SCÈNE V
EUGÈNE, JLSTIN , en robe de cbanbrt.
JISTIN , ii\z rantonnade.
Obéissez , ou je vous chasse...
Eh bien! contre qui cries-tu de la sorte?..
jrsTn.
Contredesxa! ^... on n'apat poi '
au vicomte de ^ imitation...
Ki'iiK.'^JK, à part. Noossonuncs de mauvaise humeur , ne parlon>
pas de U cooiiiie Dvaod.- (Hâot) Aflow, cai- Me^i, le ricoBle D*eit pat lofcepiible... ert-oo parti?..
JCfTI5.
Oui , mais trop tard... (U soue; ua âommtïgfÊt entre.) Do (en!..
(Le doaotiqoe vrt et reparait apportaot tar an pla*
teau d'argent . tout ce qu'il Caoi po«r lamer.)
Tu ii*ef pat babi iras-tu?..
it;sii.\, luaaiii.
Noi . je fldi ftdgiié...
• iit.i
Ah! TOilà la fie de lan-.... les plaUrs •>■chaînent sans larmes... que ferot mwM demain?
JC8TI?f.
Cequcnoosbiflow aujourdliui... ceqaeMW avuiw fait hier... tais-ti bieaqae le boolMVpeil causeï de leiuiai?..
Est-ce que ta rcgretleraif la profnce, parha-
sard?
Peut-être... 'Kv > troafaîl ueje»e
lille...
LlUh.NE.
Vraiment, on a bien raison de dire qae l'homme ■*e8i ' transporter on j
auprès de Monsieur ton père...
JisTI.N , larr^UoL
Eugène, pas un mot à cet é<;anl..
El<
Je voudrais voir la , ^-:..: ..c in
ferais aujourd'hui, ia-bas, toi le type de la vie élégante. l'bomBK indwpenwilite d * les fêles de Paris...
JiSTl.x, avec aoMrtuae.
Oui, voilà ce que vous avei fait de moi...
EltiÈ.XE.
Dis donc, < 'it toi-aéae... tn
a?ais les plus > us ponr bkt an
bonne à la mode!., depuis deu\ ans, ta brilles par le la\e; la <^' ■•' ' 't'splusaimalilesfMriens, des fous les pi uds , se prédpite sar tes
pas... on l'imite ; lu Uis la BMMie... qui oe caanalt pas le Jenoc coaae Jnstin de Morvl !.. Jl'STI.\ , a^ec Ironk.
Oui... oui... le comte Justin de Mord! beaa titre!..
Il } a tant de gens qni fcadmlent nnaroir le porter ! mon ami, l'bomme qui oser est
t<> ' is noble des boniuit^... tn serais
du lis îonhi... qa*est-ce qn'aa dire,
ail ms Pargent qui le hit filoir! Ptar-
gi ;.. tout, met tout en relief... qnand
on a comme toi . une loge à l'Opéra . d«^ che-
>;iiiri... une t
uu-> |H>ur tout uii.iiK ■ .
i»slre f|u'on>eut «Ure...
I et \oits suit... d pleut des aini^^ de fous !<>> rangs, de touà les ciracteres... >o>oils. n".c*-tu r
toi Télite de la sociolé européenne... on te cour-»^ lise , on xenl assister à tes fêles , on te recherche, on te vante... on le nomme quand tu passes!., il n'y a pas de i>loire qui puisse éclipser la tienne... mon ami, lu règnes, cl sans charte, encore!..
jrsTi\.
Mais non pas sans ministres...
EUGÈNE
Ah! pour la forme.
JUSTIN
Et pour le fond... tout cela ne satisfait pas mon ambition.
EUGÈNE
C'est que lu es insatiable !
JISTIN.
Je veux le repos... le bruit étourdit.
EUGÈNE
C'est de l'ivresse!.. Mais le bruit cesse quand on veut... d'ailleurs, ainsi que tu le projettes, il faudra régulariser celte existence par trop agitée , et prendre vis-à-vis du monde un certain aplomb, un vernis de moralité... ça devient de jour en jour plus à la mode... c'est le désir de Lucie...
JUSTIN
Je ne songe pas à me maiier encore.
EUGÈNE
Est-ce que ton amour pour la belle baronne serait déjà moins vif? sois franc.
JUSTIN
Je ne dis pas cela.
EUGÈNE
Moi , dans ton intérêt , je voudrais le savoir.
JUSTIN
Dans mon intérêt ? explique-toi. *
EUGÈNE
Nous sommes trop liés pour que rien nous brouille.... Je te suis trop dévoué pour te cacher quelque chose... N'as-tu pas observé que le petit vicomte de Senlis est fort attentif auprès de Lucie , et qu'elle paraît même charmée de ses soins...
Que m'importe !
EUGÈNE
C'est qu'il s'est vanté de te l'enlever...
JUSTIN
Le fat ! c'est de la présomption !
EUGÈNE
Ah ! mon cher, il est toujours sage d'être sur ses gardes... et toute femme se laisse enlin toucher par des soins assidus et par de belles parures...
JUSTIN
N'ai-je pas comblé Lucie de mes présens? chaque soir n'a-tellc pas des preuves de mon amour?..
EUGÈNE
Les femmes oublient si vite et désirent si fortement... quelque légère que soit une jolie femme , elle songe à son avenir, et si le Vicomte voulait l'épouser...
JUSTIN
Je le laisserais faire iwr inlércl pour elle... et peut-être par vengeance contre lui.
EUGÈNE
Bien!
JUSTIN , d'un air dégage.
Mon cher Eugène, je profite des bons exemples... et j'en ai beaucoup sous mes yeux. J'ai appris comment on prend une femme et comment on la quille... Lucie m'a fait beaucoup d'honneur, soit! le Vicomte peut vouloir me la ravir, libre à lui; mais se marier!., c'est la dernière folie que doive faire un homme à la mode. Parlons d'autre chose...
EUGÈNE
Oui, il se fait tard... il faut songer à notre toilette... Allons, viens! Heureux inorlel! que te manque-t-il? des maîtresses, des amis et des plaisirs !
UN DOMESTIQUE , portant des lettres sur un plateau d'argent.
Les lettres de M. le Comte.
JUSTIN, ouvrant ses lettres.
La duchesse de Céran, patronesse du bal de la liste civile... elle m'envoie dix billets.
EUGÈNE
Que ça?
JUSTIN
N'est ce pas assez pour une personne? Souscription pour les réfugiés.
EUGÈNE
Encore !
JUSTIN
Si ceux-là ne font pas leurs affaires!.. Une invitation de lady Williams.
EUGÈNE
Jolie femme !
Oh ! jolie!.. (Il lit une lettre, puis il sonne; le domestique paraît. ) Qu'on fasse venir mon intendant !
EUGÈNE
De qui ce billet? tu semblés contrarié ?
JUSTIN
Oui... tiens, lis!
EUGÈNE , lisant.
« Mon cher Comte , je ne manquerai pas de «me rendre à votre invitation... je viens de per- »dre un pari au b(îis de Boulogne, n'allez pas «me gagner, dans une revanche , les deux cents » louis que vous me devez , je ne vous le pardon- «neraispas. Mille bonjours. Vicomte de Senlis.» JUSTIN, en colère.
N'avoir pas prévu celte réclamation !