‹ L'enfer, s'il y en a un, ce que c'est, comment l'éviter [microforme]Chapitre 12 sur 20 · NÉS · texte numérisé non relu

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fait Coniavons Dieu ; C’est e sa rner lonté

ÉTERNEL 107 libre qui a détourné le pécüeur de son Drev ; et c’est par un acte de volonté libre que, moyennnant la grâce de ce Dieu trèsbon, il revient à lui, se repent, et, pauvre enfant prodigue, rentre pardonné dans la maison paternelle.

Mais, au moment de la mort, il en est de la liberté comme dela grâce : c’est fini, fini pour toujours. Tl ne s’agit plus alors de choisir, mais de demeurer dans ce qu’on a choisi. Vous avez choisi le bien, la vie: vous possédez pour toujours le bien et la vie. Vous avez choisi follement le mal et la mort: vous êtes dans la mort, vous y êtes pour toujours, et vous n’y êtes que parce que vous l'avez voulu lors que vous pouviez vouloir. C’est l'éternité des pcines.

On montre encore aujourd'hui, au palais de Versailles, la chambre où mourut Louis XIV, le 1er septembre 1715. Ce sont les mêmes meubles, et en particulier la même pendule. Par un sontiment de respect pour le grand roi mort, on arrêta cette pendule au moment où il rendit ie dernier soupir, à quatre heures trente et une minutes; et depuis, on n’y a point touché, et voilà plus de cent soixante ans que l'aiguille immobile du quadran mar-

e quatre heures trente et une minutes.

’est une image frappante de l’immobilité où entre et demeure la volonté do l’homme, au moment où il quitte cette vie.

La volonté du pécheur damné demeure donc nécessairement ce qu'elle est au moment de la mort. Telle qu'elle est, elle est immobilisée, elle est éternisée, si l'on peut parler ainsi. Le damné veut toujours et nécessairement le mal qu’il a fait, dit saint Bernard. Le mal et lui ne font plus qu’un; c’est comme un péché vivant, permanent, immuable.

De même que les Bienheureux, ne voyant Dieu que dans son amour, laiment nécessairement; de même les réprouvés ne voyant Dieu que dans les châtiments de sa justice, le haïssent nécessairement. Je vous le demande : n’estil pas de justice rigoureuse. qu'un châtiment immuable frappe une perversité immuable ? et qu'une peine éternelle, toujours la même, punisse une volonté éternellement fixée dans le mal, éternellement àétournée de Dieu par la révolte et la haine, une volontée arrêtée de pécher toujours ?

De ce que nous venons de dire, comme de ce qui précède, il résulte d’une manière évidente que, dans l'enfer, les damnés n'ayant ni le temps, ni la grâce, ni la volonté de se convertir, ils ne peuvent être pardonnés, ils doivent de toute nécessité subir un châtiment immuable et éternel ; enfin, et comme conséquence rigoureuse, que les peines de l'enfer non-

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seulement n'auront point de fin, mais runs ne sont pas susceptibles de ces

iminutions ou mitigations dont on voudrait se flatter.

.. #1L EST VRAI QUE DIEU 501T INJUSTE EN PUNISSANT PAR DES PEINES ÉTERNELLES DES FAUTES D'UN MOMENT.

C'est là une bien vieille objection, arrachée par la peur aux consciences écornées. Dès le quatrième siècle, l’illustre Archevêque de Constantinople, saint Jean Chrysostome, la relevait un jour en ces termes : ‘‘ Il y en a qui disent: “Je n’ai été que quelques instants à tuer un homme, à commettre un adultère ; et pour ce péché d'un moment, je vais avoir à subir des peines éternelles ?” Oui, certes ; car ce que Dieu juge dans votre péché, ce n’est que le temps que vous mettez à le commettre, mais la volonté qui vous le sait commettre.”

Ce que nous avons dit plus haut suffirait déja pour écarter ici l'ombre d’une dificuité. La conversion et le changement étant absolument impossibles dans l'enfer, par défaut de temps, par défaut de grâce et par défaut de liberté, la cause du châtiment subsiste éternellement en son entier et doit, en stricte justice, produire éternellement son effet. Il n’y a rien à dire à cela ; c’est de la justice pure,

Vous trouvez injuste que Div pünisse ar une peine éternelle des crimes d’un instant ? Mais voyez donc ce qui se passe tous les jours dans la société humaine.

Tous les jours elle punit de mort des assassins, des parricides, des incendiaires, etc., qui ont perpétré leur crime en quelques minutes. Est-elle injuste ? Qui oserait le dire? Or, qu'est-ce que la peine de mort, dans la suciété humaine ? N'est-ce pas une peine perpétuelle, une sans retour, sans mitigation possible? Cette peine de mort prive pour toujours de la société des hommes, comme l'enfer prive pu toujours de la société de Drer.

ourquoi en serait-il autrement pour les crimes de lèse-majesté divine, c’est-à-dire pour les péchés mortels ?

Mais le temps n'entre ici pour rien dans le poids moral du péché. Comme le disait saint Jean Chrysostome, ce n’est pas la durée de l'acte coupable qui est puni en enfer par une peine éternelle, c’est la perversité de la volonté qui a fait agir le pécheur et que la mort est venue immobiliser. Cette perversité demeurant toujours, le châtiment qui s’y attache éternellement, loin d’être injuste, est tout ce qu'il y a de plus juste, et est même nécessaire. La sainteté infinie de Drœu ne se doit-elle pas à elle-même de repousser éternellement un être qui est dans

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un état éternel de péché? Or tel est le réprouvé en enfer.

t puis, quiconque y réfléchit sérieusement remarquüera dans tout péché mortel un double caractère : le premier, qui est essentiellement fini, C’est l’acte libre de la volonté qui viole la loi de Dreu et qui pèche ; le second, qui est infini, est l'outrage fait à la sainteté, à la majesté infinie de Dreu. Par ce côté, le péché renferme une malice infinie en quelque sorte ; ‘ quandam infinitatem,” dit saint Thomas. Or, la peine éternelle répond dans une mesure exacte à ce caractère fini et infini du péché. Elle est elle-même finis et infinie : finie en intensité ; infinie et éternelle en durée. Fini quant à la durée de l’acte et à la malice de la volonté de celui qui pèche, le péché est puni par une peine plus ou moins considérable, mais toujours fini en intensité ; infini par rapport à la sainteté de Celui qui est offensé, il est puni par une peine infinie en durée, c’est-à-dire éternelle.

Encore une fois, rien de plus logique, rien de plus juste que les peines éternelles qui punissent en enfer le péché et le pécheur. |

Ce qui ne serait pas juste, ce serait que tous les réprouvés eussent à subir la même peine. En effet, il est évident qu’ils ne sont pas tous aussi coupables les

uns que les autres. Tous sont en état de péché mortel ; égaux en cela, ils méritent tous également une peine éternelle ; mais tous n'étant pas coupables au même degré, l'intensité de cette peire éternelle, est exactement proportionnée au nombre et et à la gravité des fautes d’un chacun.

Donc, là encore, justice parfaite, justice infinie.

Enfin, autre observation très-frappante:

si les peines du pécheur impénitent, rérouvé en enfer, avaient une fin, ce serait ui, et non pas le Seigneur, qui aurait le .le dernier mot dans sa lutte sacrilége contre Du. Il pourrait dire à Dieu:

‘ Je prends mon temps ; vous prendrez le vôtre. Mais que le vôtre soit court ou qu'il soit long, je finirai toujours par l'emporter sur vous; je serai maitre de la situation ; et un jour, que vous le vouliez ou non, j'irai partager votre gloire et votre béatitude éternelle dans les cieux. ” Est-ce possible, je vous le demande ?— Donc, à ce point de vue encore, et indépendamment des raisons péremptoires que nous venons d'exposer, la justice, la sainteté divine, requiert de toute nécessité que les châtiments des damnés soient éternels. | ‘ Mais la bonté de Dreu ? ” pensera-t-on peut-être—-La bonté de Dieu n’a rien à laire ici ; l'enfer est le règne de sa justice,

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infinie tout comme sa bonté. La bonté de Dieu s'exerce sur la terre, où elle pardonne tout, et toujours, et immédiatement, au repentir. Dans l'éternité, la bonté n’a plus à s'exercer ; elle n’a plus qu’à couronner dans les joies du ciel son or accomplie sur la terre par le par-

on.

__ Voudriez-vous par hazard que, dans l’éternité, Dieu exerçât sa bonté vis-à-vis de gens qui en ont indignement abusé sur la terre, au n'y ont point eu recours au moment de la mort, et qui, maintenant, n’en veulent plus et ne peuvent plus en vouloir? Ce serait tout simplement absurde. De la part de Dreu surtout, la bonté ne peut pas s'exercer aux dépens de la justice. |

Donc, en punissant par des peines éternelles des fautes passagères, loin d’être injuste, Dieu n’est que juste et très-juste,

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