ACTE TROISIÈME l
REMOUSSIN.
Vous voyez.
Pendant les vacances... En avez-vous, hein, des vacances... Ah! il n'y a pas à dire, c'est un bon métier, d'être député... Pas grand chose à faire, pas de tracas, du congé tout le temps... Enfin,
vous êtes content ?
Très content.
REMOUSSIN.
Tout de même... penser que sans le père Taulard, vous n'en seriez pas là... Ah I il n'y a pas à dire, c'est moi qui vous ai fait nommer... Vous vous rappelez bien... les droits sur les blés.. . la baleine...
REMOUSSIN.
Oui.
TAULARD.
Et j'en suis fier, savez !... j'en suis fier, de vous voir faire votre pelote... hé ! hé!... (Un temps.) On dit que vous allez acheter le château.,. (Doucereux.) Vous achèterez bien aussi un bout de terre que j'ai par là... J'vous l'vendrai pas trop cher.
REMOUSSIN.
Acheter le château! avec quoi?
Avec quoi? (II rit.) Pas avec des boutons d'culotte, bésur! Hé ! Hé !
remoussin.
Si VOUS croyez qu'on fait des économies, b. Paris, avec vingt-cinq francs par jour.
TAULARD, riant.
Ah! ail! ah!... Est-il farce! Est-il farce!
REMOUSSIN.
J'ai perdu plus de trente mille francs depuis mon élection.
TAULARD, sérieux.
Allons! Allons! v's êtes pas gentil!
REMOUSSIN.
Pas gentil ?
TAULARD.
Non (A mi voix.) Ou alors... c'est-il qu'il y a encore d's étrangers dans la pièce à côté.
REMOUSSIN.
Non.
TAULARD.
Ben... Voyons... Avec moi, faut pas être cachottier.
Je vous dis la vérité.
TAULARD.
Oui... Vous m'prenez pour un imbécile, alors.
REMOUSSIN.
Pas du tout.