‹ L'enfant du miracle; comédie-bouffe en trois actesChapitre 18 sur 106 · ACTE l'UKMIKH · texte numérisé non relu

ACTE l'UKMIKH

Ali

» ... A charge par elle de m'élever, sur la place du lycée, une stirtue en pied et en bronze, avec celte inscription '• « A Moulurey, Ernest, la ville de (iuéi-el reconnaissante. » A charge encore de donner à l'Avenue de la Gare, qui est la plus fréquenlée de la ville et la seule qu'on voie du chemin de fei-, le nom de boulevard Ernest-Afoulurey (1831-10...) » l.a date est en blanc.

KM SE

('/est tout?

LANSQUENET

Sui\ent quelques legs sans importance où votre nom, madame, ne figure pas.

C'est inouï! Mais alors ce serait pour moi la ruine irrémédiable.

LANSQUENET

Mon Dieu !...

ÉLISE

Nul mieux que vous n'en est informé, maître. Si j'ai consenti à cette union qui n'offrait rien, en soi. de bien régalant, si j'ai épousé un honnne trois fois plus Agé que moi...

LANSQUENET

C'est qu'il vous apportait les circonstances atténuantes d'une fortune considérable.

3i L'ENFANT DU MlRACLi:.

ÉLISE

Et comme je ne possède rien de mon chef, si elle m'échappe, cette fortune...

LANSQUENET, prenant le reçu.

Evidemment, évidemment... Je n"ai donc plus à insister, ma chère cliente. Vous voyez la nécessité absolue de découvrir le testament postérieur.

En admettant qu'il existe.

LANSQUENET

Ce qui, pour moi, ne fait aucun doute. Cherchez, cherchez bien... et vile!

ÉLISE

Vite, vite... mais encore?

LANSQUENET

Oh ! prenez votre temps, on ne veut pas vous étrangler. Vous avez jusqu'à demain matin.

ÉLISE

Demain matin!... Ah! mon Dieu!

LANSQUENET

Sur ce, je vous quitte pour bien vous laisser à votre petite affaire. J'attends un mot de vous. Adieu, ma chère cliente!

ÉLISE

Adieu !

LANSQUENET, passant devant le buste de Moulurey.

Ce pau\Te Moulurey! 11 était moins bien que ça!

Il sort.

ACTK P REM IKK. 33

SCI>NE VII ÉLISE, puis CROCHE.

Pourvu que je le trouve maintenant, ce testament i Ali! quelle leçon !... quelle leron pour une autre fois!

CROC II i:, eiiliaiit.

Je viens de me rendre compte. C'est très simple. Nous allons vous installer là dedans un petit Balnéum-bijou à faire crever de dépit vos meilleures amies. Ça coûtera dans les deux mille cinq... mettons trois mille.

ÉLISE

Mais, mon cher Croche...

cnocHE.

Nous réglerons tout cela en bloc. Cinq cent mille d'une part, trois mille de l'autre.

-Mon pauvre Croche, il se pourrait fort bien que je me trouve dans l'impossibilité de vous payer les cinq cent mille et même les trois mille.

CROCIIE, riant

Ah! ah ! Elle est drôle... elle est drôle.

Pas tant que vous le croyez... .Maître Lansquenet sort d'ici.

:i'. I.'E.NFANÏ DU MIRACLE.

CROCHE, inquiet.

Le notaire?

ÉLISE

Mon notaire.

CROCHE

Eii bien?

ÉLISE

EIi bien, si je ne retrouve pas d'ici demain matin le testament par lequel mon mari me lègue sa fortune, je n'iiériterai pas un sou de lui.

CROCHE, très troublé.

Parce que?

Parce qu'il en existe un autre antérieur à mon mariage et qui me déshérite.

CROCHE

Et ce second testament, où est-il ?

ÉLISE

S'il est quelque part, il est ici.

CROCHE, affolé.

Il faut le chercher... cherchons-le!

ÉLISE

C'est ra.

CROCHE

Et moi qui suis si pressé... Enfin, l'affaire est suffisamment sjrave.

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