ACTE l'RKMIER
M. MORIN, l'arrêtant.
Écoutez, Rémoussin. Faites ce qae vous voudrez. Seulement, rappelez-vous ce que je vous dis : c'est votre siège de député que vous allez perdre.
REMOUSSIN.
Ça ne fait rien...
Mme REMOUSSIN.
Alfred, je t'en prie! je t'en prie... Mais retenez-le donc! Retenez-le donc!...
LECARDONNEL.
C'est tous vos frais électoraux perdus... dix mille francs! vous n'êtes pas déjà si riche!
LÉONIE, retenant son fiancé.
Henri!
Piémoussin s'est dégagé. Il ouvre la fenêtre. Une immense acclamation se fait entendre.
REMOUSSIN.
Mes chers amis...
Il veut parler... Les cris de « vive Rémous.sin, » «vive les droits » ! couvrent sa voix.
M. MORIN
Ecoutez !
Il reforme la fenêtre d'un côté. M""' Rémoussin ferme l'autre sans se faire voir des manifestants. La fenêtre fermée, le bruit devient très sourd.
REMOUSSIN.
Je n'ai pas pu me faire comprendre.
Entre Taulard.
48 L'ENGRENAG'r:
TAULARD, entrant Vive M. le député!
REMOUSSIN.
Mon cher Taalard... je ne suis pas député.
TAULARD.
Le secrétaire de la mairie vient de me dire que du moment que vous vous présentiez, c'est comme si vous étiez nommé.
REMOUSSIN.
Mais je ne me présente pas !
Comment ! vous ne vous présentez pas ! Et qui fera exempter mon gars, alors.
M. MORIN, lui mettant la main sur l'épaule-
Voyons, Rémoussin... mon cher Rémoussm... vous entendez toutes ces voix amies... vous voyez tous ces braves gens aux cœurs simples et bons qui vous acclament comme leur sauveur... Ils savent qu'en vous envoyant à la Chambre, ils y envoient un honnête homme prêt à dénoncer tous les scandales, tous les abus... Vous êtes l'espérance de tout le pays : vous êtes notre sauvegarde sociale... Songez à tout le bien que vous pouvez faire... et demandez h votre conscience si elle vous approuve de vous y refuser pour un misérable entêtement sur une question de détail... Qu'est-ce que cette histoire de blé à côté du rôle magnifique que vous êtes appelé à remplir?
M™^ REMOUSSIN.
Laisse parler ton cœur, mon ami.