‹ L'Enfant prodigue drame en trois actes, mêlé de chantChapitre 22 sur 47 · EUGÈNE , M 1 " DURAND · texte numérisé non relu

EUGÈNE , M 1 " DURAND

EUGÈNE

Chère cousine , comment! si matin?..

m"' durand.

Si matin ! voilà trois heures que je chemine dans Paris... en Sacre, à l'heure! c'est une ruine!.. Eugène, ne plaidez jamais contre l'état... depuis quatre ans mon procès dure !.. il s'agit de quelques pieds de terrain, je puis dire qu'ils m’ont mené loin!., encore si l'on trouvait son inonde ! mais le président était sorti... et les conseillers...

EUGÈNE

N'étaient pas rentrés, peut-être ?..

Rien ne m'étonne dans ce gouffre ! et dire que j'y vis depuis deux mois... toujours l'argent à la main... c'est criant!

EUGÈNE

II eu coûte toujours cher pour avoir raison... mais puis-je connaître le motif de cette visite... imprévue?..

Ne craigne* rien , je ne viens pas vous parler de vou e manière de vivre... mais vous voyez le grand monde... d'après ce que vous dites...

EUGÈNE

Notes recevons des pairs de France , des députés, des ambassadeurs , des savaiis...

M lu DURAND.

A merveille... eh bien, connaîtriez-vous, dans le nombre de vos ambassadeurs , l'envoyé de la république argeutine ?

EUGÈNE

Beaucoup!., il vient ici tous les jours... et qu'en voulez-vous faire ?

Il"* DURAND.

Il peut me faire gagner mon procès.

Vous plaidez aussi contre la république argentine?

EUGÈNE

J'entends... toutes les maîtresses ont on petit cousin.

m"' durand.

On m'a bien assuré que celle-là en avait plusieurs... et vous comprenez de quelle importance il est pour moi d'avoir l’oreille de mon rapporteur...

EUGÈNE

L’oreille?

m"’ durand.

Mon procès serait gagné... contre l’étal !

EUGÈNE

Bon! je vous promets deux oreilles, s’il le faut; mais, quant à présent...

«"• durand.

Écoutcz-moi... je suistrès pressée d’en finir... je veux le voir... je veux lui parler de mon affaire...

EUGÈNE , à part.

La vieille folle! comment m’en débarrasser?

(Haut) Je le conduirai chez vous...

m"’ durand.

C'est inutile... puisqu'il vient ici tous les jours... j’y viendrai...

EUGÈNE , a part.

C'est ce qu'il faut éviter... (Haut) Mais, ma chère cousine, vous voulez que je serve vos intérêts... et cependant.. (A part) Bon! une querelle d'Allemand! (Haut.) Vous ne nous ménagez pas, dit-on, dans votre correspondance avec Nantes...

m"* durand.

Moi, je n’écrit qu'à mon neveu Gustave, et à quelques amis...

EUGÈNE

Et ce sont eux justement qui répandent des bruits odieux sur nous...

Quoi ! quels bruits! je n’ai rien écrit... je suis incapable de dire du mal de personne... surtout de vous, ni de Justin, quand vous pouvez me faire gagner mon procès ! ce n'est pas moi qui ai dit que cette baronne de Saint-André n’élail qu'une intrigante, vivant aux dépens de Justin... et qu'il était la dupe de tous les esrrocs de Paris... et qu'on l'appelait : M. le comte Morel. Ce n'est pas moi qui ai dit que le jeu , les létes, les courses- avaient absorbé sa fortune... non, non... je n’ai rien dit, rien écrit de tout ce qu’on raconte sur sa vie et sur la vûlre... vous êtes l’un et l'autre de ma famille!., vous voyez des ambassadeurs , des magistrats, et j’ai un procès !

Ail : Comme il m'aimait.

Ce n'est pas moi, (bis.)

Qu’on peut traiter de médisante;

Ce n’est pas moi, (ms.)

Qui. de parler, fait son emploi...

Je suis discrète , je m’en vante,

Qu’on dise vrai , que l’on Invente,

Ce n’est pas moi. (bis.)

Laisscz-moi donc parler... rot envoyé esl parent du coiLsin de la maîtresse de mon rapporteur...

rugèiîe.

Tout ce que vous n'avez pas dit, cousine, m'ef* ^ fraie pour ce que vous avez pu dire,..

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