SCÈNE PREMIÈRE
lîKUTHK, CROCHE.
.Au lever ihi rideau, Bcrllie est assise à gauche. Toilette de promenade. Gantée •1 une oinbielli^ ;i la main, elle feuillette des brochures.
flROClIK. onlrint ili- ilroile; il tient a la main un dossier.
Madame iMoulurey n'est pas avec vous madame ?
Non, elle s'habille. Nous sortons ensemble pour aller taire un tour au Bois. Vous aviez à lui parler?
64 L'ENFANT DIT MIKACLE.
CROCHE
Oh ! rien d'urgent. Un mot d'explication à propos d'une pièce de dépense.
BERTHE
Savez- VOUS que c'est très, très gentil, la façon dont vous vous êtes mis à la disposition d'Klise?
CROCHE
Oh 1 mon Dieu... madame .Mouhirey a bien aouUi revenir sur un petit mouvement de mau\aise liumeur et m'a demandé de mettre un peu d'ordre dans toutes ses paperasses... il était tout naturel...
Mais non, mais non! Matin et soir, vous êtes ici, classant les dossiers, triant les pièces de cette malheureuse succession Moulurey... Ah 1 vous ne marchandez ni votre temps, ni votre dévouement.
CROCHE
Et ce sera ainsi, madame, jusqu'au... (consuiiant un calendrier.) Voyons, nous sommes aujourd'hui le l-o... jusqu'au 27 de ce mois.
BERTHE, riant.
Alors, vous êtes un ami dévoué, pendant douze jours encore ?
eue en K.
Exactement. Le 27 mai, je tire une brusque révérence, à moins que...
BERTHE
A moins que ?...
ACTK DEUXIÈME. «J5
(!IU)r.lllC, sans lY'poinlrc <liierlonn.'iil.
Vous avi^z toujours l;i notion bien exacte, chère madame, do la situation dans la(iuell(! nous nous trouvons? Vous devez à madame Moulurey les vingt-cinq mille francs qu'elle a avances, l'autre jour, au prince Démétrius et qui deviennent exigibles, si elle n'hoM-ite pas.
Oui,
race m;.
Moi, mon compte est bien simple, j-lilc me doit ciu(| cent mille francs qu'elle ne me paiera jamais, si elle n'hérite pas.
Il faul donc ([u'clle lirrile.
i!i: RTii P..
Absolument.
CROCHK.
Bon !... Pour ce lairo. il nous manque...
i!i;r.TiiE.
Je sais
t; ROC II F,,
Fort bien. Or, nous avons perdu Moulurey le 27 avril. A partir de cette date, la loi nous accorde un délai de trois cents jours, pour assurer un héritier... Maitrc Lansquenet du-it.
CERTHE.
Je me souviens.
CROCHE
Trois cents jours... madame, rédéchissez un instant. Ce délai est libéral ; il embrasse une période de dix mois... Vous me suivez bien ?
BKRTHE.
Je VOUS suis.
CnOCHE.
Dix mois! (.Avec intention.) ^'euf et un... dix ! N'ous avions donc à partir du 27 aATil.un mois devant nous. pour... délibérer. Nous sommes aujourd'hui le lo... Cette période, que je [qualifierai de préliminaire et (]c flottante, prendra fin dans douze jours.
BKRTIIE.
Alors?
cnociiE.
Alors, dans douze jours, je prends mon chapeau, à moins que, d'ici là, M. Georges Durieux...
BERTHE
Croche !
CROCHE
...n'ait été des nôtres, puisque madame Moulurey, dans son exclusivisme, n'admet pas qu'un autre que lui...
BERTHE
Croche !
CROCHE
Oui... Enfin, il n'y avait qu'à s'incliner... et à essayer de retrouver le globe-trotter.
BERTHE
Où peut-il être ?
CROCHE
Avec l'assentiment de madame Moulurey, j'ai tout fait pour !(' sa\oii'. Je me suis adressé à la nieilleui'e agence de
ACTK llKrXIKMi;. 07
rccherclies ûc. l'aiis. Kllc est diri^'Oi; \)dv un policier cspasnol...
BERTIIIi.