SCÈNE X
CLAIRE . JUSTIN, M"- DLRAND , GUSTAVE, pui» MOHEL et GEKVAIS.
cucei'R a'eDtrée.
Ici que \a-t-il noi Ire,
Il nous nouait et |) ^..^.i
Oui . Je uc saurais m'en défendre , \! i'kMdgréaioi.
MOREL, entrant.
Bien! YOt» voilà reunis... c. >i ru .::... :• circonstance pour moi... c'est une des époqves les plussoleiiuellesdLMua vi«v ii l'^MOtiOQqM j'éprouve esl vive et douce.
Mon D'en! île qtioi s'a^, t-il donc, non cber beau- frère
MOREL
Vous allez rapprendre... Justin, lu as accompli ta vingl-unièine année... la loi te soustrait à mon autorité... tu es maître de tes actions et de ta iortnne... Le moment est venu où je dois te rendre compte des biens que t'a laissés ta mère... 8i tu l'exiges cependant... Ce compte vient d'être véritié par notre notaire... Tes richesses se sont accrues entre mes mains, mon lils... les titres de tes domaines... les voici... (il montre les palmiers que Gcrvais à placer sm* la table.) Et dans ce porte Icuille 100 mille francs sont destinés aux Irais de ton mariage...
m"'" DURAND.
Ah ! ah ! c'est une those décidée !
MOREL
C'est une belle fortune que la tienne... j'ai mis à la fonder les soins d'un père tendre et le zèle d'un tuteur honnête homme.
JUSTIN , combattant son émotion.
Je vous remercie, mon père...
GERVAis, à part.
Ça va bien... ça va bien...
MOREL
J'ai fait mon devoir, c'est à toi de faire le tien... (A Claire.) Maintenant , ma chère enfant, je viens vous demander solennellement votre main pour mon fils... je suis siu' de votre réponse... ne baissez pas ainsi les yeux... on dresse votre contrat... (En les examinant.) Eh J)ienî un peu d'embarras de part et d'autre... je vous ai causé de la surprise , peut-être ai-je eu tort!., nous allons vous laisser seuls... un moment... pour vous remettre... Ma belle-sœur , j'ai voulu profiter de votre présence pour accomplir le vœu le plus cher... venez, je vais vous lire le contrat... Gustave, suivez-moi. m"* durAjVD, à Justin.
Eh l)ien ! est-ce ainsi que tu exprimes ton bonheur ?
GERVAIS, à part.
Elle crève de jalousie , la vieille !..
(Ils sortent.)
c®f!> savez pas ce qu'il y a de trouble dans mon âme • vous ne pouvez pas comprendre quelle agitation la dévore!., c'est une soif ardente qu'il faut apaiscr... c'est la liberté qu'il me faut...
CLAIRE
Ah ! mon Dieu ! que me dites-vous là ? la liberté!.. Justin, l'honneur et le savoir-vivre en ont pour nous tracé le cercle. Le monde ! c'est la famille.
JUSTIN
Non, non, je ne dois pas borner ici ma jeunesse qui commence... les passions agrandissent
la vie !
CLAIRE
Pourquoi ces paroles terribles?
JUSTIN
Ce séjour ne me sulfit plus... il faut que je le quitte...
CLAIRE , jetant un cri.
Abandonner votre père!., non! Justin! Au nom du ciel... écoutez-moi... si c'est notre mariage que vous voulez éviter... j'y renonce... ah ! ne parlez pas... je me suis fait une douce habitude de vous aimer... mais je ne vois plus en vous qu'un frère... Ce n'est pas pour moi que je vous implore!., ne portez pas à votre père un coup si funeste!., je ne me plaindrai jamais... je fuirai votre présence s'il le faut... mais vous serez là du moins pour prolonger sa vie.
Am ; Je i^osc la nommer. (Ulrat.)
Elevés ici tous les deux ,
Sous les regards d'un père ,
Jamais le sort contraire
Ne vint troubler nos jeux...
Nous n'eûmes , dès l'enfance ,
Qu'une même espérance,
Et nous étions heureux.
A votre bonheur , je le voi ,
Je puis être un obstacle !
L'amour peut un miracle,
Je vous rends votre foi...
Ecoutez ma prière,
Songez à votre père,
Ne songez plus à moi.