SCÈNE XYIII
ÉLISE, CROCHE. GEORGES, puis MARGUERITE.
GEORGES, à Croche.
Mon cher Croche, je suis touché plus qu'on ne saurait le
dire.
Ne me remerciez pas. Quand j'aime les gens, je les aime bien.
ACTK DF.LXlIvMK. lOÔ
KM SE
EL iiiiiinlenant, Georges, j'ai une explication à \ou.s demander.
GEOIIGES.
A quel sujet. Élise?
ÉLISE
Au sujet de mademoiselle Nichette. (croche va pour soriir.) Non, restez. Croche.
GEORGES
Soit! Si vous le désirez formellement, parlons de mademoiselle Niche! (e.
MARGUERITE, entrant, le visage caclu'- par une éiiaisse voilette.
C'est cela, parlons-en... et devant elle, ce sera plus correct.
CROCHE
Allons, hon !
GEORGES
Vous ici ? C'est un peu violent !
ÉEISE.
C'est une honte! Comment avez-vous pu pénétrer jusqu'ici, mademoiselle?
MAROC EKIÏE.
Le plus simplement du inonde, madame. On m'a prise pour vous. Nous portons la me" me toiletîc. Et iniis. .
(Enlevant sa voilette.) je COnuais la lliaisOll. ELISE, la reconnaissant.
Marguerite?... (Avec éclat.) Ainsi, monsieur, vous étiez l'amant de ma lemme de chambre?... Pouah !
100 L'ENFANT DK MIRACLE.
01' ORGES
Je le reconnais lo3alcment.
CUOCHE, à part.
Zut!... zut!... zut!
ÉLISE
Et VOUS lui faisiez porter mes toilettes!... Elle les porte, d'ailleurs, assez mal...
MARGUERITE
Ah! pour ça, je demanile pardon à madame.
ÉLISE
La ceinture doit s'ajuster beaucoup plus haut et il faut s'arranger pour faire bouffer la gaze des manches. Et puis, la jupe doit tomber droit, sans cela, tout le chic de la toilette est perdu... Enfin, il ne s'agit pas de ça... (a Maigueiiie.) Vous veniez reprendre votre amant, ma fille?
MARGUERITE
Oui, madame.
ÉLISE
Ne craignez rien, je vous le laisse.
MARGUERITE
J'y compte bien!
CROCHE, à Margueiitf, Uenlrainant vers la porte t)e droite.
Vous êtes une fille intelligente, nous causerons... Entrez par ici.
GEORGES
Élise, ma chère Élise !