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THEODULE Qui est-ce qui a du génie ?
JULES
C'est toi, toujours toi. Mais sauve-moi ! sauve-
oi | THEODULE (mouvement vers la porte)
Eh bien ! ce n'est pas vrai...Tu te moques de moi, Jules, et comme je n'aime pas qu'on se moque de moi,
je m'en vais.
JULES (courant vers lui)
Ne t'en va pas, Théodule, mon petit Théodule. Je suis sérieux en affirmant que tu as du talent, plus que du talent, du génie. Oui, du génie. Tes vers ont cet éclat, ce feu, ce brio qui fait...
THEODULE Qu'on ne les lit pas...
JULES
Parce que les Canadiens n'aiment pas la poésie . Mais s'ils ne l’aiment pas, est-ce ma faute, à moi ? Ab ! s'ils étaient tous comme moi !.
THEODULE
Si tous les Canadiens étaient comme toi, on ne lirait pas les poètes du tout.
JULES
Mais non ! mais non ! tu me méconnais, je t’assure
..(suppliant) Ecoute, Théodule, mon petit Théodule.
Un dernier service : débarrasse-moi de ces gens-là ? Voyons ! est-ce que je peux épouser tout ça. . .la fille, le père et le petit diable ? e
Eh! c'est toi qui l'a voulu ce mariage, pas nous. Je t'ai débarrassé des deux premières concurrentes, c'est vrai ; mais c'était chose relativement facile. Tu n'étais pas fiancé avec ni l’une ni l’autre. Mais celle-ci c'est différent. Elle a des droits, des droits imprescriptibles sur toi, et si tu brises avec elle, songe bien qu'il pourra t'en coûter chaud ! Rupture de promesse de mariage ! Ah diable ! C'est sérieux. Réflexion faite, je suis d'avis que tu ne peux pas reculer maintenant. Tu dois t'exécuter. . .te marier, quoi.
JULES (avec horreur)
L'épouser ! l'épouser jamais ! Mais, enfin, Théodule, ce n'est pas possible ? Tu l’as vue, tu ls entendue ?
Et le père ?
THEODULE
JULES
Et Gustave !...Non, non Théodule, tu n'auras pas l’affreux courage de me condamner au bagne pour la vie. Tu ne voudras pas que je te donne une belle-soeur comme celle-là. Tu vas avoir pitié de moi, de toi, et tu vas faire jaillir de ta cervelle féconde. une idée, un moyen, un stratagème pour nous débarrasser de tous ces gens-là. Théodule, mon petit Théodule !
GRIBOIS (passant la tête à la porte) Elle n'est plus là, Uranie ?
Et Gugusse !
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JULES
Non ; entre. Viens m'aider auprès de Théodule. (entre Gribois) N'est-ce pas qu'il faut absolument trouver un moyen pour renvoyer les ée.
GRIBOIS (s’asseyant avec lassitude)
Ecoute, Théodule, il faut, en effet, que tu trouves un moyen de briser les fiançailles de cette vieille fée et de cet imbécile de Jules. Demande-lui ce que tu voudras, mais chasse-les. Chasse-les, et que tout soit fini.
THEODULE
Eh bien, je vais essayer. Naturellement je ne ré-
de rien. Toutefois, comme je ne veux pas m'exposer au danger pour rien, mon Jules, tu vas me compter encore vingt-cinq dollars.
JULES (lugubre) Tu m'écorches, mais c’est égal, je te les donnerai ! GRIBOIS (riant) C'est ça, Théodule, en —… la carotte.
THEODULE (à son père)
Et toi, comme tu es aussi impatient que Jules de te débarrasser des Labossée, tu vas me compter également vingt-cinq dollars.
GRIBOIS (sursautant)
Ah! ah! Mais non, mais non ! parexemple. Je . n'ai rien à voir aux Belhumeur, moi.
————pteneatronttenththtnttnentreenne
THEODULE
Alors je ne travaille pas pour vingt-cinq dollars. Les Belhumeur coucheront donc ici. |
JULES (efrayé)
Père ! Tu ne vas pas, pour une misérable somme laisser consommer pareille calamité ! Paye, papa, paye !
GRIBOIS (se parlant à lui-même)
Uranie ? le vieux Sans-Chagrin ? Gugusse ? coucher ici ? Jamais! (à T'héodule) Je te les donnerai ces vingt-cinq dollars, je te les donnerai. Mais du diable si jenete rite pas plus tard. :
THEODULE
Tu n'oseras pas. Rappelez-vous que vous me devez chacun vingt-cinq dollars. Si vous me signiez des chèques ?
Espèce de Shylock !
GRIBOIS Requin !
THEODULE (riant)
Aux grands “mots’” les grands remèdes. Si vous me dites des noms, j'augmente la note.
GRIBOIS
Fichtre ! (il signe son chèque) Tiens. Mais que ce soit fini dans une demi-heure, n'est-ce pas ?
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TULES (tendant son chèque) | Tiens, flibusti. . .mon petit Théodule, mon cher Théo-
dule...
THEODULE
Ecoutez. Vous allez me laisser seul. En sortant, père, tu m'enverras Justine. Toi, Jules, va te cacher dans ta chambre afin que le père Labossée ne puisse te prevoquer en duel. Si tu t'ennuies, tu pourras t’occuper à relire les lettres de tes correspondantes. Et. surtout ne va pas te montrer ; ça c’est absolument nécessaire. Allez.
GRIBOIS (allant pour sortir) Je vais m'enfermer dans l'office.
THEODULE (vivement)
Non ! non, pas là. Le vieux Riffard est là, en train de se rafraîchir.
GRIBOIS ( fausse sortie) Dans le boudoir alors.
THEODULE Dans le boudoir ? Non, non, pas là, pas là. (à part) J'y ai enfermé Poétique Desrêves !
GRIBOIS
Mais pourquoi pes là ? Est-ce que je ne suis pas maître de me cacher où bon me semble, moi ?
THEODULE .
Parfaitement. Seulement si tu veux que je réussisse dans mon plan, il faut faire ce que je
JULES (à son père) :
Viens avec moi dans ma chambre.
GRIBOIS
Dans ta chambre ! Ah bien ! ça doit être amusant dans ta chambre ! As-tu seulement du vin dans cette
chambre ?
JULES J'en monterai ue bouteille.
Et avec quoi la déboucherons-nous cette bouteille ? Tu sais bien que nous n'avons pas trouvé le tire-bouchon.
Théodule (avec un geste) Enfoncez !
LABOSSEE (dans la coulisse) Dieu qu'i’ai ben mangé ! qu'i’ai ben mangé |
JULES Voilà le vieux !
| GRIBOIS ‘Nom d'un chien !
THEODULE
Sauvez-vous !...(Gribois et Jules sortent à droite)
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