SCENE I] ALINE, GRANDIER
GRANDIER (entrant.)
Bien, Aline ! N'en doute jamais, comme tu dis, car si tu faisais mine de le faire, je serais, moi, le premier à te
le reprocher.
ALINE (allant à lui.)
Ah! c'est toi, père ?. .Tu vois, je rêvais tout haut devant cette fenêtre où, voilà juste un an, j'adressais au cie
le plus joyeux de mes sourires et les plus ferventes prières de mon âme heureuse. . .
GRANDIER Ma pauvre enfant ! Je ne veux pas gg aa r de é vant toi,
songer au passé, d'essayer de le faire revivre là,
dans toute sa gloire et toute sa tristesse, mais je vois avec peine, avec angoisse que tu te fais mal...Oui...tu per de jour en jour, non une gaiété que je sais impossible aujourd'hui, mais l'âme même de tes yeux, mais cette flamme de courage et d'espoir qui me soutenait moi-même si bien, qui m'a conduit jusqu'ici malgré les plus cruelles épreuves, et me permet enfin d'espérer la réalisation de mon modeste rêve. Maintenant que ta mère est malade, vieillie ; qu'elle est triste et ne sait plus consoler, si tu te laisses aller au désespoir qui tue, que deviendrai-je moi ? (Aline se jette dans les bras de son père. Grandier la câline.) Il faut croire à demain, mon enfant, comme tu le disais toi-même lors de nos débuts sur cette ferme. . .Il faut sourire au ciel si l'on veut qu'il nous voit et nous prête un peu de sa précieuse attention. . . Il faut savoir attendre. . .attendre le miracle... le miracle qui se produira. . .qui se produit toujours quand on le désire ardemment. . .
ALINE Et longtemps ?
GRANDIER
Et longtemps, oui !—Et ce miracle se produira, j'en suis sûr, j'en jurerais...
ALINE
Ah ! situ disais vrai |