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LÉNEHGÉTIOUE ET LE MÉCANISME

avoir défini les facteurs d'action : pressions ou tensions, force électromotrice, température, radiations, actions chimiques, il faut réfléchir aux transformations réelles que provoquent ces facteurs. « C'est ce que nous allons faire maintenant ; nous atteindrons ainsi à l'énoncé de certaines lois rectrictives extrêmement générales, qui, dans l'infinie variété des tranîormations imaginables délimitent le champdespossiblesetnous préviennent à l'avance de l'inutilité de certains efforts. ïiV expérience va encore contraindre à ces restrictions.

« Parmi ces lois fondamentales figure le principe d'équivalence dont nous nous occuperons tout d'abord et dont on peut dire en s'aidant d'une comparaison grossière qu'il nous renseigne sur le prix dont il faut aciieter un résultat donné.

(( Les difficultés qu'on éprouve h exposer et à comprendre ce principe me paraissent tenir pour une grande part à l'imperfection du langage emj)loyé et à l'abus de considérations métaphysiques. J'ai donc cherché surtout à éviter ces deux inconvénients, me résignant lorsque je l'ai cru nécessaire, à employer des expressions nouvelles » (p. 7i). ^

D'abord J. Perrin définit la nolion de cliangement par les états initial et final : « Lorsqu'on dit qu'une fonction y de \t\ variable j; prend l'accroisscMiient (//j — ?/j) (juand la van'al)l(^ subit Tac-

croisscment {x* — x^) on ne fait aucune hypothèse sur les valeurs intermédiaires que prend la fonction dans Tintervalle (Xi, x^).

De même, je considérerai le changement dun système comme entièrement défini par la connaissance de l'état initial A et de l'état final B du système considéré, quels que puissent être les états intermédiaires pris successivement par ce système durant l'intervalle de temps considéré ou, en d'autres termes, quelle que soit l'évolution du système entre les étals A et B.

Le passage d'un de ces états à l'autre peut se faire d'une infinité de manières, de même qu'il existe une infinité de chemins qui mènent d'un point à un autre ; mais cela n'importe pas; c'est la différence brute entre l'état initial et l'état final qui définit le changement.

Par -exemple, le changement subi par l kilogramme d'eau d'abord solide à 0'', puis liquide à la même température, est défini par là même, et sans qu'on ait à se préoccuper de savoir si l'on a obtenu ce résultat en mettant la glace sur un fourneau ou en la soumettant à des frottements, ou en la sublimant, puis en la condensant ou de toute autre manière.

J'insiste bien sur ce point qu'un changement est entièrement défini par la différence brute entre rétat initial et l'état final. Si, par exemple, nous comprimons une masse gazeuse, nous ne cher-

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choiis pas à décomposer ce chai)gement en fractions séparément relatives aux différentes propriétés, température, densité, indice de réfraction, etc. Bien entendu, cela ne nous est pas interdit, mais en général une telle décomposition n'aurait aucun sens précis, et il nous suffira de regarder le changement du gaz comme un tout, donné par l'expérience. Au contraire, et comme la décomposition présente alors un sens parfaitement net, s'il arrive qu'un système soitdécomposable en systèmes partiels,faciles à délimiter (par exemple 1 gramme de soufre à côté de 1 gramme d'eau) nous pourrons toujours regarder le changement total comme formé par la juxtaposition des changements des deux systèmes partiels »

Fidèle à sa méthode, l'auteur va commencer, comnie le géomètre , à étudier quelques cas simples et remarquables offerts immédiatement à Vobservation; il montre ensuite qu'une généralisation du résultat obtenu est immédiatement possible.

11 considère successivement les machines simples, les changements thermiques, calorimétrie et thermochimie, les frottements. Dans le premier cas, l'élévation d'un poids neutralise l'abaissement d'un autre, et d'un autre seulement — d'où la généralisation suivante : « Si, au prix d'un changement G, on sait obtenir un changement K, on ne pourra jamais, de quelque façon

LK l'UOJiLÈMK, LA MKTIIODK l'J

qu'on s'y prenne, obtenir, au prix de ce même changements C, un changement (K + K').

C'est le principe de l'équivalence des di/fcrejits mécanismes qui permettent de neutraliser un abaissement de poids par une élévation de poids.

Ce principe se vérifie dans les deux autres cas : il ne peut y avoir dérogation que dans le cas d'un cliangement indifférent. «En résumé, trois études (l'objet très différent, relatives : 1** aux machines simples; 2° à la calorimétrie et à la thermochiniie, et 3** aux frottements, nous ont conduits à admettre trois principes partiels, respectivement relatifs aux trois catégories de phénomènes ainsi étudiées.

<c J'ai montré que chacun de ces principes partiels est exprimable par un énoncé beaucoup plus général, le même pour les trois cas, et qui, en tenant compte de la retouche imposée par le dernier exemple, semble pouvoir être applicable à toute catégorie de phénomènes. Nous admettrons sans pouvoir songer à le démontrer, que cet énoncé général, qui s'est trouvé convenir à des phénomènes très difforenls, est toujours vérifié, et nous dirons :

Si, au prix d'un changement C, on a pu obtenir un changement K, on n'obtiendra jamais pour le même prix, quelque soit le mécanisme utilisé, tout d'abord le changement K et, en surplus, un autre changement, à moins que ce dernier ne soit

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