SCÈNE VI
Les Mêmes, HEBNAiM.
HEK.N AM, entrant.
Monsieur! (n s'incUne devant Berthc.) Madame, je vous présente mes hommages.
CROCHE
Bonjour, monsieur Hernani. Madame sait qui vous êtes et vous pouvez parler devant elle, c'est une amie sûre.
HERNANI
Fort bien.
Mes compliments, monsieur. Pour un étranger, vous parlez vraiment notre langue avec une pureté d'accent...
ACTIC DKUXIÈME. 75
Il IC U N A N I , modcslomciil .
J'habile Paris depuis l'âge de six mois, madame.
BKUTHE, souiianl.
Alors, je conçois.
(;roi;he.
Eh bien... vous connaissez la nouvelle?
HERNANI
Non! Il y a donc une nouvelle?
CROCHE
Nous savons où est M. Durieux.
HERNANI, très étonné.
Ah bah! (a cimii'.) Vous auriez bien pu m envoyer un petit mot. Vous savez combien je m'intéresse à cette affaire...
BERTHE
Nous venons d'apprendre, il y a un instant, qu'il était ce matin, à Liverpool.
Ah! que c'est curieux!... A Liverpool!... Je n'aurais jamais été le chercher là!... Pourquoi Liverpool?... pluttJt que Berlin ou Rome? On ne sait pas... J'adore les recherches de ce genre, parce qu'elles sont pleines d'imprévu... Enlin, il est à Liverpool.
BERTHE
Non... il y était..
Il en est parti?... Ahl le farceur!
CROUIIK.
Oui... il nous a l'ait la farce de filer en Amérique.
En Amérique... pendant que vous le désirez éperdument à Paris!... C'est ù mourir de rire!
CROCHE, agacé.
Je ne trouve pas, monsieur. Je suis ruiné si M. Durieux n'est pas ici avant le 27 courant.
Alors, vous me paraissez destiné à la ruine.
BERTllE.
Mais sapristi, Croche... vous manquez d'initiative! Il doit y avoir un moyen de rejoindre un courrier parti depuis trois heures de l.iverpool pour New-York.
Je ne crois pas.
CROCHE
Vous avez raison, madame, raidissons-nous et cherchons.
Soit, cherchons. Mais je ne suis pas poui' les recherches précipitées. Ça m'étonnerait hien si c'était moi qui trouvais!
BERTHE, léflédiissant.
Il y a bien des armateurs, à Liverpool? Ne pourrait-on pas?...
Quoi donc?
actf: dki'xikmf. n
cnucii i:, vive iii .
J'ai compris... Nous ciilniiis en pourparlers lélégraphi- ([uemenl avec l'un d'eux, il inodilic la deslinalion de son plus rapide vapeur et il se lance à la poursuite du nôtre.
lit: UN A. M.
Sublime! Je vois d'ici cette course folle, à travers les vertes plaines do l'Atlantique.
(:roi:iii-.
Il s'agit de ne pas perdre un instant. Monsieur Hernani, je vous charge de mener à bien cette suprême tentative.
Il 1- It N A N I .
J'accepte. Au moins, là, on sait où l'on va. Avant ce soir, un navire tendra les flots à la poursuite de M. Durieux.
Br.RTHE.
Ce sera cher, par exemple.
CUOCll E.
Nous n'en sommes plus à cinquante mille francs près! jMonsieur Hernani. vous avez carte blanche: c'est moi qui paie.
Entendu !... Je vole au télégraphe, (saïuani.) Madame... (a Croche.) Tout de même, quel llair... je suis venu ici... j'ai trouvé ma piste!