‹ L'Enfant prodigue drame en trois actes, mêlé de chantChapitre 2 sur 47 · OREL, CLAIRE, «"• DURAND, GUSTAVE, GERVAIS · texte numérisé non relu

OREL, CLAIRE, «"• DURAND, GUSTAVE, GERVAIS

CLAIRE

Gustave , voulez-vous une tasse tic thé ?

GUSTAVE

Oui, Claire, je le veux bien...

MOREL, à Gênais qui ôte un couvert.

}ue fais-tu là ?

GERVAIS

’ôte le couvert de M. Justin... On a sonné le Miner comme à l’ordinaire, si M. Justin avait au château , il eût entendu la cloche...

MOREL, avec humeur.

'u desserviras tout à la fois.

eue idée ! vouioir qu’un couvert reste devant place vide...

MOREL , de même.

u’eflt-ce que ça te fait?., je le veux...

m"* durand.

i ça ! ne nous laisserez-vous pas déjeuner fuilles, Gervais? Vous voyez que votre timide l’humeur... Après tout, je le rémois, est bien fait pour ça!., une absence de e jours!..

CLAIRE

tura été à Nantes.

GUSTAVE

is pourquoi no pas prévenir qu’il doit rcs- Na rites , s’il est à Nanles?

GERVAIS

, oui ,il est à Nanles... il y va souvent

MOREL

Tais-toi !..

m"* dira nd.

Mon cher beau-frère, vous conviendrez, rependant , qu’une pareille absence cache un mystère , et quoique vous cherchiez à nous le dissimuler, vous êtes inquiet , et je le comprends !.. A Nantes, ville populeuse , il y a tant de gens sans aveu!., on y rencontre de belles daines, des jeunes fous...

Oui, par exemple, votre parent Beaulieu...

M"’ DUnAND.

Ah ! n’en dites pas de mal... c’est un garçon charmant... il n’a plus rien , c’est sou plus grand tort... mais il doit aller .à tout...

GERVAIS

. Fort, empressé , dit-on , auprès des tînmes c est lut qui , sans doute...

. AIOULI..

Silence!.. Claire, n’en croyez ricu.

Peut-on se flatter ainsi d’illusions !

MOREL, avec iinpaticftcc.

Ma chère belle-sœur... Eh bien! oui, pourfpioi vous le tairais-je ?.. Je m’alarme , parre que je connais a mon fils. .. à Justin... uri naturel impressionnable... facile à manier... parce qu’il se laisse aller au bien comme au mal...

m"* durand.

Je prévois que cet enfant-là vous causera bien «lu chagrin !.. Beau résultat de l'éducation que vous lui avez donnée !.. Vous l’avez fait élever

. uu . .. IM anamn, u y va souvent, a vous lui avez donnée !.. Vous l’avez fait élever »... et Dieu sait ce qu il y fait, a Nantes..' «®, dans un collège,.. Vous avez voulu eu faire un

L'ENFANT PRODIGUE, savwt. un élégant surirait... au point mémo à plaindre . vraiment! On en fait des million*

qu'il se trouve déplace au milieu de nous... il rougit presque de sa famille !

CLAIRE

Non, Mademoiselle, il n'en est rien.. .je vous assure que Justin est un et ce lient fils , un bon frire, un brave garçon...

M 1 " IrUHAM).

Voyons , pouiquoi ne fait-il pas de Gustave sa société habituelle ?

GUSTAVE

Ça, c'est vrai... mais je ne suis peut-être pas assez monsieur pour lui...

Morel , se levant de table.

Gustave, vous avez tort... c'est un mauvais sentiment.

M 1 " DUHARD.

J’en étais sire !.. encore une accusation contre ce pauvre Gustave...

MOHEL.

Non, non... mon affection est la même, croyez-le bien , pour mes deux enfaus... Mais j’ai long-temps tremblé pour la vie de Justin après la mort de sa mère... 11 tenait d'elle, une organisation délicate... Fruit d'un second mariage, le ciel me l'accorda, quand le fils de votre sœur, mon fils aîné , était déjà dans l'âge où la raison est un guide , et j'ai mis à protéger . l'enfance du nouveau venu tout ce qui me restait de forces , dans l'espoir qu'il serait à son tour le soutien de mes derniers pas...

«"■ DUHARD.

Joli soutien! Et comment répondit-il à votre amour?

CLAine.

Croyez .Monsieur, qu’il vous chérit, qu'il vous aime plus que tout au monde.

GUSTAVE

Oubliez-vous que je suis là , mon père ?

MOHEL.

Je ne doute pas de votre tendresse, mais vous êtes marié, vos intérêts vous obligent à vivre loin de moi...

GUSTAVE

Je n'ai d’autres plaisirs et d’autres distractions que de venir vous voir, mon père.

GEHVAIS , a paru Le bon apOtrc !

m"* durand.

J’en ai la preuve... Avant-hier, il est entré chez moi brusquement : « Allons , ma tante , m'a-t-il dit, partons; il y a long-temps que je n’ai vu mon père, venez!.. » Et nous nous sommes mis en route... Les six lieues étaieut bientôt faites!

MOHEL.

Je vous en remercie, Gustave... Mais vous vous devez à votre nouvelle famille... celle de votre femme... et Justin ne doit pas me quitter. Vous le savez, mon vœu le plus ardent est de le voir heureux... Je dois aussi le bonheur à la fille de mon meilleur ami... un brave militaire, mort sur le champ de bataille.

CLAIRE

Ah! monsieur, je m’efforcerai toujours de mériter vos boutés.

«"•dohand.

naires au berceau... Claire est riche, Justin est riche !.. comment voulez-vous que la tète ne tourne pas... Et le pauvre Gustave est forcé de travailler, lui ! de surveiller les ouvriers, de vivre dans des usines, dans des chantiers... U n’y a pas de justice !

MOREL

Pour Dieu! ma chère belle-sœur, si c’est pour nous faire entendre de pareilles choses que vous venez ici , vous auriez mieux fait...

«"• durand.

De rester chez moi. n’esl-ce pas? vous avez raison, et certainement, sans Gustave...

MOREL

Croyez-le bien, je suis juste dans toutes mes actions... Après avoir fait ma fortune dans le commerce , j’ai donné à Gustave , en le mariant, tous les biens que m'avait apportés sa mère , votre sœur, et même tous ccuv que je possédais de mon chef à l’époque de mon second mariage... La grande fortune de la mère de Justin me permettait d’agir de la sorte... Et moi, en réglant ainsi tnutesles affaires d'intérêt... qu'il faut compter pour beaucoup dans la vie... j'aimais à penser qu’il n’y aurait plus désormais entre mon fils aîné , vous sa tante et moi , que les liens naturels de l'affection... il ne me manque donc plus, pour assurer la paix à ma vieillesse, que de marier Justin , et ce mariage se fera.

(En valet est venu parler à Gémis.)

GEHVAIS.

Monsieur, je vous annonce que votre notaire vous attend dans votre cabinet.

*"• durand.

Le notaire !

MOBIL.

Je vais le rejoindre... (a Claire.) Claire, ma fille, j’aarai plus tard à te parier.

CLAIRS

Air -Que le ciel vous conduite, (cocorico.)

Vous servir et vous plaire ,

C'est tout ce que je veux;

Ici, ma seule affaire,

Est de vous rendre heureux.

ENSEMBLE

• MOREL

Me servir et me plaire ,

•C’est tout ce que tu veux;

Chez moi , ta seule affaire ,

Est de me rendre heureux.

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