SCÈNE PREMIÈRE BAPTISTE, SUZANNE
Ail Icner Un riloaii Ba])listo ol Suzanne sont assoupis, l'un sur un rannij'. l'aulrp sur un fauteuil.
BAPTISTE, séveillant.
Tiens! je m'étais endormi, (Apercevant Suzanne enflomiio sur son
siège et allant à elle.) Mamz'clle Suznnne?...
SUZANNE, réveillée en sursaut.
lliin? Quoi? Qu'est-ce que cest? Qu'est-ce qu'il y a?
BAPTISTE
Il fait grand jour.
Pas possible ?
BAPTISTE
C'est comme je vous le dis... voyez plutôt.
Il ouvre les volets, s U Z A N N E .
C'est vrai... quelle heure est-il?
ACTK THOISIÈME. 121
1!.\ l'TISTi:, reganlaiil la pcn.liilo.
Mademoiselle Su/anne, il est sept heures quaranlc-riiiq du malin.
SUZANNE
C'est inouï !
liA l'TISTE.
Comme vous dites.
lîiontôl liuit hourcs et madame n'esl pas vontréc !
liAPTISTE.
Qu'est-ce qui a pu arriver?
Je ne sais pas. Madame a fait atteler hier .soir à neuf lieures, elle est montée en voilure avec M. Croche et ce vieux phénomène qu'on a installé dans la chambre à côté...
ISAPTISTE.
Ensuite elle a dit à Jules : « Aux Folies-Bergère ! » Ça, je m'en souviens très bien.
En partant, elle m'a bien recommandé de l'attendre — comme d'habitude quand elle sort le soir...
BAPTISTE
Quant à moi, elle m'a donné l'ordre de me tenir à la disposition de M. Lescalopier... (avoc (U-goni.) Drôle do nom! — à son retour...
Et depuis onze heures el demie du soir, nous attendons.
122 L' ENFANT DU .M i HA CLlv.
BAPTISTE
Savez-vous, mademoiselle Suzanne, que c'est très inquiétant?...
SUZANNE
Monsieur Baptiste... à huit heures, je cours chez madame Paradeux et la préviens de ce qui se passe.
nAPTisTr.
Moi, mademoiselle Suzanne, je demande audience au préfet de police.