‹ L'enfer, s'il y en a unChapitre 9 sur 25 · EL A · texte numérisé non relu

EL A

En second lieu, c'est la corruption du cœur qui fait nier l'existence de l'enfer. Dre Quand on ne veut pas quitter la vie mau- x vaise qui y mène tout droit, on est tou- rie jours porté à dire, sinon à croire, qu’il tie n'existe pas. py

Voici un homme dont le cœur, l’imagination, les sens, les habitudes de cha- va que jour son empoignés, absorbés par un es amour coupable. Il s’y livre tout entier ; pe il y sacrifie tout : allez donc lui parler de nc l'enfer! Vous parlez à un sourd. Etsi pi parfois, à travers les cris de la passion, la ne voix de la conscience et de la foi se fait à un entendre, aussitôt il lui impose silence, sa ne voulant pas plus entendre la vérité au À ü dedans qu’au dehors. is

Essayez de parler de l’enfer à ces jeunes Lu libertins qui peuplent la plupart de nos He lycées, de nos ateliers, de nos usines, de vi 2e nos casernes : ils vous répondront par des F où frémissements de colère et des ricane: Eu ments diaboliques, plus puissants chez fes eux que tous les arguments de la foi et du LE bon sens. Ils ne veulent pas qu'il y ait | =

d'enfer. E

J'en voyais un, naguère, qu’un reste de pee 1 foi m'avait ramené. Je l’exhortais de mon É Vas mieux à ne pas se déshonorer lui-même : :

comme il le faisait, à vivre en chrétien, cle en homme, et non pas en bête. « Tout cela É oùf

est bel et bon, me répondait-il et peut-être

est-ce vrai; mais ce que je sais, C’est que, quand cela me prend, je deviens comme fou ; je n’entends plus rien, je ne vois plus rien, il n’y a pas de Dreu ni d'enfer qui tienne. S'il y a un enfer, eh bien j'irai ; cela m'est égal» Et je ne l'ai plus revu.

Et les avares? et les usuriers? et les voleurs ? Que d'arguments irrésistibles ils trouvent dans leurs coffre-forts contre l'existence de l’enfer ! Rendre ce qu’ils ont pris ! lâcher leur or et leurs écus! Plutôt mille morts ; plutôt l'enfer, si tant est qu’il y en ait un.—On me citait un vieil usurier normand, prêéteur à la petite semaine, qui, mème en face de la mort, ne put se résoudre à lâcher prise. Il avait consenti, on ne sait comraent, à restituer telles et telles sommes assez rondes ; il ne s'agissait plus que de restituer encore huit francs cinquante centimes : jamais le curé ne put l'obtenir. Le malheureux mourut sans sacrements. Pour son cœur d’avare, une misérable somme de huit francs cinquante suffisait pour faire disparaître l'enfer.

Il en est de même de toutes les passions violentes : de la haine, de la vengeance, de l'ambition, de certaines exaltations &e l’orgueuil. Elles ne veulent pas entendre parler de l'enfer. Pour en nier l'existence, elles mettent tout en jeu et rien ne leur coïite.

Tous ces gens-là, quand on les met au

pied du mur, au moyen de quelqu’une de ces grosses raisons de bon sens que nous avons résumées plus haut, ils se rejettent sur les morts, espérant par là échapper aux vivants. Îls s'imaginent et ils disent qu'ils croiraient à l'enfer si quelque mort ressuscitait devant eux, et leur affirmait qu'il y en a vraiment un. Pures illusions, que Notre-Seigneur JÉsus-CHrisT s’est donné lui-même la peine de dissiper, comme nous allons le voir.

QUE L’ON NE CROIRAIT PAS DAVANTAGE A UN EN- FER SI LES MORTS REVENAIENT PLUS SOUVENT.

Un jour, Notre-Seigneur nassaïit à Jérusalem, non loin d’une maison dont on voit encore aujourd'hui les fondements, et qui avait appartenu à un jeune pharisien, fort riche, nommé Nicence. Celuici était mort depuis peu de temps. Sans le nommer, Notre-Seigneur prit occasion de ce qui s'était passé là pour instruire ses disciples, ainsi que la multitude qui le suivait.

«Il y avait, dit-il, un homme qui était riche, qui était vêtu de pourpre et de lin, et qui chaque jour faisait de splendides repas. ;

« À sa porte gisait un pauvre mendiant ar pelé Lazare, couvert d’ulcères, qui eût bien voulu se rassasier des miettes tomb es de la table du riche; mais personne n« les lui donnait.

« Or, il arriva que le pauvre mourut ; et il fut porté par les Anges dans le sein d'Abraham (c’est-à-dire dans le Paradis).

Le riche mourut à son tour; et il fut enseveli dans l’enfer.

« Et là, du milieu de ses tourments, ayant levé les yeux, il aperçut au loin Abraham, et Lazare dans son sein. Et il se mit à crier, et à dire : « Abraham, mon père, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau,

ur qu’il me rafraichisse quelque peu la angue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. — Mon fils, lui répondit Abraham, souviens-toi que, pendant ta vie, tu aseu en partage les jouissances, et Lazare, les souffrances. Maintenant il est consolé, et toi tu souffres.

«Du moins, répliqua l’autre, envoyezle, je vous prie dans la maïson de mon père, car j'ai cinq frères ; et il leur dira ce que l’on souffre ici, afin qu’ils ne tombent pas,comme moi, dans ce lieu de tourments.

« Et Abraham lui répondit: Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu'ils les écoutent. —Non, Mon père, répliqua le réprouvé ; cela ne suffit pas. Mais s’ils voient venir quelqu'un d’entre les morts, alors ils fe.

ront pénitence. Ei Abraham lui dit : S'ils n'écoutent pas Moïse et les Prophètes, ils ne croiront pas davantage à la parole d’un homme qui serait revenu d’entre les morts.»

Cette grave parole du Fils de Dreu est la réponse anticipée à toutes les illusions des gens qui, pour eroire à l'enfer et pour se convertir, demandent des résurrections et des miracles. Les miracles de toute nature abonderaient autour d'eux, qu'ils ne croiraient pas davantage.

Témoins les Juifs qui, à la vue de tous

les miracles du Sanveur, et eu particulier

de la résurrection de Lazare, à Béthanie, ue tirent point de là d'autre conclusion que celle-ci : «Que faire ? Voici que tout ls monde court après lui. Tuons-le» Et, plus tard, devant les miracles quotidiens, publics, absolument incontestables de saint Pierre et des autres Apôtres, iis disent de mème: «Ces hommes font des miracles, et nous ne pouvons les nier.

Faisons-les arrêter, et défendons-leur de rôcher davantage le nom de Jésus»—Voi..

à ce que produisent d'habitude les miracles et les résurrections de morts chez les gens dont l'esprit et le cœur sont corrompus. | Combien de fois n’a-t-on pas répété l’a- | veu véritablement renversant échappé à Diderot, l’un des impies les plus effrontés du dernier siècle : « Lors même que tout Paris, disait.il un jour, viendrait m'affr- |

mer avoir vu ressusciter un mort, J’aime-

rais mieux croire que tout Paris est devenu fou, plutôt que d'admettre un mirecle.»

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. Je le sais, même parmi les plus mauvais, il y en a peu de cette iorce-là ; mais au fond les tendances sont les mêmes; il y a les mêmes partis pris; et si un reste de bon sens empêche de proférer de pareilles absurdités, en pratique on n’en fait ni plus ni moins. :

Savez-vous ce qn'’il faut faire pour n'’avoir pas de peine à croire à l'enfer? Il faut vivre de telle sorte qu’on n’ait point trop à le craindre. Voyez les vrais chrétiens, les chrétiens chastes, consciencieux fidèles à tous leurs devoirs : leur vintil jamais à l’idée de douter de l'enfer? Les doutes viennent du cœur, bien plus que de l'intelligence ; et, sauf de très-rares exceptions, dues à l’orgueil de ia demiscience, l’homme qui mène une vie tant soit peu correcte, n’éprouve pas le moindre besoin de déblatérer contre l'existence d’un enfer.

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