SCÈNE XIII CROCHii, KLisi^, BKirrut
CROC II i: .
l'h l)ienl niiiilamo, (\y\o. pensez-sous de ma pclile Irouvaillc?
lii'.iîTiii:.
C'est très fort.
ÉLISE
Ce n'est pas mon a\is. Vous m'avez mise dans une situalion absurde et ridicule.
CROC II i: .
Mande pardon, madame, je vous ai mise dans une situalion très distinguée, je dirai même historique.
IMait-il?
eu oc II i:.
Historique, je le répète. Demandez plutôt à Maître Lansquenet, qui me rafraîchissait la mémoire, il y a un instant.
BEKTHE.
Hacontez-nous ca !
54 LEXFANT DU MIRACLE.
CROCHE
Je serai bref. C'était, madame, le 13 février 1820... ça ne dtite pas (riiier. La France tout entière versait des larmes. Sous le poignard d"un fanatique exécralile, le duc de Berry venait de succomber.
ÉLISE, à Berthe.
Ah rà... aurait-il perdu la tête?
eu oc ni:.
Avec lui disparaissait l'iiéritier présomptif et unique du trône des Bourbon : la branche aînée était rasée. Mais quelques jours plus tard, le bruit se répandait par les villes et par les campagnes que madame la duchesse de Berry était enceinte — mande pardon, c'est de l'histoire. — La France respira, et sept mois plus tard, exultante de joie et à juste titre, elle acclamait la naissance d'Henri-Cliarles-Ferdinand- Marie-Dieudonné d'Artois, duc de Bordeaux, comte de Chambord. Vive l'enfant du Miracle! criait-on. Vive l'enfant du Miracle!
u E RT II \: .
Bravo! Vive l'enfant du Miracle!
CROCHE
Avez-\ous saisi l'apologue?
ÉLISE
Mon cher monsieur Croche, votre petite anecdote historique est très savoureuse, mais elle ne s'applique nullement à ma situation. Madame la duchesse de Berry était... ce qu'il fallait... moi, je ne la suis pas, voilà la différence.
CROCHE
Ah! vous ne...