CL.\IRE, du I
Après qui donc en avez-V(
JUSTIN
C'est elle... ah ! mon Die
M"* THIÉF
C'est un pauvre diable à ( passer la nuit à la ferme , partir...
CLAIRE , en descend;
CLAIRE
Ciel! Jiisiin!..
JUSTIN, courbant la tclc.
Oui, Justin...
CLAIRE
Ce n'est pas une erreur! vous!
JUSTIN
Accablé de misère et de repentir... mais mon père! parlez-moi de lui... il vit... oui! mon Dieu! je te remercie...
CLAIRE
Il est ici...
JUSTIN
Ici ! ah ! le ciel n'a pas été soui*d à mes prières!.. Pour m'attacher à la vie, il me fallait revoir mon père... il me fallait les souvenirs de mon enfance... il me fallait le pardon ! je viens rimploror de tous ceux que j'ai oJfensés... ne me repoussez pas ! si vous saviez combien j'ai souffert... mes torts sont expiés !.. si vous saviez ce qu'ils ont fait de moi , ces amis perfides ! après m'avoir arraché de la maison paternelle, après m'avoir dévoré mes richesses,., ils m'ont trahi lâchement , ils ont détourné la tête à mon aspect! ils m'ont refusé le pain de la pitié la plus vulgaire!., humilié... dépossédé... la rougeur sur le front, j'ai dû fuir...
Aie: Un jeune Grec.
.Triste jouet des hommes et du sort, Loin de Paris, j'ai caclié ma misère.
Au Dieu clément, je demandais la mort, Et son courroux m'attacliait à la terre... L'erreur toujours enfante le malheur!
Sans avenir... regrettant mon enfance...
Pas de repos, pas de bonheur...
Rien ne peut soulager le cœur,
Sans la paix de la conscience...
L'espoir naît de la conscience!
CLAIRE
Et vous n'êtes point accouru? et vous avez douté de notre tendresse?..
JUSTIN
Mou cœur avait perdu la plus douce espérance... et puis la honte ! la honte... que vous dirai-je?., j'ai appelé à mon aide ma jeunesse... mon coiu'age... ma fierté... j'ai voulu braver l'adversité, soutenir la misère... j'ai quitté ma patrie... j'ai voulu tromper mes regrets... endormir mes remords... mais la douleur a trahi mon espoir... je n'ai pu vivre et je n'ai pu moulir... alors, j'ai tourné les yeux de ce côté... j'ai tendu les bras vers mon père... et me voici !..
CLAIRE
Pauvre Justin!..
JUSTIN
Ain du fil de la Vierge.
Et vous que faisiez-vous pendant ma longue ab-
(sence ?
CLAIRE
Moi, j'altcndîiis, Le ciel aux allligés laisse cncor l'espérance, Et j'espérais.
JUSTIN
Vers mon père oflensé, je veux courir... je n'ose.
CLAIRE
Pourquoi trembler?
Chaque jour h son cœur, j'ai plaidé votre cause, Sans lui parler.
JUSTIN
Après des jours heureux , j'ai vu gronder l'orage.
CLAIRE
Cédons au sort.
JUSTIN
J'ai lutté vainement au milieu du naufrage!
CLAIRE
Voici le port.
JUSTIN
Partout, de ma douleur, j'ai dévoré la flamme !
CLAIRE
Dieu vous entend î Enfin, le repentir est entré dans votre âme?
JUSTIN
En vous voyant !
Ne m'abandonnez pas, Claire... ouvrez-moi le cœur et les bras de mon père...
CLAIRE, l'entraînant.
Venez, venez...
Dans cet état, puis-je paraître devant lui sans rougir?..
CLAIRE
Oui , oui... vous avez raison... il faut le préparer... une émotion brusque lui serait funeste... attendez-moi... espérez... comptez sur votre amie... comptez sur votre sœur... (AM'^'Thiéry, qui entre.) Ayez les plus grands égards pour ce jeune homme , il ne part plus...
(Elle sort vivement.)
®3S»30000®93933S3S0©®SSS03®©93a£-3S0339®©9®®®9®©®Q®9©9©®