‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 109 sur 124 · CHAPITRE XI. LE PROBLEME DU CHRIST · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. LE PROBLEME DU CHRIST

Pages 189 et suivantes : Le «maçon» de Nazareth.

La tradition commune qui fait de Jésus un «charpentier» ne repose, semble-t-il, sur rien d'autre que sur l'interprétation inexacte du mot grec ts'xtwv. D'après l'Evangile de Marc, au chapitre vi, verset 3, les compatriotes de Jésus disaient de lui : « Quel est cet homme ? N'est-ce pas le tsxtwv ?» Ou d'après Matthieu (chapitre XIII, verset 55) : «N'est-ce pas le fils du téxtwv?»

TsxTwv veut dire littéralement «bâtisseur». Or on ne bâtissait en Galilée qu'avec des pierres et des briques. Le bois était inconnu. Le seul bois de charpente employé en Palestine était le bois des cèdres du Liban, réservé au temple de Jérusalem et aux palais des rois.

Jésus fait assez souvent allusion au travail du maçon. Celui qui l'écoute et qui met en pratique son enseignement, il le compare à un homme prudent qui, pour bâtir sa maison, creuse le sol, va très profond, et pose les fondements sur le roc; au contraire, celui qui l'écoute et ne met pas en pratique ce qu'il a entendu, Jésus le compare à un fou qui bâtirait une maison sur le sable ou sur la surface du sol, sans fondations. (Matth. vu, 24 et 26 ; Luc vi, ^8 et 49)- H parle de gens qui élèvent des tours, qui bâtissent des greniers, etc. Il cite le Psaume cxviii : «La pierre que les maçons avaient mise au rebut, celle-là même est devenue la tête de l'angle...» (Matth. XXI, 42). Jamais il ne mentionne le travail du bois.

Nonobstant, la tradition iconographique, par un double

el peut-être un triple contre-sens, nous montre Joseph, le père de Jésus, sous les espèces d'un menuisier, travaillant à son établi. Et cependant : i° Téxtwv ne signifie pas charpentier; 2° Charpentier ne signifie pas menuisier; 3° Si la tradition rapportée par Marc est comme d'ordinaire plus exacte que celle de Matthieu, c'est Jésus qui était maçon, et il est seulement probable que son père l'était aussi.

Bien entendu, ces observations sont de mon fait. Charles Secrétan appelle Jésus, comme tout le monde, le « charpentier » de Nazareth.

Page l4l- Emilb Boutroux : Questions de Morale et d'Education, Paris 1890, La Morale Chrétienne, page a6.

Page 145. L'auteur de ce cantique est Mbrlb d'Aubignb, l'historien de la Réformation. Le texte que je cite est le texte original, qui a reçu depuis lors mainte retouche émolliente.

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