ACTE PREMIER 2J
REMOUSSIN.
J'y tiens absolument.
LE DOMESTIQUE, entrant et apportant un journal.
Voici le Réveil, M. Rémoussin.
Il sort.
REMOUSSIN
Ah! voyons...
M. MORIN, qui est remonté entre le bureau et la fenêtre et qui a pris le journal.
Voyons, (Il Ht.).. Bigre ! Il ne vous ménage pas, M. Vaudrey.
REMOUSSIN.
Oui, la chanson...
Il y a même un article de tête. (Lisant.) a Grâce aux manœuvres les plus scandaleuses, le déjeté Rémoussin »
REMOUSSIN.
Il y a cela?
M. MORIN, lui montrant par dessus le bureau. Voyez...
TAULARD.
Faut qu'on soye bien sûr que vous êtes bonasse et puis encore bonasse pour imprimer ça...
Si vous voulez, je vais aller lui tirer les oreilles à ce journaleux.
remûussin.
Non, non, du calme.
M. MORiN, continuant de lire.
« Les électeurs ne voudront pas de ce ridicule ventru qui se lave les mains quand il pleut, et qui change moins souvent de chemise que d'opinions •»
REMOUSSIN.
De qui parle-t-on ?
M. MORIN
De vous.
CLAPIOT-
Oui, oui, oui, le ventru, c'est vous.
Ah ! c'est trop fort ! Voyons, Messieurs, est-ce que je suis ventru ? Est-ce que j'ai les mains sales... (Il les montre.) Aujourd'hui elles ne sont pas très propres parce que j'ai travaillé ce matin...
11 regarde ses manchettes, les voit sales et les rentre dans ses manches.
M. MORIN, toujours lisant.
11 est de la dernière violence. (Lisant.) «Le Rcmoussin repoussé et repoussant roussin »... Oh ! je vois bien ce que l'on cherche, on veut vous eftrayer, pour que vous ne vous présentiez pas. C'est une tactique !
REMOUSSIN'.
On va voir... Et-ce qu'il y a encorj autre chose?