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Un jour, la pauvre Religieuse reçoit une lettre qui lui apprend que sa mère vient d'être enlevée par une mort subite.
On l'avait trouvée morte dans son lit.
Décrire le désespoir de la Religieuse serait chose impossible. A moitié folle de douleur, ne sachant plus ce qu’elle faisait ni ce qu'elle disait, elle court, la lettre à la main, se jeter au pied du Saint-Sacrement; et lorsque ses sanglots lui permettent de penser et de parler, elle dit, ou plutôt elle crie à Notre-Seigneur :
« Mon Dreu! est-ce donc ainsi que vous avez eu égard à mes supplication, à mes larmes, à tout ce que je fais depuis vingt ans ?» Et luï énumérant, pour ainsi dire, ses sacrifices de tout genre, eile ajoute, avec une déchirement inexprimable : « Et penser, que malgré tout cela, ma mère, ma pauvre mère est damnée ! »
Elle n'avait pas achevé. qu’une voix, sortie du Tabernacle, lui dit avec un accent sévère: «Qu'en sais-tu ?» Epouvantée, la pauvre Sœur reste interdite.
«Sache, reprit la voix du Sauveur, sache, pour te confondre et tout à la fois pour te consoler, qu’à cause de toi, j'ai donné à ta mère, au moment suprème, une grâce si puissante de lumière et de repentir, que sa dernière parole a été : «Je me « repens et je meurs dans la religion de «ma fille» Ta mère est sauvée. Elle est
en Purgatoire. Ne te lasse point de prier pour elle.»
J'ai entendu raconter plus d’un fait analogue. Quelle que soit l'authenticité
. de chacun en particulier, ils témoignent
tous d’une grande et douce vérité, à savoir qu’en ce monde la miséricorde de Dreu surabonde; qu’au dernier moment, elle fait un effort suprême pour arracher les pécheurs à l'enfer ; et qu'enfin ceux-là seuls tombent entre les mains de l’éternelle justice, qui refusent jusqu’à la fin ps avances de la miséricorde.
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