‹ L'enjoleuseChapitre 40 sur 111 · SCENE IX JACQUES, GRANDIER JACQUES (après un silence · texte numérisé non relu

SCENE IX JACQUES, GRANDIER JACQUES (après un silence

Et maintenant M. Grandier, laissez-moi aussi, voulezvous ? J'ai besoin de me reposer... Ces scènes terribles m'ont brisé, et ma blessure me fait beaucoup souffrir. . . Et puis, ne craignez-vous pas que l'on pourrait s'inquiéter chez vous de votre absence prolongée ?. . . Vous me pardonnerez, n'est-ce pas ?

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GRANDIER (avec un geste las.)

Vous avez raison, il faut que je m'en aille... (avec élan.) Et pourtant je ne puis me résoudre à vous quitter ainsi. . . Il y a quelque chose dans cette affaire qui m'effraie, m'épouvante. ..quelque chose d'horrible, de faux !... Oui, de faux...et de sublime... Jacques ?

JACQUES Eh! bien?

GRANDIER (Se rapprochant avec une émotion intense de prière et de crainte.)

Vous voulez sauver quelqu'un, n'est-ce pas ? Vous vous sacrifñiez...

JACQUES (tressaillant.)

Moi ! me sacrifier !.. . Et pourquoi ? et pour qui ? Et puis, regardez-moi donc ! Est-ce que j'ai l'air d'un homme qui se sacrifie, avec mon bras brisé ?

GRANDIER (avec angoisse.) Qui sait !

JACQUES (à part.) Le pauvre père ! (haut) Monsieur Grandier, vous faites trop d'honneur à l’infâme que je suis. ..C'est moi

qui suis coupable. Et maintenant, je le répète, laissezmoi. ..laissez-moi, je tombe de fatigue...

GRANDIER

Soit, je m'en vais...Mais vous savez, Jacques, jamais, jamais je ne vous croirai coupable. . Donnez-moi votre

main...Æt maintenant au revoir. : . Oui, au revoir. ..car vous nous reviendrez, mon ami...et nous vous attendrons

...(il sort.) SCENE X JACQUES Adieu ! (sitôt Grandier sorti, il tombe assis sur une chaise.) Ah ! il était temps qu'il s’en aille, celui-là ! J'ai failli me trahir devant ce père qui soupçonnait. . .qui me fouillait l'âme de ses yeux pleins d'effroi, de pitié et d'anisse, et voulait—tout en ayant horreur—m'arracher le terrible secret. (Pierre ouvre la porte avec force.)

PIERRE Ah ! m'sieu l’docteur ! m'sieu l'docteur ! Y n'est pas mort, y n'est pas mort |

Qui ?

PIERRE M. Hénier, l’homme, l’agent...

JACQUES Ah ! eh bien, que Dieu en soit béni...

PIERRE

Et l'on a retrouvé sa valise au bord du ch'min... On a dit qu'y n'y manquait pas une “coppe”... JACQUES

LA Tant mieux, mon brave et bon Pierre. ..Tant mieux pour lui, pour eux...surtout pour moi...Chut! voici

quelqu'un...

oo SCENE XI JACQUES, PIERRE, ler PAYSAN ler PAYSAN

M'sieu l'docteur, on vous envoie chercher pour aller donner des soins à...à M. Hénier. . . C'est tout de même drôle ça...Pierre vous a dit, pas vrai, qu'il n'était que blessé ? et encore pas gravement. . .Eh ben, si votre état vous l'permet, on va s’rendre ensemble chez Etienne Ritard où M. Hénier a été transporté. La voiture d’Etienne est

à la porte.

JACQUES (à part.)

Si M. Hénier avait reconnu l’autre ?...S'il allait dire devant tous ces gens-là que..... C'est impossible ! Il n'avait jamais vu Armand, et d’ailleurs, il n’a pu, dans la nuit, reconnaître son assaillant (haut) Je suis prêt... (mettant son habit avec l’aide de Pierre, puis son chapeau) Allons ! (ils sortent, sauf Pierre et le Ver paysan.)

ler PAYSAN

Oui, c’est tout de même curieux ça. . .Le meurtrier qui va soigner sa victime...

PIERRE (avec colère.) Lui, un meurtrier !

ler PAYSAN Dame ! puisque c'est lui qui le dit...

PIERRE

Eh ben, lui et toé, mon vieux, vous en avez menti !

Fin du troisième acte

qe Acte Quatrième

(Mëêmes décors qu'au premier acte. Un an plus tard. 1

Au lever du rideau Aline est seule en scène et se tient de-

) bout, rêveuse, en face de la fenêtre ouverte. Un temps, puis elle tend les bras dans l'espace et dit doucement :)

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