‹ L'Enfer (volume 2)Chapitre 26 sur 40 · CANTO · texte numérisé non relu

CANTO

l']t (l'un surcroîl de pour mon finie fut frappée; J'iiilei'prétais à mal sa phrase entrecoupée l"]t peut-être en tirais un augure ti'op noir.

— «Jamais,» lui demandai-je, «en cette ti'iste coikiih' A-t-oii vu pénétrer, maître, un esprit queiconciue Condamné seulement à languir sans espoir?»

>i!'gile répondit : «11 n'est pas ordinaire

nu'un des esprits du cercle où je vis puisse faire

Ce long et dur chemin que pour toi j'entrepris.

Il est viai que déjà dans ces lieux de misère J'entrai par l'art maudit d'Erycto, la mégère Qui savait dans leurs corps rappeler les esprits.

Je venais de quitter ma dépouille mortelle. Lorsque je dus passer par cette citadelle Pour tirer un esprit du cercle de Judas.

Ce cercle est le plus bas et c'est le plus funeste

VA le plus éloigné de la sphère céleste.

Va, je sais le chemin ; ainsi, ne tremble pas!

Ce marais, d'où s'exhale une vapeur affreuse,

Ciiserre en ses contours la cité douloureuse

Où nous ne pouvons plus eulrei" ((u'eii luenaçaiil. o

Et altro disse, ma non 1' ho a mente; Perocchè 1' occhio m' avea tutto tratlo Ver r alta torre alla cima rovente,

Ove in un punto vidi dritte ratto Tre Furie infernal, di sangue tinte, Che membra femminiil aveano ed atto,

E con idre verdissime eran cinte :

Serpentelli e céraste avean per crine.

Onde le fiere tempie eran avvinte.

E quei, che ben conobbe le meschine Délia Regina deir eterno pianto, Guarda, mi disse, le feroci Erine.

Quest' è Megera dal sinistro canto :

Quella, che piange dal destro, è Aletto : Tesifone è nel mezzo; e tacque a tanto.

Con r unghie si fendea ciascuna il petto ; Batteansi a palme; e gridavan si alto, Ch' i' mi strinsi al Poeta per sospetto.

Venga Médusa, si '1 farem di smalto. Gridavan tutte, riguardando in giuso :

Mal non vengiammo in Teseo 1' assalto.

ciiAM' i\. 444

J)c co (ju'il iijoula j'ai perdu souvenance,

Car mes yeux m'entraînaient comme avec violence

\ ers la tour élevée au sommet rougissant ,

Où je vis se dresser, sanglantes et meurtries,

Trois larves de l'Enfer, les hideuses Furies.

Ces monstres de la femme avaient les traits et l'air;

Des liydres à leurs lianes se tordaient en ceinture; Des serpents, des aspics formaient leur chevelure Et tressaient leur couronne à ces fronts de l'Enfer.

Et lui qui reconnut les suivantes cruelles De la reine qui trône aux douleurs éternelles: «C'est la triple Erynnis, me dil-il, vois-ln bien?

Celle (jui s'est dressée à gauche, c'est Mégère, Celle (jui pleure à droite, Alecto; la dernière, Au milieu, Tisiphone. » Il n'ajouta plus rien.

Elles se déchiraient et le sein et la tète,

Et poussaient de tels cris que m(»i près du poi'te

Je courus me serrer, de terreur tout saisi.

«Viens,» du haut de la tour criaient-elles ensemble, «Mens le changer en pierre, ù Méduse! (|u'il Irenible! Trop doucement Thésée (1) autrefois fut puni.

142 CAÎSTO IX.

Volgiti 'ndietro, e tien lo viso cliiuso; Chè se 'I Gorgon si mostra, e tu '1 vedessi, Nulla sarcbbc del tornar mai suso.

Cosi disse '1 Maestro, cd egli stessi Mi volse, e non si tcnne aile mie mani, Che con le sue ancor non mi chiudessi.

0 voi, ch' avete gl' intelletti sani, Mirate la dottrina, che s' asconde Sotto '1 velame degli versi strani.

E già venia su per le torbid' onde

Un fracasso d' un suon pien di spavento,

Per oui tremavan amendue le sponde ;

Non altrimenti fatto, che d' un vento

Impetuoso per gli avversi ardori,

Che fier la selva, e senza alcun rattento

Li rami schianta, abbatte, e porta fuori, Dinanzi polveroso va superbo; E fa fuggir le fiere , e gli pastori.

Gli occhi mi sciolse , e disse : or drizza '1 nerbo Del viso su per quella schiuma antica Per indi, ove quel fummo è più acerbo.

«Tourne-toi, liens tes yeux fermés,» me dit le sage; « De (îorgone un instant si tu voyais l'image, Tu ne reverrais plus la lumière des cieux. »

Ainsi i)iirla mon maître, et lui même en arrière il me lit retourner et fermer ma |)aui)ière, \il de ses mains encore il me couvrit les yeux.

\ous dont l'esprit est sain, l'intelligenre ferme, Découvrez la leçon que le poète enferme Sous le voile brodé des vers mystérieux (2)!

l'T déjà j'entendais sur l'onde dégoûtante

In immense fracas, un bruit plein d'épouvante,

Kbranlant les deux bords du niarais nébuleux.

Ainsi souvent on voit, avec un bruit sauvage, Tandis que la chaleur irrite encor sa rage, Le vent dans la forêt déchaîner ses fureurs ;

11 casse les rameaux, les abat, les enlève. Il emporte avec lui le sable qu'il soulève, Et fait fuir éperdus loups, brebis et pasteurs.

Il découvrit mes yeux et me dit : « Oue ta vue Plonge à présent là-bas, où plus sombre est la nue, Sur ces Ilots du vieux lac écumanl el profond ! »

Conie le rane innanzi alla nimica Biscia per V acqua si dilcguan tiitte, Fin cil' alla terra ciascuna s' abbica ;

Yid' io più di mille anime distruite Fuggir cosi dinanzi ad un, ch' al passo Passava Stige con le plante asciiitte.

Dal volto rimovea quel!' aère grasso, Menando la sinistra innanzi spesso ; E soldi queir ongoscia parea lasso.

Ben m' accorsi, ch' e^ll era del Ciel Messo E Yolsimi al Maestro; e quel fe' segno Ch' io stessi cheto, ed inchinassi ad esso.

Ahi quanto mi parea pien di disdegno ! Giunse alla porta, e con una verghetta L' aperse, che non v' ebbe alcun ritegno.

0 cacciati del Ciel, gente dispetta, Cominciô egli in su 1' orribil soglia, Ond' esta oltracotanza in voi s' alletta?

Perché ricalcitrate a queila voglia, A cui non puote '1 fin mai esser mozzo, E che più volte v' ha cresciuta doglia?

Comme dans un étani;-, quand la coulciivrc chasse, (ireriouilles de s'enfuir en tous sens, puis en niasse Se plongent dans la vase et s'entassent au tond ;

J'aperçus des milliers de ces âmes perdues Qui devant un esprit s'enfuyaient éperdues. Sur le Styx à pied sec il s'était avancé.

H marchait; d'une main protégeant sa ligure, De l'autre il écartait cette vapeur impure : Seule importunité dont il parût lassé.

J'eus vite reconnu le messager céleste,

Et mon maître, vers qui je me tournais, d'un geste

M'invite à me courber sans prononcer un mot.

Ah! (|uel noble dédain son visage reflète! Il arrive à la porte; avec une baguette A peine il l'a touchée, ellu cède aussitôt.

« Race d'esprits abjects, chassés du Ciel sublime, »

S'écria-L-il au seuil de cet horrible abîme ,

« C'est une outrecuidance étrange dans vos cœurs!

Osez-vous regimber contre cette puissance Toujours sûre du but qu'elle a marqué d'avance , Et qui plus d'une fois augmenta vos douleurs?

Che giova nelle Fata dar di cozzoï Cerbero vostro, se ben vi ricorda, Ne porta ancor pelato il mento e '1 gozzo.

Poi si rivolse per la slrada lorda ,

E non fe' niotto a noi; ma fe' semblante

D' uomo, cul allra cura stringa e morda,

Che quella di celui, che gli è davante : E noi movemmo i piedi inver la Terra , Sicuri appresso le parole santé.

Dentro v' entrammo senza alcuna guerra : Ed io, ch' avea di riguardar disio La condizion, che tal Fortezza serra,

Come fui dentro , V occhio intorno invio , E veggio ad ogni man grande campagna, Piena di duolo, e di tormento rio.

Si come ad Arli, ove '1 Rodano stagna, Si come a Pola presso del Quarnaro, Che Italia chiude, e i suoi termini bagna,

Fanno i sepolcri tutto '1 loco varo; Cosi facevan quivi d' ogni parte, Salvo che '1 modo v' era più amaro ;

A quoi sert vous heurter au Destin invincible ?

Votre Cerbère osa cette lutte impossible :

11 s'y meurtrit la gueule et le cou; songez-y ! »

Kt par la voie immonde il retourne en silence , Sans nous dire un seul mot, avec cette apparence D'un li()inni(> tout en proie à son noble souci,

(jiii va sans remarquer personne sur sa route. l']t nous, à cette voix hors de peiiu' et de doute. Nous dirigeons nos pas vers la cité de nioi'l.

Nous entrâmes alors sans nulle résistance. Je brûlais de savoir quel genre de soulfrance Subissaient les damru's (lu'eniei'iiiait un tel tort.

Dans tous les sens ma vue avide se promène : De tous ccMés }e vois comme une immense plaine Couverte de douleurs et d'horribles tourments

Connue on voit dans Pola, cette ville d'Istrie Oue le Quarnaro baigne aux contins d'Italie, Ou dans Arle où le llhône a des Ilots plus dormants,

Les sépulcres épars faire saillir la terre,

Ainsi de toutes parts dans ce champ de misère;

Mais l'aspect en était plus atlreux, plus anu'r.

Ch(; Ira gli avelli fiamme erano sparte, Per le quali eran si del tutto accesi, Che ferro più non chiede verun' arte.

Tutti gli lor coperchi eran sospesi , E fuor n' uscivan si duri lamenti, Che ben parean di miseri, e d' offesi.

Ed io : Maestro, quai son quelle genti, Che seppeliite dentro da queir arche Si fan sentir coi sospiri dolenti?

Ed egli a me : qui son gli eresiarche Co' lor seguaci d' ogni setta, e niolto Più che non credi son le tombe carche.

Simile qui con simile è sepolto ; E i monimenti son più e men caldi :

E poi ch' alla man destra si fu volto,

Passammo tra i martiri, e gli alti spaldi.

Entre cIkhiuc sôpulcrc un tourbillon de flammes S'élevait, embi'asaiit ces lonibeaux remplis d'âmes; Dans la forge rougi moins brûlant est le fer.

Les couvercles levés de ces tombeaux coupables En laissaient échapper des accents lamentables: C'était bien là le cri d'infortunés martyrs.

Et moi je dis: «Quelle est, maître, je t'en sui)plie, Au fond de ces arceaux la race ensevelie Qui se fait deviner à ces dolents soupirs?»

11 répondit: «Ici sont les hérésiarques (3)

Avec leurs partisans, tous et de toutes marques.

Et le nombre est bien grand de ces infortunés !

Chaque tombe renferme ensemble mêmes âmes, Et doit brûler de plus ou moins ardfîntes flammes. » Il dit, et tous les deux, à droite étant tournés,

Marchions entre le mur et les pauvres damnés.

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