : c'est que les couches superficielles du sol dans lequel on les dépose soient divisées enparties excessivement ténues. Cette division a pour effet de rendre le sol poreux, et de permettre un accès facile à l'air atmosphérique, agent indispensable au développement des végétaux.

Réduire le sol en parties très-petites, cela s ap- • pelle VameubHr. Pour parvenir à l'ameublisscment d'un sol, on se sert d'appareils variés qui, considérés en général, ont reçu le nom A' instrument* aratoire*. C'est la description de ces instruments (jui va maintenant nous occuper.

Instruments aratoires. — Les instruments aratoires peuvent se diviser en deux classes : la première comprend les instruments de la petite culture; la seconde renferme tous ceux qui sont usités dans la grande culture.

Instruments de h petite culture. — Les instruments employés dans la petite culture peuvent être ramenés à deux types, qui sont : le type bêche, et le type houe. La bêche (lîg. 9) est une lamo de fer, ayant la forme d'un trapèze; le plus petit des deux côtéa parallèles de ce traj«ze est tranchant;

c'est lui que l'on introduit dans le sol qu'il s'agit de remuer. Le |>lus grand dos deux côtés [parallèles du trapèze est muni d'une douille, dans laquelle est fixé le manche rectiligne de la bêche. Ce manche est en bois de chêne ou de frêne. La bêche est l'arme par excellence du jardinier.

Théoriquement parlant, qu'y aurait-il à faire pour changer en houe une bêche? Il suffirait tout simplement de couder le manche de ce dernier outil. Au lieu do cela, on préfère conserver à la houe un inanche droit, et courber la douille dans laquelle le manche vient s'implanter. Il existe une très-grande variété de houes : tantôt la lame de cet instrument diffère peu de celle de la bêche, comme on le voit (lig. I î), tantôt cette lame devient triangulaire (lig. 10). D'autres fois elle se convertit en une espèce dt; fourche a deux dents, el prend alors le nom de crochet (lig. 1 1 . Les piques et les pioches, dont on voit le type (lig. 15), les boyaux, les binettes el les serfouettes représentées (lig. 13), sont des espèces particulières de houes. La houe permet d'ameublir un terrain trèrapidement. Elle est surtout employée par les vignerons; les petits cultivateurs en font également un fréquent usage. Elle ne produit qu'un ameublissement très-superficiel du sol.

Instruments de grande culture — L'unique instrument aratoire de la grande culture est la char rue, l'outil le plus précieux peut-être, qui soit sorti de la main de l'homme. Les Grecs en avaient si bien reconnu l'excellence qu'ils vénéraient, à l égal d'un Dieu Triptolème, auquel ils étaient redevablesdc ce présent. Toute charrue se compose de deux parties distinctes : l'une absolument indispensable, qui a reçu le nom d'araire ; l'autre, dont on jwurrait à la rigueur se passer, et qui tend même à disparaître chaque jour davantage; cette seconde partie est iaïaut-lraiu.

De l'araire. — Très-souvent l'araire fonctionne sansavanl-lraiu; dans ce cas il constitue à lui seul toute la charrue. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que d'offrir à nos lecteurs le dessin de l'araire de Dombasle, représenté (fig. 10.) Cet araire une fois décrit, il sera facile de se faire une idée

dernière matière, on doit la recouvrir d'une lame de fer. Le sep est, à proprement parler, le pied de l'araire. Pendant tout le temps que l'instrument est en marche, le sep traîne sur le sillon. La figuro G représentant le côté droit de l'araire Dombasle, le sep y esl à peine visible, attendu qu'il se trouve caché par le versoir. On en aperçoit seulement un peu le dernier élançon, ainsi que l'extrémité inférieure el postérieure. C'est au sep que s'attachent le versoir et le soc figurés en P K T T. Le soc esl en P T ; tout le re«te est le versnir. C'est au moyen du soc que la terre est soulevée ; le versoir complète l'œuvre en rejetant sur la droite tout co qui vient d'être délaché du sol. En avant du soc on voit le coutre G, e.-pèce de coutelas fixé flans une mortaise pratiquée dans l'âge, et dirigé obliquement. Le coutre a pour but de trancher verticalement la terre, afin qu'ensuite le soc puisse la détacher horizontalement avec moins d'efforts. La partie de l'araire indiquée par les lettres 0 H L F se nomme le régulateur. Ce régulateur sert à deux fins : I» à régler la profondeur plus ou moins considérable du labour; S° à régler la largeur des sillons. On obtient ce double résultat en faisant pénétrer plus ou moins av.int la pièce F dans la mortaise de l'âge destinée à la recevoir, et en choisissant convenablement sur le régulateur le point d'attache des traits.

E. Feh.net.

VARIÉTÉS

COITRS ÉLÉMENTAIRE D 'ARCHEOLOGIE NATIONALE

Les Gaulois, à l'époque où ils se fixèrent sur le sol actuel de la France, se trouvaient dans un état peu avancé de civilisation. Bien qu'ils y soient demeurés (vendant plus de mille afts sans avoir à exacte des autres. La principale pièce de l'araire ! souffrir d'agressions formidables de la part de leurs est / 'tige ou la flèche A G; elle est de bois ou de j voisins d'outre-Rhin, on peut douVer qu'Us oient fonle, de forme cylindrique ou parallélipipédiqne. , fait de grands progrès religieux, po\U\q»cs, sociaux L'extrémité postérieure de l'âge est munie de deux et artisliquesdurant ce long intervalle. C'est ce que manches M et M, qu'on appelle ordinairement les prouve d'une manière incontestable l'examen mancherons de la charrue. C'est entre ces man- de ceux de leurs monuments qui subsistent encore cherons que ne tient le laboureur, une main placée aujourd'hui. Dans la description que nous allons sur chacun d'eux. De la partie inférieure de celle faire des vestiges que nous a transmis cet âge même extrémité de l'âge descendent deux élan- ; déjà si loin de nous, voici l'ordre que nous adoptons réunis inférieurement par une traverse hori- j terons : nous passerons successivement en re™* zontale. Celle traverse forme ce qu'on appelle le les monument» en pierre, les habitations, $ep ou le talon de l'araire. Elle esl de route ou de ouvrages d'utilité publique et enfin les objets bois; mais quand elle est construite avec celte d'art.

L'ENCYCLOPÉDIE DES ÈCOLESj

Les monuments on piètre boni ou simples, ou composés ou funèbre».

Monuments simples. — Les monuments simples, ainsi que leur nom le laisse à entendre, sont tnonolithes, c'est-à-dire comportés d'une seule pierre. Suivant leur forme et la manière dont ils sont assis sur le sol, on les distingue en pierres leièes, pierres posées, pierres bizarres et pierres branlantes. Toutes, du reste, sont comprises sous la dénomination générale de pierres druidiques, parce qu'elles servaient a l'accomplissement des cérémonies religieuses dont les prêtres Gaulois, nommés druules, étaient les ministres.

Pierres terèes. — Les pierres levées sont encore connues sous les noms de menhirs, jieulians. pierres fuhtn. Le premier do ces noms, menhirs, est formé de deux mots celtiques : maen, pierre, et huyr long. Le mot peulvan est aussi tiré de la langue des Gaulois: il vient de l'eut, pilier cl du mot maen, pierre, que nous avons déjà v u, et qui, dan» certaines circonstances change sa consonne initiale m en la consonne affine t. Quant à la dénomination de pierres, riches, clic s'explique d'ellemême. Les menhirs sont des pierres brutes, d'une forme allongée, plantée» verticalement dans la terre comme des bornes. Leur hauteur est très-variable. On en trouve qui ne dépassent guère un mètre et d'autres qui ont jusqu'à trois et même quatre mètres d'élévation. Tantôt elles sont implantées dans le sol par leur extrémité la plus large; tantôt, au contraire, il semble qu'un de leurs bouts ail été à de -sein taillé en pointe ; alors, c'est sur l'espèce de pivot formé par celle pointe qu'est portée la pierre druidique. Souvent les menhirs sont isolés; d'autres fois, ils sont réunis en groupe. I Dans ce. second cas, il peut arriver qu'ils soient rangés symétriquement; il peut se faire aussi qu'on les trouve disposés sans aucun ordre.

Il y a des menhirs dans presque toutes nos provinces. On en voit surtout en Bretagne, terre de prédilection do la race celtique, dernier asile de son indépendance. On eu rencontre encore dans le Jlaiue, l'Anjou, la Touraine, le Poitou, la Saiulonge ; eu uu mol, dans presque tous nos départements du nord et de l'ouest, sans compter ceux qui soiit disséminés en Anglclerre,en Ecosse, dans les iles Orcades, etc. Certaines pierres levées ont acquis uue grande notoriété. Telle est par exemple celle que l'un voit à Penmarvh . dans le déparlement du Finistère; telle est encore la pierre située non loin du bourg de Yerherie (Oise), que nous avons représentée ifig. M), et relativement à laquelle nousallons entrer dans quelques détails. Elle est connue des antiquaires sous le nom de pierre de lihuisj à cause d'un petit village sur le territoire

duquel elle se trouve, et qui était un des établissements que les Gaulois avaient forme» fur losbords de l'Oise, vers le cenlre des forêts qui couvraient alors la plus grande partie du pays compris entre la Seine et la Somme. Le menhir de Flhuis est situé à six cents mètres environ de ce village, dans les prairies qui bordent l'Oise, et à 450 mètres au plus de la rive gauche de celte rivière. C'est une masse degrés, haute de i mèlres, large de4m,50, épai-se de 0~.60. planlée verlicalemeul en terre où elles'enfjnce de1m,30. Une pierre pareille, mais haute de 1«V>0 environ et un peu inclinée, élaità cinquante pas à l'ouest de la première ; elle a été brisée en 179.1. Deux autres 6/orx ;de moindre dimension existaient, il va liOans, près de celle-ci.

Un grand nombre d'archéologues pensent que les pierres levées, isolées ou groupées, étaient destinées à indiquer des sépultures celtique». Ils fondent leur opinion sur ce fait, qu'on a souvent trouvé des ossements humains enterrés dans leur voisinage. D'autres croient que les menhirs ou fieulvans étaient des espèces d'idoles adorées de nos nfeux. 11 pourrait se faire que quelques-uns de ces monuments eussent été éi igés. pour conserver le souvenir de certains événements historiques, tels que des batailles par exemple. Tendant tout le moy en at;e, les pierres levées étaient demeurées l'objet d'une vénération superstitieuse. Même encore de nos jours, cette sorte de culte s'est perpétuée dans quelques-unes de nos provinces.

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