SCENE III
PIERRE (très excité.)
Docteur ! ne laissez pas sortir c't’homme-là. . .C'ert
lui qui vient d'tuer l'homme à la valise !... (le reconnaissant) Oh !...
ARMAND s'efforçant de passer.) Tu en as menti, brute ! Laisse-moi passer. . .
A RG SE CR Se Cadre a E 8 7
PIERRE (lui saisissant le bras malade ; Armand pousse un cri de douleur.)
Minute ! On va voir c'que l’docteur pense de tout
ça, d’abord...
JACQUES (qui, tout d'abord, atterré par le cri
de Pierre, semble avoir pris une résolution subite.)
Tu as raison Pierre, il faut voir...(à Armand.) Asseyez-vous là. . . vite. . . Et toi, Pierre, va à la porte d'entrée et ne laisse monter personne. . . Tu entends ?
PIERRE (hésitant ; indiquant Armand.) Mais...ŸY va s'sauver, lui...
Va, te dis-je...(Pierre sort à regret, et. vivement, Jacques va au meuble où sont ses instruments de chirurgie, sa lingerie d’infirmerie et s'occupe à réduire la fracture d” Armand. Celui-ci ne dit rien. Il prête l'oreille au bruit du dehors et paraît très nerveux. Soudain, il sursaute et fait mine de se lever, mais Jacques le fait rasscoir d'une pesée sur les épaules. On entend tout près, à la porte, des cris, des éclats de voix, puis la voix forte de Pierre qui parle-
mente.) PIERRE (au dehors.) L'docteur est couché. . . N'faites pas d’hruit... UNE VOIX
L'docteur est couché ? Ben, c'est une raison de plus pour qu'nous entrions...ÆEcoute, Pierre : tu sais p't'être pas que l'agent, M. Hénier, vient d'être attaqué, volé-et tué par un bandit, sur la grand’route >? M. Hénier a reçu un
ne
70 DEVOTION ELLE coup de revolver, mais comme il était armé, il a blessé, à son tour, son assassin—qui, pourtant, ne s'en est pas moins sauvé...Mais comme y saignait beaucoup, nous avons suivi sa trace depuis l'endroit du crime jusque. . .jusqu'ici.. Tiens, regarde là, sur les marches où tu t'tiens. . Vois-tu ces taches .….celles-là. . .celles-là ?