‹ L'Enfer (volume 2)Chapitre 12 sur 40 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Ils franchissaient alors le ténébreux passage; Mais à peine ils s'étaient éloignés du rivage, Qu'une foule nouvelle attendait sur le bord.

<( 0 mon fils , c'est ici , » me dit mon noble maître, « Que viennent, quel que soit le lieu qui les vit naître, Tous les coupables morts dans le courroux do Dieu.

Ils se bâtent d'aller par ce fleuve au supplice, Pressés par l'éperon de la grande Justice Qui change leur tci'reui' en un désir de feu.

Jamais àme innocente en ces lieux ne s'embarque ; Voilà pourquoi Caron te chassait de sa barque : Tu comprends maintenant d'où venait sa fureur. »

Comme il disait ces mots, la lugubre vallée D'un formidable choc est soudain ébranlée. Souvenir qui me baigne encore de sueur!

Sur la terre des pleurs, déchaînant sa colère. S'élève un vent terrible et que la foudie édaiie. Et devant tant d'horreurs forcé de succomber,

Couiuie pris de sommeil, je me laissai tomber.

Page 1