ACTE DEUXIÈME
DE STORN.
Un dernier mot et j'ai fini. Je vous parle dans le plus grand secret. Nous avons des propositions de l'Italie... Tenez voici une lettre qui vous en dira long... Lisez-vous l'Italien ?
REMOUSSIN, la lettre sous les yeux.
Non, mais je vois... (il la regarde). Gomment vous avez des propositions de l'Italio!...
DE STORN, mettant la lettre dans son portefeuille.
Et vous voyez le chitTre... Il s'agit maintenant de savoir si la France se laissera berner nne fois de plus... Il n'y a plus là qu'une question de patriotisme... Elle est posée, et je sais dans quel sens vous y répondrez... Je vous laisse le plan.
11 garde la lettre.
REMOUSSIN.
Monsieur, je vais étudier ces documents à tête reposée, et, si, comme j'en suis certain, mon avis reste le même, je vous promets, non seulement de voter le rachat, mais encore d'expliquer à mes collègues les raisons qui militent en votre faveur.
DE STORN.
Voici une brochure qui répond d'avance à toutes les objections.
REMOUSSIN.
Merci.
DE STORN.
Monsieur, il me reste à vous remercier et à me féliciter d'avoir pu passer quelques instants en votre compagnie. Au revoir, monsieur...
Il va pour sortir.
REMOUSSix, a trouvé une enveloppe sur son bureau et l'a ouverte. Avec indignation :
Mais... Mais... Vous oubliez ceci, Monsieur.
DE STORN.
N'en parlons pas... La Compagnie du Simplon consacre par an une certaine somme à des œuvres de charité, elle vous demande comme un service de vouloir bien distril^uer vous-même ces quelques louis... Monsieur.
REMOUSSIX.
Gomment! Comment! Monsieur... (11 court après lui et le rattrape au fond.) Reprenez ceci, je vous prie, je ne suis pas de ceux qu'on achète!
DE STORN.
Hé ! Monsieur, j'en doute moins que personne. Je ne serais pas ici sans cela. Pour vos pauvres, vous dis-je...
REMOUSSIX.
Reprenez ceci...
Entre M°"' Remoussin.
Mlle REMOUSSIX.
Je vous demande pardon...