‹ L'énigme allemandeChapitre 65 sur 106 · NA : A L · texte numérisé non relu

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taillée pour la paix. » S'il dit vrai, il aflirme quelque chose d’énorme; s’il se trompe, il doit être possible de le démontrer, et il importeraïit que cette démonstration fût faite.

L'Allemagne a aussi ses pacifistes, entendons de ces esprits qu’on appelle chimériques qui, pénétrés de la croyance en la perfectibilité des sociétés humaines, pensent que le temps viendra où les nations, étendant à leurs communs rapports les règles qui régissent les relations des hommes entre eux, trouveront plus sage et plus Juste, en même temps que plus économique et plus pratique, de soustraire leur développement propre aux fureurs de la violence et de lui donner la sauveuwarde du droit. Ces pacifistes allemands sont déjà plus nombreux qu'on ne suppose en France. C’est, au pays de Bismarck, une nouveauté singulière. Je ne suis pas allé chez eux. Je n’ai pas davantage interrogé les socialistes. Et ce ne fut — est-il besoin de le dire? — ni par un préjugé politique, ni par dédain. Je n'avais, en arrivant en Allemagne, nul préjugé, et l’on ne dédaigne pas un parti qui a cent dix députés et s'appuie sur quatre millions de suffrages. Mais ce que les uns ou les autres nous eussent dit, nous le savions d'avance, et nous ne voulions pas d'une enquête pipée. Voilà pourquoi nous nous sommes adressé de préférence à des hommes

d'opinion moyenne et que ne commande nul dogmatisme.

Cependant ces pacifistes se montrent, et ils parlent. Pourquoi n’a-t-on rien dit à l'opinion française, que certains s'entendent si bien à exciter sur les choses d'Allemagne, de ce qui se passait à Heidelberg du 5 au 7 octobre 1912? La branche allemande de la « Conciliation internationale », fondée à Francfort vers la fin de 1910, y tenait son premier congrès. La France, l'Autriche, l’Aneleterre, les États-Unis, la Finlande, la Russie, y étaient représentés; dix Alsaciens y étaient venus de Strasbourg. Parmi les assistants ou sur les listes d'adhésions, figuraient quelques-uns des personnages les plus célèbres de l’intellectualité allemande : l'astronome Færster, le physicien Ostwald, l'historien Karl Lamprecht, puis des juristes, beaucoup de professeurs (1).

Que dit, dans son discours d'ouverture, le professeur chevalier von Ullmann, de Munich, président du Congrès? Il parle de « la vie commune des nations », de « l'ordre juridique » qui doit y présider, de la nécessité « d'approfondir l'idée d’un droit international », de « la solidarité des intérêts », des « exigences de la justice et du droit ».

(1) Un compte rendu de ce Congrès a été fait par M. Th. Ruyssen, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux, dans

la revue la Paix par le Droit du 10-95 octobre 1912. V. aussi, plus haut, le chapitre v : Universitaires.

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