CORPS
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.172 L’ENJOLEUSE
GABYS (à sa mère)
Sur ma lèvre, vois-tu, c'est ton âme qui passe...
LINE Oh ! que de compliments ! Elle vous est d’un fat ! GABYS Merci ! tu me fournis ce que je cherche : Fa ! MADAME
Gabys me le rappelle : assez de retards, Line, Et va voir au salon si ton scherzo badine.
MONSIEUR Mais va donc ! l'heure passe...
LINE (avec malice) | Et dans son lit bien mol.
Gabys, pendant ce temps, dormira : ça con...
GABYS
Non, laisse, car avant, je voudrais, à mon rôle, Une dernière fois donner un coup d'épaule.
LINE
Bien mère. (à pari) Un quart d'heure encore et j'ai gagné! (Haut) Mais, à propos, sais-tu ? Cet acteur renfrogné Que tu détestais tant, et qui clamait sa prose Sans virgules, sans points, sans accents et sans pauses ?
Sol !
L’ENJOLEUSE
MADAME
| | __. LINE 1h :
Dans un mot qu'il m'écrit—et d'ailleurs que voilà— Me dit—sans points non plus, tu ‘sai:—qu'il m'aime... GABYS MADAME Il t'aime ! Ah ! bien, vraiment la nouvelle me charme ! Et toi ? £ É- : LINE de Tout le contraire . .et son style m'alariñe 1 ;
Eh bien ?
Là !
Des regards et même des mamans...
Ba dust de CR Le
Et tu les as connus, n'est-ce pas, petit père > Îl a. pour converser, la fleur, l’art, le mystère, : L’embre douce où l’aveu si vite réussit,
Le regard qui sait dire un tas de choses. .
- GABYS Si !
US
LINE (vivement)
Si tendres, que le ciel rit avec les étoiles, Quand il s'affirme et monte en frissons sous ses voiles !
MONSIEUR ( sévère) Ah ! mais voyons. . .tu dis des choses. .
LINE
MS ti :
Et ce coquin d'amour—bien mieux que arconi— : Peut envoyer par air—par r un ange,
Le message immortel que sans cesse on échange. …. i Il a pour le servir le petit gars moqueur, # Qui, toujours à l'affût, goguenard et vainqueur,
Sait très bien, pour gagner des sous, une i
Entre elle et lui, presto ! faire aller la navette !
Il a la valse, au bal, alors que dans la main ridret es isser ces deux mots : A demain !
MONSIEUR | Ah! ça, mais sapristi ! tu dis...
LINE
Je sais : des choses...
Mais dis que c'est vilain ? là, dis-le si tu l'oses 1 MONSIEUR
re
Ahum !
POTTER Te
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i qui m'a faite heureuse— naive amoureuse |!
GABYS
Eh bien, moi, mon mari...
écompense et bénit la
Voyez-vous ça ?
… E ES es.
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176 L’ENJOLEUSE
LE
LINE Avant que d'en parler il faudrait qu'il. . .poussât ! GABYS
Il pousse comme un chêne, et déjà sa moustache De plus en plus s'affirme, et frise et se détache. =
LINE GABYS ( poursuivant)
Et ses yeux sont si beaux, sont si bleus, Que tout le ciel s'y trouve et chante...
MONSIEUR ( impatienté) Sacrebleu !
Oh ! la, la !
GABYS Mais c'est mon. rôle aussi ! Il faut bien qu'on s'amuse ! on futur est encore à l'école—qui muse...
| LINE
Mère, dis quelque chose ? des vers. ..ceux que tu lis : Je suis sûre qu'ils sont on ne peut plus jolis...
MADAME Ce sont des vers d'amour. ..des vers d'amour encore ! MONSIEUR C'est moral ?
Ah ! mais oui...
MONSIEUR
Et la rime est sonore ?
MADAME Assez. ..par-ci, par-là.
MONSIEUR Bien ! dis...
MADAME (expliquant)
La scène c'est Quand Maurice me dit sa tendresse, tu sais ?
Lisant) “Je voudrais encadrer de mes mains ton visage, t murmurer “‘je t'aime” en baisant tes cheveux, Puis glisser doucement, sans parler davantage, Ma lèvre sur ta lèvre—en effleurant tes yeux. . .
MONSIEUR Ah fichtre ! cela brûle ! . .Et tu dis que Maurice ?
MADAME Me dit cela ? Mais oui. . . Puisque je suis Clarice ! Ah! tiens, finissons-en car, de toute façon, L'amour est toujours là qui nous fait...
GABYS (vivement) La leçon !
LINE (même jeu)
Eh bien, dis-nous “Fierté””, cette tendre caresse, Où l'amour maternel palpite d'allégresse,
Où l'on revoit soudain, rieur et triomphants,
Les jours où nous étions, toutes deux, des enfants !
MADAME Allons , soit ! Mais je vais—par un moyen honnête Marier en un seul vos noms: Yvonnette. . .
D: GABYS À Et pourquoi Pas mon nom ?
LINE Et pourquoi pas le mien ?
MONSIEUR Si vous vous querellez, mère ne dira rien. .. MADAME (annonçant) Fierté
D de Sun See D el
Ms.
t elle Yvonnette. . .
yon dans une violette,
qu le ciel chante sous sa !
elle est belle et, sous RE noirs, t- + : Mais je redis ce portraits tous les soie à Et tout cela n'est rien !...Si vous voyiez son âme !
i vous aviez parfois réchauffé dans sa
moi, Votre coeur, vos regards, votre front ;
Si vous aviez senti ce geste tendre et p
i, chassant l’amertume et‘rappelant la joie,
A rm mms
Vous ensorcelle un peu, vous prépare la voie, Vous soutient et, du rêve, enfin vous rend vainqueur, Vous sauriez qu’Yvonnette a la beauté du coeur !
Vous dites : Quel orgueil ! Mais puisque c'est ma vie, Cette enfant vive et tendre en son culte ravie ! Et si j'aime à sentir reposer sur mes yeux Ses baisers emmêlés de mots harmonieux ; Si je puis m'avouer que l'existence est douce Yvonnette est là qui doucement me pousse, e relève le front quand il penche effrayé, Et me guide au sentier qu'elle a déjà frayé, vous importe, Ô vous qui n'avez pas de fille ! istes pour qui l'or seul existe et brille— Ah ! oui, qu'importe encor tous ces faits éclatants : Vous vivez de l'hiver, et moi c’est du printemps !
C'est vrai, je l’aime tant que je lui vois des ailes. . . e me perds à l'éclat profond de ses prunelles, quand elle redit l’ardent excelcicr Qui soutient mon courage et lui donne l essor, Je crois voir secourir—vif, ct chantant victoire— Ce monsieu: le Bonheur dt vous êtes la gloire !
MONSIEUR Mesdames ! à mon tour de roucouler des vers ! MADAME Mais jamais tu n'en dis !
LINE
C'est le monde à l'envers !
Ÿ i x | # | Mi 1} A
MONSIEUR
Pas tant que ça, petite, et tu sauras le dire ! mme vous, à vingt ans, j'eus mes rêves, ma lyre, Et si je l'ai cachée ainsi Jusqu'à ce jour, C'est que j'avais au coeur moins de mots que... d'amour ! (Annonçant) Papillons
Nous vous appelons libellules, êves, visions, bulles papillons.
Ous qui vous regardons, mesdames, Briller comme des flammes Dans nos salons... Vous êtes, disons-nous, des roses omme on eu voit écloses Dans les vallons Et vous restez pour nous les hommes, —Aveugles que nous sommes— Des papillons, Des rêves d'or, des fleurs ailées i vont en envolées Sur des rayons. ..
Femmes si vives et si belles, ous vous trouvons des ailes De papillons !
Mais quand l'amour a dans vos âmes, is ses trésors, mesdames, Et ses chansons, ous nous couvrez de votre gloire, Et nous laissez l’histoire vapillons. . .
mr ours
GABYS Mais avec tout cela, Line a passé son heure ! oués !
MONSIEUR
Et vous êtes j Ah! ma foi, que je meurre !
Nous sommes, en effet, joués dans les grands prix !
MADAME (riant)
En ce cas, rendons-nous, puisque nous sommes pris. . LINE
C'est bien. Et maintenant que j'ai votre parole, je veux, pour réparer ma conduite un peu. . . folle, âtir avec Gabys un château si parfait, Si léger qu'il sera de l'Espagne, en effet :
i fier et si joli qu'on y verra les fées res sur son toit leurs — leurs trophées, us si puissant—que pour le jeter bas— Il fondent que dessus, elle-même y tombât !
GABYS
e ne veux pas ! Non, moi je le vois élancé,
l'air. . .inconsistant, délicat, nuancé, Comme il sied au château qui se forme et s'élève Quand on a du bonheur, que l'on aime et qu'on rêve !
LINE (vexée)
MADAME ( Gabys)
En ce cas, va bâtir en ton lit Cette perfection. . . Va, la nuit embellit.
A ton aise !
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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