ACTE III, SCÈNE IX
cfcement servie ! des femmes brillâmes ! des •& gardée sous le toit paternel... à la table... au
amis ! des flatteurs! des parfums ! de la joie ! des nuits douces et de beaux jours!... la vie , J enfin!... Non! pas la vie... le rêve!... Je me suis réveillé, moi !... Toula fui , tout a disparu, tout !... Mais je suis jeune !... mais j'ai pour guide aujourd'hui l'expérience... Pourquoi me Béparer de la foule?... Pourquoi fuir? Pourquoi hésiter à faire ce ou’ils font tous,sans scrupule, la tête haute, la bouche riante?... Est-ce ici ma place, sous ces lambeaux ? Une résolution forte ! de l'audace ! et je verrai renaître CCI illusions... et j'enchaînerai sous ma volonté ce monde que je méprise... Ah! ils m'ont chassé!..
Ils ne savent donc pas ce qu'il y a de puissance et de haine dans un cœur qui souffre !.. Non ! plus de pitié pour ceux qui furent sans pitié !...
Le vice! on le cache ! Le crime !... on le combine avec art! Les hommes ne comprennent et ne jugent que par ce qu'ils voient.. Ce sont eux qui le veulent! Ils ordonnent!... J'obéis!... qu’ils tremblent!... Leur comte Justin de Morel saura payer sa dette !...
( Au milieu du théâtre, la télé haute, le regard plein d’audace, il semble défier le sort. En ce moment, la voix de M“* Tbiéry se fait entendre... D’abord, il y est insensible... puis il écoute... puis cette force factice l'abandonne . ses bras tombent, son front se courbe. Jl devient pensif... il se trouble. Il s'effraie... Accablé, il se cache le visage entre ses malus en sanglottant, et quand le chant cesse, Il relève la tête. M“ c Tbiéry paraît sur la galerie , où elle va prendre du linge , et c’est là qu’elle commence à chanter ; le reste se dit dans la coulisse.
U inc TU1ÉJIY, chantant.
Enfin je suis résolu D’étre mon maître absolu.
Donnez-moi vile, mon père.
Ce qui revient de ma part.
Vous aurez toujours mon frère.
Consentez à mou départ.
JUSTIN
Qu’entends - je!.... Quel souvenir!.... Mon Dieu!... mon Dieu!...
Mme TIIIKRV, d« n«uc.
Pourquoi veux-tu , mon enfant,
Faire ce que Dieu défend?
Veux-tu désoler mou âme,
Nos pareils et nos amis,
Je serais digne de blâtne Si je te l'avais permis.
(Lc« dernier» «ri »*- perdent deu» l'iloigiitniroU,
JUSTIN
Malheureux ! cette histoire dont on berça mon enfance, elle est devenue la mienne... I.a leçon du passe ne profite donc jamais !... Et moi aussi, j'ai été sourd & la rois de mon père!... Moi aussi .j’ai méconnu ses conseils , j’ai trahi scs espérances... j'ai résisté à ses prières... j’ai repoussé ses caresses!... L’amour d’une innocente jeune fille... le respcrl des serviteurs... j’ai tout méprisé!.. Impitovabie, je me suis arrarhé de leurs bras ouverts pour me retenir... C'est ma faute , c'est ma faute !... si je suis nu, tans asile , sans pain... Si je n'ai plus de place .
foyer;... sU 11 est plus de cœur qui inespéré , plus de regards qui me suivent , si je n’ai plus de famille , c’est ma faute ! c’est ma faute !... Mon père! mon père !... serez-vous insensible à mon repentir? N’est-il personne prés de vous qui , bien bas , vous dise encore mon nom?... Mon père , l'orage qui courba ma tète n’a pas frappé la vôtre?... Non! non!... Ab! qui me parlera de mon itère ?... Je veux le voir... je veux me jeter à ses pieds... Le malheureux fut toujours bien reçu à la porte de la maison qu’il habite... J'irai... oui , j’irai... et je dirai ; un pauvre vous tend la main : la charité , s’il vous plaît , mon père , la charité !