‹ L'engrenage; comédie en trois actesChapitre 46 sur 84 · SCÈNE IX REMOUSSIN, LE MARQUIS DE STORN · texte numérisé non relu

SCÈNE IX REMOUSSIN, LE MARQUIS DE STORN

REMOUSSIN.

Veuillez vous asseoir, Monsieur.

Monsieur, je m'excuse d'abord de blesser votre modestie, ma-is ma démarche ne se comprendrait pas, si Je ne vous disais quel retentissement a eu, dans toute la France, le magnifique discours que vous avez prononcé hier,

REMOUSSIN.

Monsieur...

DE STORN.

Vous êtes maintenant un des hommes les plus en vue du Parlement, un de ceux sur lesquels la France a le droit de compter lorsqu'il s'agira de défendre les intérêts supérieurs du pays... Je représente auprès de vous, Monsieur, la Compagnie du Simplon. Vous le savez : de gigantesques travaux ont été entrepris pour percer cette montagne, ils sont à la veille d'être achevés, et notre Compagnie se tourne mamlenant vers l'État pour lui deman-

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der le rachat des actions et des ohligations qu'elle a émises.

REMOUSSIN.

Mon Dieu, Monsieur, j'ainne mieux vous dire tout de suite que je ne connais pas la question... Je suis, il est vrai, de la commission chargée d'examiner votre projet, mais je n'ai pas encore eu le temps de l'étudier.

DE STORN.

Ma visite n'a pas d'autre but, Monsieur, que de vous offrir les documents nécessaires à cette étude. Nous nous adressons à vous, honnêtement, loyalement, au grand jour. Nous vous disons : voici les clefs de nos caisses, voici nos livres, nos copies de lettres, nos marchés, voyez et jugez. Votre probité d'abord, votre indépendance et votre sagacité vous ont désigné à nos yeux.

REMOUSSIN.

Vraiment...

DE STORN.

Une seule de ces qualités ne nous ont pas suffi. Ce que nous avons voulu, c'a été évidemment de diminuer la distance qui sépare Paris et Milan... Mais, plus haut que cet intérêt industriel et commercial, il en est un qui passe au-dessus des hommes ordinaires et que vous comprendrez. Monsieur. Nous voulons créer un lien de plus entre la France et l'Italie.

Votre but, Monsieur, est des plus honorables et je considérerai moi-même comme un bienfait pour les deux pays tout ce qui pourra contribuer à les rapprocher.

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