‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 73 sur 270 · LES INSECTES DE LA RIVIÈRE HTPANIS · texte numérisé non relu

LES INSECTES DE LA RIVIÈRE HTPANIS

Arislole dit qu'il y a sur la rivière llypanis de petites bêles qui ne vivent qu'un jour. Celle qui meurt h huit heures du matin, meurt en sa jeunesse ; celle qui meurtà cinq heures du soir, meurt en sa décrépitude.

Supposons qu'un des plus robustes do ces Hypaniens fût, selon ces nations, aussi ancien que le temps même; il aura commencé à exister à la pointe du jour, et, par la force extraordinaire de son tempérament, il aura été en état de soutenir une vie active pendant le nombre infini do secondes de dix ou douze heures. Durant une si longue suite d'instants, par l'expérience et par ses réflexions sur tout ce qu'il a vu, il doit avoir acquis une haute sagesse ; il voit ses semblables qui sont morts sur le midi, comme des créature* heureusement délivrées du grand nombre d'incomm*dilés auxquelles la vieillesse est sujette. Il peut avoir à raconter à ses petits -fils une tradition étonnante de faits antérieurs a tous les Mémoires de la nation Le jeune essaim, composé d'êtres qui peuvent avoir déjà vécu une heure, approche respect de ce vénérable vieillard, et écoule admiration ses discours instructifs. Chaque chose qu'il leur raoontera paraîtra un prodige à cette génération dont la vie est si courte. L'espèce d'une

journée leur paraîtra la durée entière des temps, el le crépuscule du jour sera appelé duns leur chronologie la grande ère de leur création.

Supposons maintenant que ce vénérable insecte, ro Nestor de l'Ilypams, un peu avant sa mort, el environ à l'heure du coucher du soleil, rassemble tousses descendants, ses amis et ses connaissances, pour leur faire part en mourant de ses derniers avis. Ils se rendent de toutes parts sous le vaste abri d'un champignon; et le sage moribond s'adresse à eux de la manière suivante.

UN A non v II K.

EXPLICATION DE QUELQUES MOTS DE LA DICTÉE

Arittott, célèbre philosophe de l'antiquité, en 38* avartl Jésus-Christ, à Slagyre, ville de Macéiloine. Élève de Platon, il fut ensuite précepteur d'Alexandre le Grand, puis il vint enseigner ta philosophie à Athènes. Aristote est le chef de la secte dite péripatéticienne , do mot grec ptripatox, qui signifie promenade. On la désigne sous ce nom, parce que c'est en se promenant qu' Aristote instruisait ses disciples.

ihjpnnis. aujourd'hui Boug, ancien fleuve do l'Europe Orientale, dans la Scythie.

Nestor, roi de Pylos, en Messénic; il prit part au siège de Troie el parvint à une vieillesse extrêmement avancée. C'est pour cette raison que lo mot Nestor est pris ici dans le sens de vieillard. Dans son Iliade, Homère célèbre la prudence et la sagesse de Nestor, dont la parole, selon lui, était douce comme le miel.

Hauvion jeune.

PREMIERS EXERCICES DE STYLE

VERS A METTRE EN PBOSE ( CORRIGÉ

Lu payw«0C.

Là, c'est un chemin public qui change à tout moment d'aspect : on y voit tour à tour le bœuf matinal traînant après lui la charrue du laboureur; le cavalier, fier et distrait qui, à la vue d'un passant, excite son cheval, qu'auparavant il laissait aller à son gré ; l'humble piéton qui chemine ui» bâton à la main, el absorbé dans sa révene, oublie la longueur de la route; la riche fermière, à la marche grave et lente; la jeune laitière, 'au pied lesiO et agile, qui, le corps droit, l'habit retrouvé, cl son vase en équilibre, s'avance à petits pas pres-

sés et redit ses chansons; le lourd chariot qui roule à grand bruit et sous la masse duquel on entend gémir le pavé; enfin, le fat monté sur son char léger et courant d'un ennui qu'il veut éviter à un autre qui l'attend plus loin.

Regaidcz ce moulin dont la roue est mise en mouvement par des eaux tombant en cascades, tandis qu'au gré des vents un aulre, à grand bruit, tourne et tourne sans cesse ses ailes gigantesques.

Plus loin, voyez ce bourg antique, placé au milieu des forêts; ailleurs se trouvent des cités aux couronnes do créneaux, el un clocher dont la pointe élevée porte jusque dans les nues un coq audacieux.

Le charme est plus grand encore, si le paysage est dominé par quelque temple célèbre, monument des siècles passés, el dont tes tours royales se prolongent au loin dans les airs; RoyaumontK Saint-Denis, ou l'antique Westminster, dans les murs duquel ressent confondues les cendres du guerrier, du poêle, des grand» hommes d'État, et de Chalam tout le premier ; l'éloquent Westminster, où tout rappelle à notre fierté des idées de grandeur, de néant, de gloire et de deuil.

Pourrais-je oublier ce fleuve, ses bords et les îles qu'il forme? Et si'la mer immense s'étend À l'euiour de vos demeures, quelle peinture pourrait égaler le spectacle de son courroux ou celui de son repos, et ces vaisseaux éloignés qui semblent voler à la surface des ondes?

0 Nicol asile fortuné, montagnes si vantées, embaumées des parfums de la lavande, du thym et du citron, combien de fois, sous tes oliviers couronnés d'une verdure éternelle, et dont la pâleur se confond avec l'azur sombre des mers, je me plus à égarer mes regards sur cet immense horizon 1 Do quel bonheur je jouissais alors! soit que les eaux silencieuses, mollement balancées, allassent border le rivage d'une frange d'écume, soit qu'une violente tempête gonflât les flots irrités. Je prenais plaisir à regarder la vague, qui n'é-* tait d'abord qu'une rido légère que l'on voyait blanchir au loin. Tout à coup, efle s'enflait, s'allongeait, avançait rapidement, jaillissant de rocher en rocher comme uno montagne d'écume, tantôt se déployant comme un serpent qui déroule ses anneaux, tantôt faisant entendre un bruit horrible semblable à celui du tonnerre, et précipitant ses vagues dans les anfractuosilés des rochers. Mon esprit, mon oreille, mes yeux, tous mes sens étaient enivrés par ce mouvement, ce tumulte et celle mer en furie. Je no pouvais me lasser de la voir rouler, monter pour retomber ensuite en montagnes écumantes. Le soir venu, je me retrouvais à la môme place, contemplant encore ce magnifique spectacle.

Hauvion jeune.

GÉOGRAPHIE ÊLÊMKNTAIRK

Lacs du versant de la mer Blanche. — 1° Le lac Koubinskoe, qui donne naissance à la Soukhona. î« Le lac Latcha, d'où sort l'Onega.

Venant de ta mer de Kara. — On trouve' dans la mer de h'ara trois îles, savoir : 1«> la Xourelle Zemlle, découverte en 1553 par Willougby, navigateur anglais. Le climat de cette île est moins froid quo sa latitude pourrait le faire croire. Ses seuls habitants sont de.* ours blancs, des rennes, de» isatis, des chouettes, des loutres. On n'y rencontre pas d'autres végétaux que des mousses et quelques bouleaux. Elle n'est fréquentée que par les chasseurs et les pécheurs d'Archangel.

2° L'ile de Waigatz. que les Samoyèdes désignent sous le nom de Khaiodeia. Ces peuples la regardent comme sacrée et comme un lieu de sacrifice. Flic n'rèt habitée que par quelques familles de Samoyèdes. L'ile de Waigatz est séparée de la Nouvelle-Zemble par le détroit de Kara.

3° L'Ile de Kalgouef, habitée par des Samoyèdes, qui font un commerce (je plumes, de duvet, de peaux de renards et d'oies salées.

La mer de Kara creuse sur les côtes de la Russie les golfes do Petchora et do Tcheskala. Au sud-ouest de ce dernier golfe, s'avance le cap Mikulin .

La mer de Kara reçoit la Kara et la Petchora.

Cours de la Kara. — La Kara prend sa source dans les monts Ourals, conle entre l'Europe et l'Asie, et se jette dans la mer à laquelle elle donne son nom après un cours de 250 kilomètres.

Cours de la Petchora. — La Petchora descend des monts Ourals, reçoit à droite YOusa, YIsma à gauche, et se jette dans le golfe de Petchora à Ponstosersk.

Versant du sud-est. — Le versant du sud-est ' se subdivise en trois versants secondaires : celui de la mer Caspienne, celui de la mer Noire et celui de la mer d'Azov.

Versant de la mer Caspienne. — I<a mer Caspienne, désignée par les anciens sous le nom de mer Hyrcanienne, est un lac d'une immense étendue, et qui ne communique avec aucune autre mer. Le flux et le reflux ne s'y font pas sentir ; mais des tempêtes violentes en soulèvent fréquemment les (lots et rendent la navigation dangereuse. Les nombreuses sources de nophle que l'on rencontre sur ses rives donnent à ses eaux une grande amertume. Des vapeurs de naphtc s'élèvent aussi audessus de ses eaux, et c'est un spectacle des plus curieux à contempler que celui que produit le soir l'inflammation de ces vapeurs. Les eaux de

la mer Caspienne sont très-poissonneuses ; elles sont très-basses sur les côtes, et les bords de la mer sont irès-escarpés. Les anciens ont cru pendant longtemps que la mer Caspienne n'était qu'un golfe de l'Océan glacial arctique. Puis ou s'imaginait qu'elle était en communication directe avec la mer d'Aral (Asie). La première carte exacte de la mer Caspienne fut dressée d'après les ordres de Pierre le Grand, par Charles van Verden. Celle opération dura dix années, do 1710 à 1720.

Les côtes russes forment sur ses bords le cap Apehèron, qui constitue l'extrémité est du Caucase.

La mer Caspienne reçoit YOural, le Volga, la Ko u ma et le Terek.

Cours de l'Oural. — Le fleuve Oural prend sa source dans les montagnes du même nom, arroso Orenbourg et Ouralsk, et se jette dans la mer Caspienne. Il sépare l'Europe de l'Asie ; ses eaux nourrissent beaucoup de poissons, et ses rives sont habitées par des Cosaques.

Cours du Volga. — Le Volga, le plus grand des fleuves de l'Europe, prend sa source daas un lac situé au pied des monts Valdar. Il coule d'abord de l'ouest a l'est, puis du nord au sudouest, et se dirige enfin du sud-ouest vers le sud-est. Il reçoit à droite 10 Ad, grossie de la Moskowa, la Saura et la Sarpa ; à gauche, la Tcertza, la Mologda, lu Vetlurga, la haut a et la Tamara. Il arrose Hiev, Staritza, Tver, Moloudil, Jaroslac, Kostroma, yijnei-Xoirogoroil, K usait, Simbirsk, Saratoc, Astrakan, ol se jette dans la mer Caspienne par 70 embouchures, en formant une infinité d'iles.

Le cours du Volga est parsemé d'iles, et son lit s'ensable tous les jours. Il communique par des canaux avec la Néva et la Dvina du nord, d'une part, et avec le Don, de l'autre; ce qui met la mer Caspienne en communication avec la mer Baltique, la mer Blanche et ia mer d'Azov. Pendant l'été, le fleuve est couvert de bateaux ; en hiver, ses eaux sont gelées et il porte alors des traîneaux et des voitures de toutes sortes. On trouve dans ce fleuve beaucoup de saumons.

Cours de la Kouma. — La Kouma prend sa source dans le mont Caucase, passe à GeorgievsL et se perd dans les sables avant d'arriver dans la mer. Ses bords nourrissent une grande quantité de faisans.

Cours du Terek. — Le Terek prend sa source dans le Caucase, au mont Kaàbek, arroso Wladtkaukas, Mostlok, et se jette dans la mer Caspienne près de Kisliar.

Villes principales du versant de la mer Caspienne. — 1° Mosdok, sur le Terek, qui possède des fabriques de maroquin.

2* Kisliar, ville située «ur la rive gauebe du

Torek. Sa population se compose en grande partie de Grecs et d'Arméniens. On y fabrique des cotonnades et des soieries. On récolte dans ses environs du riz, du safran, de la sésame et. de la garance.

3o Tver, une des plus belles villes de la Russie, située au confluent de la Tvertza et du Volga. Elle Ait fondée en 4482 par un prince de Vladimir; elle possède des filatures de coton et une fabrique de tabac. Le climat est froid et variable. On récolle dans les environs du lin, du chanvre et du blé. Tver fait un grand commerce do toiles, de cuirs et de gros bétail.

40 Jaroslav, ville située au confluent du Kotorosk et du Volga. Elle renferme des fabriques de toile?, de linge de table, do soieries, de cotonnades imprimées, de chapeaux de feutre et dos fonderies de cloches. Elle a une maison d'aliénés. Jaroslav fut fondée en 4026 par le grand duc

5° Kost routa, au confluent de la Kostroma et du Volga ; elle a une fonderie de cloches, dos fabriques de toiles, de bleu de Prusse, de savon, de chandelles, et des tanneries. Le sol des environs de celle ville est plat et marécageux. La récolle des céréales y est insuffisante, mais la culture du chanvre et du lin y réussit très-bien. Les maçons et les charpentiers émigrent de cette ville à l'époque de h belle saison pour se répandre dans toute la Russie.

60 Nijney-Nocogorod, surlarivejgauche de l'Oka. Celte ville a des fabriques de toile à voiles, des corderies, des fabriques de cuirs et dos maroquineries. 11 s'y tient en juillet et août une foire dite de Makariew, qui attire de 3 à 400,000 étrangers. Le sol est bien cultivé et produit des céréales, du chanvre et du lin.

7» h'asan, sur lu Kazanka, possède un observatoire, une université, un jardin botanique et une imprimerie turque. On y fabrique des draps, de la colonnade, des cuirs, de la coutellerie el du savon. Kazan renferme un arsenal, uno poudrerie militaire et des chantiers de construction. Celte ville fut fondée en 1257 par Sayn, fils de Baton-Khan. Les Russes s'en emparèrent en 1552.

80 Simbirtk, au confluent do la Svîaga et du Volga. La position do celle ville, ses clochers el ses jardins lui donnent un aspect riant el pittoresque. Ses alentours sont fertiles et bien cultives. On trouve dans son voisinage des forêts qui appar* tiennent à la couronne. Cette ville ne date que de 4648; on y voit une statue élevée à l'historien Karanuin par Alexandre I«r.

9° Sarafoe, sur la rive droite du Volga. Celte ville possède un jardiu botanique el des fabriques de coton, de cuirs, de chandelles, de bonneterie el d'horlogerie. Il s'y lient le 8 juillet, une

foire do chevaux que fréquentent les Kalmouks.

On exploite dans les environs des mines d'Alun. Saratov est le centre du commerce entre Astrakan el Moscou. On cultive sous ses murs le mûrier, !o blé, le tabac, le chanvre et le lin. On y élève les vers à soie. Non loin de là se trouve le lac Alian, qui donne chaque année plus de 480 millions de kilogrammes do sel.

40» Astrakan, ville construite dans l'Ile Scitza formée par le Volga, entrepôt du commerce entre la Perse, l'Asie et la Russie. Bile a un port militaire et de commerce très- fréquenté. Elle est bâiio en bois et entourée d'une enceinte de briques. Elle a des pêcheries considérables, qui fournissent surtout des esturgeons. On rencontre dans ses environs des plantations de mûriers, et on y récolte des pastèques et des vins exquis. Le climat y est très-froid en hiver, très-chaud en été. C'est la station do la flolte russe dans les eaux de la mer Caspienno.

4 |o Orel, au confluent de l'Orlik et de l'Oka. On y fail un commerce considérable de grains. Cette ville renferme des filatures de colon et des corderies. Le sol des environs est fertile; il produit les céréales, du tabac, du houblon, du chanvro et du lin. On y exploite des mines de fer, do salpêtre et de pierres à bâtir.

42° Mojaïsk, sur un affluent de la Motkotrn. Celte ville, autrefois fortifiée, fui prise par les Français en 4842.

43o Moscou, ancienne capitale de la Russie, fondée en 4447 par Jouri, et peuplée de 400,000 habitants. Cello ville fail un commerce considiîrablo avec le monde entier. Elle renferme plus de 300 églises, surmontées de dômes el de clochers dorés ou peints. Tout à fait au centre, se trouve le Kremlin, citadelle construite sur uno éminence et qui commande la ville. C'est l'ancienne résidenco des Izars. Il fut détruit en grande partie par les Français en 4842, lors de leur retraite, el reconstruit depuis. Celle forteresse renferme lo palais impérial, celui de l'archevêque, la cathédrale de l'Assomption , où les empereurs étaient couronnés, el lo betTroi d'Yvan-Veliki, qui renferme 32 cloches. Parmi ces cloches on on voil une, la plus grosse do l'Europe, qui pèse 465,000 kilogrammes ot est établie sur un piédestal. Moscou est l'enlrepôl du commerce de pelleteries el do la rhubarbe de Chine, du musc , des builes de rose, el du safran de la Perso , de l'opium el du savou de Kasan, des fourrures el des pierres précieuses de la Sibérie. On y fabrique des étoffes de laine el de coton, des draps, des soieries, de la toile, des instruments de chirurgie. Elle renferme des usines pour le fer, des distilleries, dos poteries, des brasseries. Elle a une foire importante de chevaux. Moscou est la ville sacrée des

L'ENCYCLOPÉDIE DES tiCQLES

paysan* russes, qui se découvrent et se prosternent des qu'Us aperçoivent les dômes et les dédier* qui la surmontent de toutes parte. Moscou fut incendiée par les Busses, en i%i i, au moment de l'occupation française ;

44<» Pcrm, au confluent de la Jagouschikba et de la Kama, est située sous un climat trôs-froid et dans une campagne peu fertile ; on y élève des bestiaux et des abeilles. Le sol des environs renferme de riches mines de ter et dj cuivre , de l'or ot de l'argent, du plomb, du diamant et du sel;

4 9* Oreabourg, au confluent de l'Oural et de laSakmara; elle fait un grand commerce avec l'Asie. Les caravanes venant de l'Inde et de la Boukharie y échangent de for, de l'argent , de? pierres précieuses, des soieries, du coton, des thaïes, dos peaux do toutes sortes, des foulards, contre des velours, des drapa, du sucre, du café, de la verroterie, du thé, etc. Celle ville a des fabriques do suif très-renommées.

Hadvion aîné.

HISTOIRE DE FRANCE

La Dation gauloise était divisée en trois classe* : les prètros appelés d natif*, les nobles et le peuple qui élail dans une condition voisine de l'esclavage.

Les druides, ministres du culte, étaient les dépositaires du dogme qu'ils devaient enseigner à leurs concitoyens. Interprèles des dieux, ils étaient charges des sacrifices publics et privés. Gomme les Gaulois étaient fort superstitieux, les druides avaient acquis sur eux une grande autorité. Aussi la justice était-elle une de leurs attributions, lia connaissaient du meurtre et du vol, statuaient sur le» héritages et sur la limite des propriétés, mettaient fin aux dissensions cmlns et terminaient les différends qui s'élevaient entre les particuliers. Ils accordaient des récompenses ou infligeaient des châtiments, et si un Gaulois, queUe que fût d'aiBeurs sa position sociale, ne s'en rap portait pas à leur jugement, ils lui interdisaient les sacrifices. Celui qui avait encouru cette peine était placé au nombre des impies et des criminels Tous le fuyaient comme s'il eût été atteint de quoique maladie contagieuse. S'il se présentait devant tes juges pour vider nn nouveau procè*. on refusait de l'entendre, et aucune fonction ho* noriftque ne- pouvait lui être accordée. Les druide* jouissaient de grands avantages; ils étaient

dispensés du service militaire et ne payaient aucun tribut. Alléchés par tous ces privilèges, un grand nombre de jeunes gens, soit qu'ils y fussent envoyés par leurs parents ou qu'ils s'y rendissentdo leur propre mouvement, allaient s'instruire à l'école des druides, pour pouvoir entrer ensuite dans lo sacerdoce. César, dans ses commentaires sur la guerre des Gaules, dit qu'un grand nombre des adeptes passaient une vingtaine d'années à étudier la science des druides. Selon lui, ce long temps leur était nécessaire, parce qu'ils devaient apprendre par cœur un grand nombre de vers, et qu'il leur était expressément défendu de rien confier à l'écriture. Le conquérant romain afbrme du reste que les Gaulois employaient les lettres grecques dans leurs affaires, tant publiques que privées. Pourquoi les druides ne voulaient-ils pas que leurs élèves se servissent; de l'écriture? Selon César, ils agissaient ainsi pour deux raisons : d'abord, pour dérober au vulgaire la connaissance de leurs doctrines ; et, en second lieu, pour forcer les initiés à exercer davantage leur mémoire. Le dogme fondamental de la religion des Gaulois était celui do l'immortalité de l'âme. Ils étaient tellement persuadés de l'existence d'une vie future, qu'ils ne considéraient la mort quo comme le commencement d'un voyage. Aussi affrontait1 utils le trépas avec tant de courage, qu'à une certaine époque lia combattaient entièrement au*. Peu de temps même avant l'invasion romaine, tes plus beaux et les plus braves d'entre les Gaulois marchaient au premier rang , en dédaignant de se servir d'une seule arme défensive. Toutes les fois qu'un homme venait h mourir, on brûlait avec lui loue les objets qu'on supposait pouvoir lui être de quelque utilité dame l'autre monde. Les amis du défunt apportaient, pour être consumées en même temps, des lettres destinées à ceux de leors parenis qui avaient précédé celui-ci dans la tombe. Lorsqu'un homme semblait menacé d'une mort prochaine et que l'état de ses affaires lui faisait regretter de quitter la terre, il s'adressait à quelqu'un de ses proches ou de ses dients, le priant de le remplacer dans le long voyage qu'il était sur le point d'entreprendre ; s'il n'y avait point parmi ceux-ci un homme qui voulût bien mourir à sa place , il en chercliait un parmi les étrangers et il était rare qu'il tardât beaucoup à en trouver. Alors, celui qui so décidait a deuner sa vie pour le moribond, venait le trouver avec ses amis, et l'on convenait du présent qu'il devait recevoir pour pris de «on sacrifice. Quelquefois, c'était une somme d'or ou d'argent que le voyageur distribuait aux siens comme cadeau du départ. D'autres fois, c'était simplement un tonnean devin. Dans ce dernier cas, on improvisait nu grand festin, après lequel celui qui s'était dévoué

montait sur une estrade, se couchait sur son bouclier et tendait la gorge au-ïacrificateur.

I! existait chez les druides une hiérarchie sacerdotale à la tête de laquelle se trouvait un chef suprême appelé archidruide. Il était élu par le suffrage de tous les autres druides. Il s'élevait parfois des contestations entre les candidats au sujet de cette élection ; il était rare qu'elles se terminassent sans effusion de sang. Immédiatement après l'archidruide, il y avait les druides proprement dits, qui étaient chargés des plus hautes fonctions. Puis venaient les ovales, espèces de prophètes ou d'augures. Ils consultaient les entrailles des victimes et prédisaient l'avenir. Audessous des ovales étaient les eubages, ministres inférieure du culte, qui égorgeaient les victimes. Enfin, parmi les prêtres gaulois on voyait encore les barda ; ces derniers, poètes et musiciens, chantaient tes dieux et les héros en s'accompagnant sur une sorte de lyre appelée rotte. Ils célébraient dans les grandes assemblées populaires la gloire de la nation , et au foyer du noble ils vantaient son courage et l'illustration de sa famille. Ils suivaient les armées en campagne, entonnaient les chants de guerre avant le combat cl excitaient les guerrier» pendant l'action. Il nous reste quelques-uns de ces chants composés par les bardes. Citons entre autres celui qui a pour titre le litiniil, cl qui est à la fois un chant et un récit; La loi de IIofl Dha, poésie qui remonte au dixième siècle et qui fixe les privilèges du bardé. En Angleterre, on avait établi un grand concours auquel étaient admis tous les bardes de la nation. Une harpe d'argent à neuf cordes était décernée à celui qui avait composé le meilleur morceau de poésie. En Irlande, les bardes jouaient un rôîe considérable, et nous les trouvons jusqu'en 1633, mêlés aux traditions nationales. Indépendamment des prêtres, il y avait aussi des prêtresses. Les plus célèbres étaient les neuf vierges de nie de Sein, située a la pointe occidentale de l' Armorique. Elles s'attribuaient le pouvoir de soulever les tempêtes et do commander aux vents. D'autres avaient leur temple dans un Ilot situé à I'embonchurc de la Loire. A une époque déterminée do l'année, elles devaient l'abattre et le rébâtir en un seul jour. A peine le soleil avait-il paru au-dessus de l'horizon, qu'elles se mettaient à l'œuvre. Grande était leur ardeur; mais si par mégardo l'une (Telles laissait tomber les maté- . riâux employés a la nouvelle construction , une fureur sans "égale s'emparait de ses compagnes, qui se précipitaient sur elle, et la déchiraient dt leurs propres mains. Puis ses restes sanglant.* étaient dispersés ça el là aux environs do la demeure commune.

Hauvion aîné.

ARITHMÉTIQUE

SOLUTION DES PRODLKMES SUR LA SOUSTRACTION PUS NOMBRES ENTtKRS*.

1er problème. — Réponse : 83178 francs. S* problème. — Réponse : 42 ans.

3» problème. — Réponse : 42339 francs.

4" problème. — Réponse : 26089 francs.

5« problème. — Réponse : A 77 ans.

G» problème. — Réponse: 456 mètres.

7» problème. — Réponse : Il a gagné 32747 fr. 8» problème. — Réponse : 16Î kilomètres. 9« problème. — Réponso : Le premier ouvrier a fait 940 mètres d'ouvrage, et le second 4039; ensemble ils ont fait 1979 mètres ; le second a fait 99 mètres do plus que le premier.

10» problème. - Réponse : 1000 grammes.

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